Un froid glacial

L’hiver le plus rigoureux des 20 dernières années a ralenti la reprise économique des États-Unis au premier trimestre, mais les solides fondamentaux sous-jacents favorisent la poursuite de la croissance… et c’est sans compter le retour à des températures plus clémentes.

Malgré la désaisonnalisation habituelle, la vague de froid intense qui a frappé pratiquement toute l’Amérique du Nord a eu une incidence sur les données économiques brutes du premier trimestre de 2014. Il s’agissait en effet de l’hiver le plus froid depuis 1994 dans la zone continentale des États-Unis et le plus froid depuis 1982 dans le nord-est des États-Unis, ce qui a grandement nui à l’évaluation de l’activité dans la construction et les secteurs les plus sensibles à la météo. Les tendances dans le transport, le commerce de détail et le commerce de gros ont également été sous-estimées. En conséquence, l’économie américaine a piqué du nez, son taux de croissance annualisé de 3,4 % des deux derniers trimestres de 2013 faisant place à une augmentation annualisée prévue de 1,25 % du PIB pour le premier trimestre.

Relance de la reprise

Malgré la baisse marquée du taux de croissance du PIB américain au premier trimestre, il ne faut pas croire pour autant que l’économie perd de sa vigueur. En effet, plusieurs données fondamentales favorables ont été occultées par les effets de la météo et les perspectives pour le reste de 2014 n’ont jamais été aussi prometteuses depuis le début de la reprise. N’oublions pas que bien que la reprise se soit amorcée il y a quatre ans et demi, l’expansion de l’économie américaine se fait à un rythme lent, et elle est encore relativement récente. On s’attend à ce que les indicateurs économiques du deuxième trimestre témoignent d’une solide poussée et que le taux de croissance désaisonnalisé du PIB réel dépasse 3 % au deuxième trimestre. Les craintes relatives à la stagnation à long terme nous semblent donc exagérées.

Amélioration des fondamentaux économiques

Aux États-Unis, un nombre impressionnant de facteurs économiques fondamentaux laisse présager une période d’embellie économique, ce qui constitue un argument de poids face aux propos tenus par ceux qui avancent que la situation précaire post-crise financière est la « nouvelle normalité ». La situation de l’emploi s’améliore, alors que 196 000 et 192 000 emplois ont été créés en février et mars, respectivement. De plus, les demandes d’assurance-emploi initiales sont à leur plus bas depuis 2007, ce qui incite de plus en plus de gens à croire que l’économie américaine sera revenue au plein-emploi à la fin de 2016. Parmi les autres éléments favorables, notons l’entente franche concernant le plafond de la dette, ce qui témoigne d’une certaine trêve dans le conflit entourant l’endettement, ainsi que l’assouplissement des contraintes budgétaires, qui sont passées de leur sommet depuis la démobilisation après la Deuxième Guerre mondiale à des niveaux plus normaux. Selon les estimations, le freinage budgétaire aurait eu pour effet de réduire la croissance annuelle du PIB réel d’environ 1,75 % en 2013, mais cette contrainte devrait être complètement éliminée d’ici 2015. Enfin, l’effet conjugué du bilan solide des entreprises, de l’amélioration de la valeur nette des ménages, de la hausse du crédit à la consommation, de la forte poussée de la construction domiciliaire et du boom soutenu des activités de forage de gaz de schiste soutiendra l’accélération de l’économie américaine.

Amélioration des perspectives du Canada en 2015

La situation est toute autre au Canada, car on note une certaine pénurie de fondamentaux économiques positifs ici. En matière d’emploi, les gains sont surtout concentrés en Alberta, le consommateur est trop fortement sollicité, la construction domiciliaire recule depuis plusieurs années et les exportations sont plongées dans un long marasme. La dépréciation du dollar canadien sera bénéfique, mais il faudra attendre encore un certain temps pour en ressentir les bienfaits. La hausse des bénéfices des exportateurs devrait se traduire par une augmentation des investissements des entreprises, mais celles-ci voudront d’abord avoir l’assurance que la baisse du dollar perdurera. D’ici 2015 et 2016, les perspectives économiques du Canada devraient s’être améliorées, car l’économie canadienne profitera de l’expansion des États-Unis. Les avantages d’un dollar canadien concurrentiel se feront alors pleinement sentir, ce qui ne pourra que stimuler encore davantage la reprise des exportations. Nous pouvons donc nous attendre à ce qu’un nouveau cycle des dépenses en immobilisations débute en 2015 et qu’il se poursuive jusqu’en 2019.

Cet article a été fourni par 
Conseillers en placements T.E. inc.

En bref

Croissance économique
La hausse de la production manufacturière a fait augmenter le PIB de 0,5 % en janvier.

Inflation
Au Canada, le taux annuel d’inflation a atteint 1,1 % en février 2014, alors qu’il se situait à 1,5 % le mois précédent.

Taux d’intérêt
Certaines grandes banques ont réduit leurs taux hypothécaires, mais la Banque du Canada a laissé son taux du financement à un jour inchangé.

Dollar canadien
Le dollar canadien a perdu 3,9 % de sa valeur et a terminé le premier trimestre de 2014 à 90 cents américains.

Emploi
L’économie a ajouté 43 000 emplois en mars, ce qui a fait reculer le taux de chômage à 6,9 %.

Les articles publiés dans ce site Internet sont de portée générale et présentés uniquement à titre informatif. Vous devez obtenir les conseils d’un professionnel avant d’entreprendre toute action fondée sur les informations contenues dans ces articles. Aucune référence à des tierces parties ne doit être interprétée comme une approbation de, ou un appui pour, ces tierces parties, leurs conseils, informations, produits ou services. Les marques de commerce mentionnées dans ce site Internet sont la propriété de leurs détenteurs respectifs.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *