Un mot au sujet de la retraite


On dit que la retraite n’est rien qu’un mot, mais est-ce le bon?

La maxime populaire « ce n’est pas la destination qui compte, mais le chemin parcouru » est particulièrement vraie quand on parle de la retraite. Nous parvenons tous un jour à destination, mais nous voulons prendre le plus de temps possible pour y arriver. La retraite est le chemin qu’il nous reste à parcourir.

Examinons le mot « retraite ». Que veut-il dire et représente-t-il bien ce qui pourrait être la plus belle période de la vie? Dans le dictionnaire des synonymes, on trouve sous retraite des mots comme retrait, recul, repli et même débâcle! Il n’est donc pas étonnant que bien des gens repoussent le plus longtemps possible leur départ à la retraite.

À mon avis, le mot « libération » serait plus approprié pour décrire la fin de la vie professionnelle. Après avoir été pendant des années l’otage de multiples objectifs et de diverses circonstances (la plupart, j’en conviens, dictés par mon désir de réussite), je me suis réapproprié ma vie. Alors que le temps semble filer de plus en plus vite à mesure qu’on vieillit, l’espace auparavant occupé par les réunions et les voyages d’affaires est tout à coup « libéré » et une multitude de possibilités s’ouvrent à vous.

Que faire alors?

Le seul fait de pouvoir se poser la question est un luxe. Par contre, un agenda vide peut être angoissant. « Comment occupes-tu ton temps pendant une semaine ordinaire? », m’a récemment demandé un ex-collègue. Je lui ai répondu : « Je préfère les matins où je n’ai rien de prévu ». Il s’est sûrement dit : « Quelle horreur! » Il s’imaginait que je n’avais rien à faire et que je m’ennuyais à mourir.

Moi, par contre, je pensais à tout ce que je pourrais faire, à commencer par vider la boîte de livres sur la Première Guerre mondiale et de journaux tenus par mon père, et essayer de comprendre ce que lui et les autres soldats de la Grande Guerre ont vécu. Ensuite, il y a une autre boîte pleine de vidéos et de photos de famille couvrant plusieurs décennies à trier. Qui plus est, il faut aller à la banque, promener le chien, lire les journaux, prendre des nouvelles des enfants, faire de menus travaux d’entretien, planifier des voyages, écouter de la musique, lire des livres, voir des amis, soutenir des causes et faire de l’exercice pour garder la forme.

Je fais tout cela à mon propre rythme, comme je le veux.

Au lieu d’appeler cette période la « retraite », appelons-la la période « post-travail ». Les capacités physiques pendant cette période passent généralement par trois stades : à plein régime, au ralenti et au neutre (et les besoins financiers sont à l’avenant).

Il est important d’accepter sa nouvelle vie et, si nécessaire, de modifier ses habitudes d’épargne. Pour bon nombre d’entre nous, épargner et planifier son avenir est un mode de vie. Or, quand l’avenir se résume à quelques décennies, il est temps non seulement de réserver une partie de votre argent à la génération suivante ou à de justes causes, mais aussi de récolter les fruits de tous vos efforts. La période idéale pour le faire est celle du plein régime, alors que vos capacités physiques sont en phase avec vos moyens financiers.

Un jour, un ami m’a dit : « Mon plan financier? C’est simple : je veux que la fin de mes économies coïncide avec la fin de ma vie. » Je n’ai pas compris. Après tout, pendant toute ma vie, tant personnelle que professionnelle, j’ai aidé les autres à prospérer et, ce faisant, j’ai transformé Conseillers T.E. – l’entreprise que j’ai créée en 1972 – en une société d’envergure nationale. Même si mes valeurs sont demeurées les mêmes, le moment est venu de récolter ce que j’ai semé.

Assez parlé d’argent, parlons maintenant de temps.

On a plus de temps pendant la période post-travail… et on en a moins. On en a plus parce qu’on est libre de faire ce qu’on veut, et on en a moins parce qu’on vieillit. Prenons la technologie, par exemple. Elle nous fait épargner du temps, mais elle en prend aussi.

Il n’est pas facile de suivre les nouvelles technologies, et il est tout aussi difficile de s’en passer. Grâce à Internet, je peux écouter les radios du monde entier et regarder des vidéos en continu à l’endroit et au moment qui me conviennent. Je peux planifier des voyages dans les moindres détails. Je peux parler à des parents et amis qui se trouvent au bout du monde et les voir. Je peux créer des vidéos de ma famille et y ajouter de la musique et des effets sonores, comme un professionnel. Je peux faire des recherches sur n’importe quel sujet, en quelques clics.

Et pourtant! Je peux perdre une matinée complète à essayer de résoudre un problème sur mon portable. Je peux passer des heures au téléphone dans le dédale d’un système automatisé de service à la clientèle avant de pouvoir parler à un être humain. Et même là, rien ne garantit que j’ai joint la bonne personne ou que je connais le jargon techno nécessaire pour lui expliquer mon problème.

Ensuite, il y a le correcteur orthographique hyperactif qui peut causer bien des tracas. Un simple courriel envoyé trop vite sans avoir été relu peut avoir de fort désagréables répercussions. Vous n’avez qu’à imaginer une personne qui écrirait ceci : « Chéri, passe soirée avec masseur. Rentrerai tard. » au lieu de « Chéri, passe soirée avec ma sœur. Rentrerai tard. » Et c’est sans compter les arnaqueurs qui essaient constamment de vous faire dire votre mot de passe en se faisant passer pour des employés d’Apple, de Microsoft ou de la banque.

Il faut aussi s’habituer à occuper une nouvelle place dans la société.

Mes cheveux grisonnants n’ont plus le même effet qu’à 40 ans. Même si j’ai été un haut dirigeant, on ne m’accorde plus la même attention et la même importance. On devient une personne ordinaire, comme les autres. Il faut faire taire son amour-propre. La plupart des dirigeants d’entreprise ont l’habitude de déléguer des tâches à leurs subordonnés, parce que leur temps est trop précieux pour qu’ils s’en chargent eux-mêmes ou parce que leurs subordonnés connaissent mieux le domaine en question.

Dans la période du post-travail, il y a peu de personnes à qui on peut déléguer des tâches. Il y a donc beaucoup de choses qu’on doit apprendre ou réapprendre à faire. Vous devez vous débrouiller seul. Profitez-en. À propos de technologie et d’apprendre, les conversations comme celle-ci n’ont plus leur raison d’être : « Je me demande ce qu’est devenu l’acteur qui jouait dans, tu sais, le film sur une révolte en Afrique ou peut-être en Amérique du Sud. Tu vois qui c’est? Il était marié à une actrice blonde, l’ex-femme de cet autre acteur qui… » Avec le moindre fragment d’information, on peut trouver les réponses à toutes les questions sur Internet. En fait, on peut non seulement répondre aux questions, mais aussi réaliser des souhaits.

Si vous aimez un morceau de musique, vous avez envie de lire un livre ou vous voulez vous renseigner sur un sujet, il suffit de quelques clics pour obtenir ce que vous cherchez. Sur le plan social et culturel, la période post-travail regorge de possibilités : cours universitaires sans examens, chorales pour les néophytes, randonnées pédestres pour les sédentaires, voyages à vélo avec transport des bagages.

Pour garder contact avec le monde du travail, certaines personnes font partie de conseils d’administration ou offrent des services-conseils à titre de contractuels. Les possibilités sont nombreuses; revenons toutefois aux facettes plus terre-à-terre, mais tout aussi importantes de la vie quotidienne.

Non seulement vous avez le temps de faire plus de choses, vous avez aussi le temps de mieux les faire.
Finie l’époque du multitâches où vous alliez à fond de train. Maintenant, vous pouvez prendre votre temps. Vous avez tout le temps qu’il vous faut. Utilisez-le au maximum. Même les activités les plus anodines peuvent procurer un immense plaisir.

Si vous avez des petits-enfants, vous n’imaginez pas à quel point ils peuvent vous occuper. Quel bonheur d’avoir le temps de les écouter, de les aider, de souligner leurs réussites et d’apaiser leurs craintes. Les activités routinières vous rebutent peut-être, mais pour bien des gens, promener le chien, aller tous les matins au resto du coin prendre un café et lire le journal, jouer un match de tennis ou une partie de golf sont tous des éléments qui contribuent à agrémenter la vie post-travail.
Bref, si vous appréhendez la retraite, n’ayez crainte. Les retraités qui vous disent ne pas savoir où ils trouvaient le temps de travailler n’exagèrent pas. Bien entendu, il n’y a rien de mal à travailler, mais la retraite n’a rien de mal non plus – à part son nom.

Tim Egan, fondateur de Conseillers T.E.

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