Une question de croissance durable

Les marchés terminent mieux l’année qu’ils ne l’avaient commencé

Profitant d’une croissance éperonnée par diverses politiques, l’économie est actuellement sur une lancée qui devrait se poursuivre pendant encore une douzaine de mois. Il s’agit maintenant de savoir ce qui se produira en 2011 et en 2012, lorsque l’effet des plans de relance des gouvernements sera passé et que les taux d’intérêt seront en hausse. La poursuite de cet élan de croissance jusqu’en 2011 et 2012 dépendra de la capacité des gouvernements et des banques centrales à mettre en œuvre des stratégies de sortie prudentes et bien pensées. À première vue, ils semblent en bonne voie d’y arriver.

Peu de chances d’assister à une reprise vigoureuse

Contrairement à ce qui s’est produit par le passé, le consommateur américain n’est pas en état de mener la reprise cette fois-ci. Les gains réalisés au chapitre du salaire nominal seront moins importants, l’accès au crédit demeurera restreint, le taux d’épargne restera élevé, les nouvelles embauches se concrétiseront lentement et la confiance des consommateurs est toujours fragile. Le taux de croissance de l’économie américaine sera donc moins élevé que ce qu’il devrait normalement être au cours de la première année suivant la récession. Le PIB réel devrait diminuer, passant de 3 % dans la deuxième moitié de 2009 à environ 2 % dans la première moitié de 2010.

Des bénéfices supérieurs aux attentes ont propulsé les marchés boursiers, mais cette reprise pourrait être de courte durée, car elle a été soutenue par des bénéfices surprises qui sont principalement attribuables à des réductions de coûts. Or, la croissance future des bénéfices devra être le fruit de revenus en hausse, ce qui n’est pas du tout probable dans un contexte de ralentissement économique.

Vivement la croissance de l’emploi!

Si l’embauche ne s’améliore pas aux États-Unis en 2010, l’économie pourrait en souffrir. Heureusement, quelques-uns des principaux indicateurs de l’évolution du marché de l’emploi américain s’améliorent enfin. L’emploi dans les services temporaires a en effet augmenté pour un quatrième mois consécutif et la moyenne du nombre d’heures travaillées est en hausse. Cela dit, de nouveaux efforts doivent être déployés au chapitre de la création d’emplois, sans compter qu’il faut venir en aide aux gouvernements des états et aux administrations locales. Autre ombre au tableau, les craintes entourant l’ampleur de la dette publique des États-Unis et un retour de la responsabilité financière au début de 2010 pourraient limiter les mesures d’aide fiscale.

Craintes inflationnistes manifestes

En raison de la croissance salariale anémique, l’inflation générale n’augmentera pas en 2010. L’inflation sera toutefois suffisamment élevée au sein de certains secteurs – dans les produits de base comme le pétrole et le cuivre, par exemple – pour alimenter les craintes inflationnistes sur les marchés financiers. L’inflation semble déjà influencer les obligations à long terme, car la courbe de rendement est actuellement très accentuée aux États-Unis. L’écart entre les bons du Trésor américains à 90 jours et à 10 ans est en effet de 377 points de base. La hausse des prix des produits de base survient au moins un an à l’avance si l’on se fie aux cycles précédents. Le marché du pétrole devrait se resserrer en 2010, et la hausse du prix des métaux de base reflète en partie la constitution d’un stockage stratégique de la part de la Chine.

Croissance limitée au Canada

Bien que les plans de relance budgétaire canadiens exerceront leur plein effet en 2010, plusieurs facteurs pèseront sur la croissance économique. Les exportations canadiennes fléchiront en raison de la faiblesse de l’économie américaine et de la vigueur du dollar canadien. Le marché de l’habitation stimulera la reprise, mais le secteur de la construction de bâtiments non résidentiels continuera de reculer. Les entreprises n’investiront pas massivement dans le matériel et la machinerie, et après une saison des Fêtes fastes, les dépenses de consommation fléchiront en raison de la baisse du revenu disponible des consommateurs et de leur propension à épargner plus élevée. Le niveau d’endettement des ménages canadiens a atteint un niveau record. La vigueur soutenue du huard, la jugulation de l’inflation, l’incidence de la hausse des taux d’intérêt sur les finances personnelles et la fragilité de la reprise économique empêcheront la Banque du Canada de relever ses taux prochainement.

À propos de Conseillers en placement T.E. inc.

Les rubriques Analyse des marchés et Perspectives économiques sont fournies par Conseillers en placement T.E. inc. (CPTE), la filiale spécialisée en conseils en placement de T.E. Mirador. Fondée en 1994, CPTE offre aux investisseurs un service hautement personnalisé, des compétences éprouvées en matière de placement et une méthode rigoureuse de gestion des placements. Aujourd’hui, CPTE assure la gestion de plus de 2,2 milliards de dollars au nom de clients privés, de communautés autochtones et d’investisseurs institutionnels.

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