Vous voulez couper vos liens avec le Canada et vous installer à l’étranger?

Les gens vont s’installer dans un autre pays pour différentes raisons. Un nouvel emploi, une affectation, la poursuite des études, la retraite ou le retour dans son pays d’origine sont quelques-unes des raisons pour lesquelles les gens s’installent au Canada ou à l’étranger. Cet article met en lumière différents points sur lesquels les Canadiens devraient se pencher avant de quitter le pays.

Travailler à l’étranger

En supposant que vous ayez trouvé l’emploi de vos rêves, vous devez avant toute chose vous renseigner sur les exigences en matière d’immigration et de visas du pays de destination. Dans le cas des pays qui entretiennent des liens étroits avec le Canada, comme les États-Unis, il existe toutes sortes de services et de cabinets d’experts-conseils qui peuvent vous expliquer non seulement les types de visas de travail offerts aux Canadiens, mais aussi la marche à suivre pour en obtenir un. Certains employeurs offrent même des services de soutien pour informer leurs employés et les aider à planifier et à établir les coûts. Il est primordial que vous vous assuriez de pouvoir travailler en toute légalité dans le pays hôte.

Prendre sa retraite à l’étranger

De toute évidence, la météo et le style de vie peuvent motiver votre décision (ce sont peut-être les aspects les plus importants à vos yeux), mais le facteur le plus important sur le plan financier devrait être le coût de la vie du pays dans lequel vous envisagez vous installer. Vous devez non seulement connaître le taux de change entre le dollar canadien et la devise du pays hôte, mais vous devez également tenir compte du coût de la vie rajusté en monnaie du pays hôte. Autrement dit, vous devez déterminer ce qu’il vous en coûtera pour vivre dans la monnaie du pays hôte et de comparer le tout avec votre budget en dollars canadiens. Si vous avez travaillé au Canada pendant la plus grande partie de votre vie professionnelle et si vous vous installez à l’étranger à votre retraite, votre revenu de retraite vous sera probablement versé en dollars canadiens.

Planification avant le départ (services bancaires, fonds d’urgence)

De nos jours, grâce aux services financiers en ligne, l’ouverture de comptes bancaires et financiers ne pose pas de problème. Cela dit, la plupart des gens qui songent à s’installer à l’étranger oublient souvent de se préoccuper du crédit. Si vous n’avez jamais emprunté dans un pays étranger, vous n’aurez pas de dossier de crédit et la cote de crédit que vous avez constituée dans votre pays d’origine ne vous sera d’aucune utilité pour demander une carte de crédit en dollars américains ou en euros, par exemple. Il est important de bien vous préparer afin de pouvoir subvenir à vos besoins au début, pendant que vous établirez votre cote de solvabilité dans le nouveau pays. Votre stratégie devrait inclure un budget pour les premiers mois, un plan pour établir des comptes financiers y compris votre crédit, et un fonds d’urgence pour les dépenses imprévues.

Résidence aux fins fiscales

Devenir un non-résident aux fins de l’impôt n’est pas la même chose que renoncer à sa citoyenneté. Dans la plupart des pays, les résidents paient l’impôt sur leur revenu mondial. Autrement dit, l’impôt sur le revenu des résidents fiscaux canadiens est calculé sur leur revenu mondial au taux de l’ARC (l’impôt canadien moins les crédits applicables pour les retenues d’impôt étranger); l’impôt sur le revenu des résidents fiscaux américains est calculé sur leur revenu mondial au taux de l’IRS, et ainsi de suite. Si vous passez d’un pays où les impôts sont élevés à un pays où les impôts sont peu élevés, cela pourrait être avantageux, car vous pourriez couper les liens avec un pays à impôts élevés comme le Canada et établir des liens dans un pays à impôts moins élevés. Il est donc fortement recommandé de consulter d’abord un spécialiste en questions fiscales dans votre pays d’origine et dans le pays de destination.

Si vous quittez le Canada pour vous installer aux États-Unis, le revenu annuel tiré du CELI devient imposable par l’IRS.

Vous pouvez maintenir votre statut de résidence au Canada à des fins fiscales de deux façons – si vous séjournez au Canada (c’est-à-dire si vous passez plus de 183 jours au Canada au cours d’une année civile) ou si vous avez des liens de résidence importants au Canada. Les liens de résidence importants incluent un domicile, un conjoint, des enfants, etc. Vous devez procéder à un examen approfondi de vos liens de résidence avec le Canada, car l’ARC pourrait ne pas partager votre point de vue. Encore une fois, il serait bon d’étudier la question avec un expert.

Si vous prévoyez couper les liens de résidence avec le Canada, vous devez tenir compte de l’impôt de départ canadien. À votre départ du Canada, vous serez réputé avoir vendu tous vos placements non enregistrés. Cette vente présumée se fait à la juste valeur marchande à la date à laquelle vous brisez vos liens de résidence. Donc, si la valeur de vos placements non enregistrés s’est appréciée, l’ARC calculera l’impôt sur le gain en capital, que vous ayez ou non vendu vos titres. Des choix vous sont offerts pour reporter l’impôt de départ si vous fournissez une garantie à l’ARC, mais il vaut mieux consulter un spécialiste en fiscalité canadienne afin de bien comprendre et d’évaluer le montant de l’impôt de départ.

Vos loisirs et votre style de vie devraient vous guider dans votre choix de destination.

Les REER, CELI, REEE et la résidence principale ne sont pas assujettis à cette disposition présumée, mais tous ces biens peuvent être imposés différemment par le pays de destination. Au Canada, le processus peut être assez simple, mais une consultation avec un spécialiste du pays hôte est fortement recommandée. À titre d’exemple, la plupart des gens ne se rendent pas compte que s’ils quittent le Canada pour s’installer aux États-Unis, le revenu annuel tiré du CELI devient imposable, pas par l’ARC, mais par l’IRS.

Les résidents canadiens qui quittent le Canada doivent remplir une déclaration de revenus dans l’année suivant le départ et déclarer le revenu mondial jusqu’à la date où ils ont coupé les liens de résidence.

Retenue d’impôt des non-résidents

Après avoir coupé ses liens de résidence avec le Canada, la personne est toujours assujettie à l’impôt canadien sur tous les revenus de source canadienne (y compris les prestations de retraite canadiennes et les dividendes versés par des sociétés canadiennes). Les retenues d’impôt habituelles s’appliquent et la personne a généralement droit à un crédit dans son nouveau pays de résidence pour l’impôt canadien retenu à la source. Si vous quittez le Canada pour vous installer dans un pays qui a conclu une convention fiscale avec le Canada, le taux de la retenue d’impôt est habituellement moins élevé.

Double citoyenneté

Comme nous l’avons indiqué ci-dessus, le système d’imposition de la plupart des pays est fondé sur la résidence. Ce n’est toutefois pas le cas aux États-Unis, car le système d’imposition américain est fondé sur la résidence et la citoyenneté. Par conséquent, les citoyens américains doivent produire une déclaration de revenus chaque année, peu importe leur pays de résidence, et ils doivent indiquer les revenus provenant de tous les pays dans leur déclaration fiscale annuelle. Cela ne veut pas nécessairement dire que les contribuables américains auront à payer de l’impôt aux États-Unis, car ils ont généralement droit à un crédit pour l’impôt payé dans le pays d’origine. Par exemple, l’impôt canadien prélevé sur les prestations d’un régime de retraite canadien donne droit à un crédit d’impôt qui peut être déduit de l’impôt à payer calculé dans la déclaration de revenus aux États-Unis.

Transfert de placements

Certains placements peuvent et doivent demeurer au Canada, en particulier les REER canadiens, si vous déménagez aux États-Unis par exemple. Les REER canadiens fonctionnent très bien des deux côtés de la frontière. Les autres placements, comme les CELI et les REEE, ainsi que les comptes non enregistrés peuvent cependant poser problème si vous vous installez à l’étranger. Communiquez avec nous si vous avez besoin d’aide pour déterminer quels comptes peuvent continuer de répondre à vos besoins si vous déménagez à l’étranger.

Où s’installer

Il y a plusieurs aspects à considérer selon l’étape de la vie à laquelle vous êtes rendu. Si vous avez des enfants, les écoles, le voisinage et la disponibilité des services sont importants. Si vous approchez de la retraite, le coût d’une assurance maladie et le niveau de soins du nouveau pays sont importants. Si vous ne conduisez pas, vous devez tenir compte des transports en commun. En gros, vos loisirs et votre style de vie devraient vous guider dans votre choix de destination.

Je suis fier d’être Canadien et j’estime que nous sommes privilégiés. Cela dit, ne vous méprenez pas : j’aime la chaleur et je rechigne à payer des impôts élevés, mais nous bénéficions d’un système de santé universel, de milieux de vie sécuritaires et d’un bon système d’éducation. Si malgré tous ces avantages vous estimez que l’herbe est vraiment plus verte ailleurs et que vous voulez commencer à planifier votre déménagement à l’étranger, nous vous aiderons avec plaisir.


Brent Soucie, vice-président et conseiller
Conseillers T.E., Toronto

 


Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de mars 2018. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *