Vous êtes ce que vous achetez: ce que vos habitudes de dépenses disent sur vous

Si on vous demandait ce que vous préférez acheter, que répondriez-vous? Vos relevés de compte bancaire et de carte de crédit le confirmeraient-ils? Nous avons tous en tête une petite liste de ce que nous « pouvons » et « ne pouvons pas » acheter, autres que les nécessités, comme la nourriture, le logis ou le transport. En gros, ça revient à ce qui est important pour nous. Cependant, ce que nous n’achetons pas peut en dire aussi long sur nous que ce que nous achetons.

Pourquoi nous achetons ce que nous achetons

Dans un article (en anglais) du Psychology Today, le Dr Brad Klontz, spécialiste en psychologie financière, explique que ce que nous valorisons financièrement se façonne grâce à nos expériences de vie, particulièrement celles que nous avons vécues dans l’enfance. Il croit de plus que ces expériences peuvent être aussi utiles que nuisibles. Par exemple, si vos parents accordaient une grande importance à l’éducation et au travail intellectuel, il y a de bonnes chances que vous les considériez également comme un bon investissement. Par contre, si vos parents étaient constamment en mode retenue et qu’ils évitaient de dépenser de l’argent, vous pourriez vous aussi adopter ce comportement financier.

Qui se ressemble s’assemble

Nos valeurs financières ne sont toutefois pas nécessairement immuables, à jamais ancrées dans les habitudes acquises durant notre enfance. Elles peuvent évoluer en fonction des influences environnementales et sociales de notre vie. Supposons que vous vous joignez à un groupe qui visite régulièrement des expositions et des galeries d’art. Vous pourriez alors ressentir l’envie de vous constituer votre propre collection d’œuvres d’art, même si ce n’est pas quelque chose qui faisait partie de vos valeurs familiales.

Évidemment, l’inverse est aussi vrai. Il se pourrait que les différentes influences présentes dans votre vie vous détournent d’investir dans des intérêts que vous aviez avant. J’ai entendu des gens dire que les fleurs coupées sont une perte d’argent, parce qu’elles meurent peu de temps après avoir été achetées. Toutefois, qui ne se sent pas exalté par la beauté et le parfum des fleurs en entrant dans une pièce? Y penseriez-vous à deux fois avant d’acheter des fleurs si votre conjoint ou votre conjointe considérait que c’est un achat futile et vous le dit lorsque vous lui en achetez? Il s’agit d’un exemple plutôt anodin, mais il pourrait en être de même pour des décisions beaucoup plus importantes, comme investir dans un projet qui vous passionne ou dans un voyage de rêve.

À chacun ses habitudes

Selon un rapport du Bureau de la consommation (BC) sur l’évolution de la structure d’âge des consommateurs canadiens, les besoins des consommateurs évoluent au fil de leur vie, tout comme leurs dépenses. Par exemple, les dépenses liées à l’éducation pèsent plus lourd dans le budget des jeunes adultes, tandis que les personnes âgées dépensent plus en voyages.

À la lumière d’une autre publication du BC sur les dépenses des consommateurs, les diverses tendances socio-économiques et du marché au niveau des ménages influent sur le comportement des consommateurs. Ainsi, le nombre croissant de couples âgés qui déclarent dépenser pour des services de loisirs et de divertissement démontre que ce groupe se porte mieux, tant financièrement que physiquement, que les générations précédentes. Par ailleurs, l’augmentation des dépenses moyennes de communications des ménages de tous âges est révélatrice de l’importance de la « connectivité » pour les gens.

Nos décisions de ne pas dépenser sont également révélatrices de nos valeurs

Selon les données du BC, les décisions de ne pas dépenser sont également révélatrices des valeurs des gens. Même s’il est plus difficile à documenter, le boycott est de plus en plus utilisé par les consommateurs pour exprimer leurs opinions politiques. « Les boycotts sont à l’origine de plusieurs changements dans le comportement social et commercial des entreprises et, notamment, de l’adoption de certains codes volontaires. En fait, la décision d’un consommateur de cesser d’acheter un produit peut, en définitive, influer sensiblement sur la stratégie des entreprises. Les nouvelles tendances dans les produits proposés par l’industrie de la restauration rapide illustrent la faculté de réaction du marché à la volonté des consommateurs de lui tourner le dos. »

Nos préférences peuvent être complexes et changer au fil du temps. En fait, il arrive même que nous dépensions de manière contraire à notre personnalité. Cela dit, il est important de surveiller nos habitudes de dépenses et de nous assurer qu’elles cadrent bien avec nos valeurs. Le Dr Klontz conclut qu’en faisant cela, « … nous devenons plus riches non seulement matériellement, mais aussi émotionnellement. »


Lucy Conte est gestionnaire du contenu chez Conseillers T.E. Elle est également la rédactrice en chef du bulletin Stratégies

Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de juin 2019. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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