Votre politique de placement est-elle encore pertinente?

Votre politique de placement est-elle encore pertinente?

Printemps 2009

Sur la page de couverture de l’édition du printemps 2009 de la revue Globe Investor, Donald Coxe a l’air plutôt penaud. L’un des plus réputés gestionnaires de portefeuille au Canada, M. Coxe a parié gros en 2008 et il a perdu. Il a lancé en juin 2008, au moment où les prix des marchandises étaient presque à leur plus haut niveau, le Fonds stratégique de marchandises Coxe dont la valeur avait chuté de 55 % en octobre. M. Coxe continue de croire que les prix des marchandises vont progresser à long terme, mais son expérience témoigne de la difficulté de sélectionner un à un les secteurs ou les catégories d’actif les plus prometteurs.

À l’époque, M. Coxe n’était pas le seul à être optimiste. Dans les médias, on faisait amplement état de pénuries possibles d’aliments et de carburant, ce qui n’aidait pas à calmer le marché déjà survolté des marchandises. Comme on l’avait vu dans d’autres booms, de nombreux épargnants ont investi dans les marchandises au moment où leurs prix atteignaient un sommet ou presque. Évidemment, quand la bulle a éclaté, leurs placements se sont dépréciés plus que le marché en général. Trop s’engager sur un marché qui culmine est l’une des erreurs coûteuses qu’une politique de placement permet d’éviter.

Une question de proportion

Une politique de placement vous permet de formuler un plan de placement concret tenant compte de vos buts financiers et de vos objectifs de placement. Plus précisément, elle détermine la répartition de vos placements parmi les diverses catégories d’actif, d’après votre degré de tolérance au risque et vos attentes globales en matière de rendements. Le degré de risque de votre portefeuille dépend de la proportion d’actions, de titres à revenu fixe ou de liquidités, et de titres étrangers qui le composent. Dans le contexte d’extrême volatilité de la dernière année, personne n’a investi « en toute quiétude », mais dans une telle situation, respecter votre politique de placement demeure le moyen le plus sûr de remettre votre portefeuille dans la bonne voie quand les marchés reviendront à la normale.

Il y a un an, notre principal défi chez Conseillers en placement T.E. était de tempérer l’ardeur des clients qui voulaient acheter plus d’actions. Pourtant, vu l’engouement pour le marché des actions et surtout pour les marchandises au Canada, les portefeuilles de la plupart des clients renfermaient déjà une trop grande proportion d’actions par rapport à leur politique de placement, ce qui nécessitait un rééquilibrage. Sans le rééquilibrage, processus contre-intuitif consistant à vendre les placements les plus rentables et à investir les profits dans des placements à rendement inférieur, bien des portefeuilles qu’on aurait laissé croître sans retenue auraient subi des pertes plus grandes.

Même si la vente d’actions et l’achat d’obligations étaient particulièrement impopulaires il y a un an, le rééquilibrage périodique de votre portefeuille en fonction de votre politique de placement s’est avéré salutaire pendant la crise. Aujourd’hui, ce sont les obligations qui sont en demande, situation étonnante étant donné que le rendement des obligations d’État se situe actuellement à son niveau le plus bas en 50 ans. Il faut une politique de placement rigoureuse pour résister à la tentation d’augmenter votre portefeuille d’obligations. Votre portefeuille sera toutefois en meilleure position pour profiter de la remontée des actions et vous serez protégés contre les pertes en capital sur les obligations en cas d’augmentation des taux d’intérêt. Nous savons que la conjoncture va changer, mais nous ne savons pas quand. Il vaut bien mieux être préparé qu’essayer de deviner l’avenir.

Le monde n’à pas changé

Depuis la crise de 1929 et pendant toutes les crises économiques des dernières années – la crise du pétrole des années 1970, la crise du peso mexicain, le crash boursier d’octobre 1987, la chute de l’immobilier du début des années 1990, la dévaluation du baht thaïlandais, la dégringolade du fonds Long-Term Capital Management, le bogue de l’an 2000 et l’éclatement de la bulle technologique – il a toujours été à l’avantage des épargnants de suivre une politique de placement méthodique. Si les rendements offerts par les portefeuilles équilibrés sont peu attrayants pour le moment, il ne faut pas oublier que notre point de repère pour mesurer les rendements à l’heure actuelle se situe au plus bas d’un marché baissier. Comme le montre le graphique Un résultat positif tout compte fait, un portefeuille équilibré a presque toujours produit des rendements positifs sur cinq ans depuis 1966. Dans un an ou deux, la situation de votre portefeuille pourrait être passablement différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Dans dix ans, elle sera probablement très différente.

Pendant toutes les périodes d’incertitude des marchés, certaines sociétés ont continué de dégager de bons résultats. Quelle que soit la conjoncture, les gens ont toujours besoin de se nourrir, d’avoir un toit, de se vêtir, de travailler, d’étudier. Pour la majorité des gens, la vie continue et les entreprises bien gérées qui offrent des biens et des services essentiels prospèrent à long terme. Dans l’édition du 3 mars 2009 de la publication «The Gartman Letter », on pouvait lire ceci : « Nous affirmons que, dans dix ans, ceux qui auront acheté les actions de GE ou de Dow Chemicals à 7,50 $, de US Steel à 17 $ ou d’Alcoa à 5,50 $, de FreeportMcMoran à 27 $, d’Imperial Sugar à 6 $, de Smithfield Foods à 6,75 $, de The Anderson’s à 11 $, de JM Smuckers à 36 $, de Chesapeake Energy à 13,50 $, de San Juan Basin Royalty Trust à 14 $, de Suncor à 18,50 $, de ConocoPhillips à 35 $, de British Petroleum Trust à 53 $ ou de Norfolk Southern à 30 $… qui procurent toutes des dividendes intéressants et à notre avis bien provisionnés dont les porteurs d’actions continueront de bénéficier pendant les années à venir, verront leur placement se multiplier, à moins que le pays ne se soit désagrégé et ait fait place au chaos. C’est l’un ou l’autre, purement et simplement. » Votre politique de placement vous donne la rigueur nécessaire pour maintenir le cap en période difficile et profiter ainsi de la reprise.

La seule autre voie

Comme Don Coxe l’a démontré, même les gestionnaires de fonds les plus réputés ayant de nombreuses réussites à leur actif peuvent parfois se tromper. C’est pourquoi votre politique de placement est encore pertinente. Elle assure une répartition équilibrée de vos placements parmi les différentes catégories d’actif qui favorisera la croissance à long terme de votre portefeuille, selon des proportions établies en fonction de vos objectifs de placement et de votre degré de tolérance au risque. Nous recherchons activement les gestionnaires (voir La gestion des gestionnaires) qui ont démontré leur capacité d’assurer la plus-value de votre portefeuille à long terme et nous surveillons leurs résultats pour vérifier s’ils continuent de répondre à nos attentes. À part l’observation d’une politique de placement rigoureuse, la seule autre voie est d’essayer d’anticiper le marché. Selon nous, cette méthode équivaut à un coup de dés et nous n’avons encore trouvé personne qui en tirait des résultats probants de manière constante.

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Complément(s) à l’article

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