Voyages au temps de la COVID-19 : reportés plutôt qu’annulés

Alors que la première vague de COVID-19 commence à retomber, bien des gens accélèrent leurs préparatifs de voyage. Que ce soit pour se rendre à l’autre bout de la ville ou pour sillonner la planète, des millions de Canadiens se préparent à renouer avec une certaine forme de déplacement dans ce nouveau contexte de normalité.

Mais comment? Pour aller où? Et quand?

Bien des gens se posent ces questions, après des semaines de distanciation physique, alors que les beaux jours arrivent et que s’ouvrent les perspectives de voyage.

Une chose est sûre : l’épidémie a changé la face du voyage pour longtemps et peut-être pour toujours. Cela ne signifie pas pour autant que planifier un voyage est impossible ou déconseillé.

Voici quelques éléments à prendre en compte dans vos projets de voyage.

Une industrie mal en point

Tout d’abord, un constat difficile : la COVID-19 a anéanti l’industrie du voyage, du moins temporairement.

La pandémie ayant immobilisé au sol ses appareils, Air Canada a sabré de 90 % sa capacité au premier trimestre de cette année comparativement au premier trimestre de 2019, enregistrant une perte financière de plus d’un milliard de dollars en trois mois. La semaine dernière, le transporteur a annoncé le licenciement de plus de 22 000 personnes à compter du 7 juin.

Pour le secteur de la croisière, très apprécié de nos clients, les conditions sont encore plus houleuses. Carnival, qui a suspendu toutes ses activités le 13 mars, prévoyait initialement une reprise de ses croisières le 10 avril. Aujourd’hui, elle vise le 1er août (dans le meilleur des cas) et cela ne concerne que ses croisières en Amérique du Nord. Le 5 mai, Norwegian Cruise Line a informé ses investisseurs qu’elle avait des « doutes substantiels » quant à sa capacité à poursuivre ses activités en raison d’une crise de liquidité.

Alors que le secteur du tourisme entreprend une douloureuse (et probablement longue) transformation, les voyageurs, essentiels à sa survie, se posent bien des questions.

  • Les prix des billets d’avion ou de croisière vont-ils augmenter ou baisser?
  • Comme l’adaptation à la COVID-19 varie d’un pays à l’autre, quelles options seront envisageables (et recommandables) au cours des prochaines années?
  • Airnnb laisse la responsabilité du nettoyage aux propriétaires. Est-ce acceptable?

« Il est encore trop tôt pour se prononcer » semble être la meilleure réponse. Toute personne qui a l’intention de prendre l’avion prochainement doit s’attendre à devoir porter un masque pendant le vol selon l’Association du Transport aérien international.

Les voyages sont reportés, plutôt qu’annulés

De nombreux Canadiens, en particulier les retraités, ont probablement suspendu leurs voyages à cause de la pandémie, mais ils ne les ont pas annulés. Ils ont toujours l’intention de rendre visite à leurs enfants et petits-enfants qui vivent à l’étranger et ils prennent plaisir à organiser leur voyage. Toutefois, pour le voyage proprement dit et pour la confirmation des réservations, il faudra attendre un endiguement de la COVID-19 dans les pays et régions de destination.

Le dollar canadien donnant des signes de redressement, le report des projets de voyage a un goût moins amer. Le 18 mars, alors que la pandémie commençait à plomber l’économie et les prix du pétrole, le dollar canadien a atteint un plancher de 0,6898 $ US. Il a depuis entamé une laborieuse remontée.

Destinations canadiennes

De nombreux Canadiens ont sans doute choisi de rester au pays, pour l’instant. Le territoire est immense et la liste des destinations canadiennes est infinie pour les explorateurs et ceux qui hésitent à s’aventurer à l’étranger.

Il y aura toujours Paris. Toutefois, Paris peut attendre.

Pourquoi ne pas mettre le cap sur l’île Fogo, au large de Terre-Neuve-et-Labrador? Pourquoi pas Edmonton ou Saskatoon? Les destinations intérieures sont sans doute plus séduisantes que jamais pour les voyageurs canadiens habituellement tournés vers les pays d’outre-mer ou vers le Sud.

Qui plus est, en restant au pays, les Canadiens participent à la reprise de l’économie intérieure. Selon Destination Canada, le tourisme représente environ 2 % du PIB; il pèse donc plus lourd que les secteurs des télécommunications et de l’exploration minière. De plus, le tourisme représente des recettes fiscales de plus de 25 milliards de dollars pour les gouvernements et, durant la haute saison, il emploie environ deux millions de Canadiens. Dépenser son budget vacances au pays, c’est donner un coup de pouce salutaire à ce secteur.

Cela dit, le coup d’envoi de la saison estivale n’a pas été donné au Canada, car les provinces et les territoires ont imposé diverses restrictions en matière de voyage. Par exemple, le Nouveau-Brunswick a affecté des fonctionnaires provinciaux à chacun de ses sept postes frontaliers terrestres interprovinciaux et aux aéroports de Moncton et de Fredericton. Ils seront présents 24 heures sur 24, et 7 jours sur 7. Le 5 mai, la Dre Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, a annoncé que ces fonctionnaires ont le pouvoir de refouler les voyageurs s’ils estiment que leur déplacement est non essentiel. 

N’oublions pas qu’un vol vers l’Europe peut coûter moins cher qu’un vol intérieur, par exemple pour Calgary. La question qui se pose est donc la suivante : les compagnies aériennes canadiennes réduiront-elles leurs tarifs pour encourager les vols intérieurs et remplir leurs avions, certes en modifiant probablement le placement des passagers?

Les voyages d’études à l’étranger, également suspendus?

L’immersion dans une autre culture enrichit grandement l’expérience d’apprentissage. C’est pourquoi, avant la pandémie, bon nombre de nos clients envoyaient leurs enfants étudier à l’étranger dans le cadre d’un programme d’été ou pour une session complète, en automne ou en hiver.

Ce sera peut-être faisable, mais on ignore quand. La situation actuelle est propice à la réflexion et une telle expérience d’apprentissage vaut la peine d’être envisagée.

Pour les projets d’études à l’étranger, comme pour bien d’autres projets, rien ne peut être décidé alors que les gouvernements et les établissements scolaires du monde entier s’activent à trouver des solutions pour les étudiants et les enseignants.

La venue d’étudiants étrangers au Canada est elle aussi incertaine, car les établissements d’enseignement d’ici ont plusieurs problèmes à résoudre. « Comme tous les Canadiens, les universités souhaitent un retour à la normale dès que possible, mais certaines choses échappent à notre contrôle », a expliqué Paul Davidson, président-directeur général d’Universités Canada à la CBC au début du mois.

La lumière au bout du tunnel

Cet article comporte de nombreuses questions, à défaut de réponses.

Toutefois, une chose est sûre : les Canadiens ont été prompts à adopter les mesures de protection, pour eux-mêmes et pour les autres, dès le début de cette pandémie sans précédent. Nous ne sommes pas au bout de nos peines, mais il y a de la lumière au bout du tunnel.

Notre horizon commence à se dégager. Nul ne sait ce qui nous attend, mais nos pas nous mèneront bien quelque part.

Steven Bright, client de longue date de la société, a travaillé dans le secteur des services financiers et publié des articles sur celui-ci pendant plus de 25 ans. Vous pouvez le suivre sur LinkedIn.

Les articles publiés dans ce site Internet sont de portée générale et présentés uniquement à titre informatif. Vous devez obtenir les conseils d’un professionnel avant d’entreprendre toute action fondée sur les informations contenues dans ces articles. Aucune référence à des tierces parties ne doit être interprétée comme une approbation de, ou un appui pour, ces tierces parties, leurs conseils, informations, produits ou services. Les marques de commerce mentionnées dans ce site Internet sont la propriété de leurs détenteurs respectifs.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *