Sages conseils pour les investisseurs en cas de turbulences

Il y a dix ans, le monde était en proie à une panique financière. Née de l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, cette crise a entraîné un plongeon des marchés boursiers et une forte contraction économique. De nombreux observateurs ont craint un effet boule de neige destructeur. L’automne 2008 a sans doute été une des périodes les plus difficiles pour les professionnels du conseil en placement.

Dans tout ce chaos, un client inquiet avait demandé à Robert Bentley, un conseiller aujourd’hui à la retraite, si Conseillers T.E. gardait le cap sur sa stratégie. Publiée sous forme de blogue en octobre 2008, sa réponse est une lecture fort intéressante, dix ans plus tard.

Avec l’assurance tranquille d’un homme d’expérience, M. Bentley nous rappelle qu’on ne peut jamais contrôler les marchés et que ce n’est pas nécessaire. Il nous faut juste contrôler nos réactions aux mouvements des marchés, et tout ira bien. Cela résume bien la philosophie de placement de l’entreprise. Axée sur le long terme, elle est aussi efficace aujourd’hui qu’elle l’était à ce moment-là.

Au début de sa lettre, rédigée en octobre 2008, M. Bentley explique que sa réaction est fondée davantage sur ses « sentiments personnels que sur la situation des marchés » parce que, il l’admet volontiers, il passe peu de temps à scruter les fluctuations des marchés. Cela dit, comme une grande part de ses avoirs personnels sont investis dans des actions et des biens immobiliers, il reconnaît qu’il est directement concerné.

Et pourtant, ajoute-t-il dans sa lettre, « [c]ette turbulence ne m’inquiète pas le moins du monde. Il ajoute « Je sais que mes pertes sur papier seront passagères à condition que je conserve mon portefeuille constitué de fonds bien diversifiés. ». Bien entendu, ses placements ont été en partie exposés à la faillite récente des banques d’investissement et des prêteurs hypothécaires. Toutefois, il estime que « [t]out cela fait partie des règles du jeu », en ajoutant « [j]e détiens aussi des titres de plusieurs autres sociétés qui ne feront pas faillite et qui, au contraire, afficheront une croissance intéressante lorsque la tempête sera passée. »

Je sais que mes pertes sur papier seront passagères à condition que je conserve mon portefeuille constitué de fonds bien diversifiés.

La tranquillité d’esprit de M. Bentley vient de sa confiance à l’égard du système capitaliste. Il poursuit en disant « [e]st-ce que le système mondial [de production et] de négociation à profit de biens (…) est vraiment en péril? Selon moi, non. Pas avec une population mondiale de plus en plus importante et de plus en plus riche. »

Cette lettre n’a rien perdu de sa pertinence. Après avoir touché le fond au premier trimestre de 2009, les marchés boursiers se sont ressaisis, non sans quelques soubresauts. Les grandes économies se sont elles aussi redressées.

La panique de 2008 est riche d’enseignements et la lettre rassurante de Robert Bentley, écrite au cœur de la tempête, les résume bien.

Premièrement, la discipline est essentielle en matière de placements, surtout quand nos émotions mettent en péril un plan soigneusement construit. Quand on lui demande aujourd’hui s’il a eu le moindre doute durant la crise financière, M. Bentley répond que oui, en quelque sorte. « L’être humain est fait pour douter. Les cycles du marché suivent leur cours, les prix montent, montent encore, et on commence à penser qu’il y aurait peut-être lieu d’essayer d’anticiper les marchés, et même de tout vendre et d’attendre que les prix s’effondrent. »

La discipline est essentielle en matière de placements.

C’est un questionnement naturel, mais M. Bentley croit que l’important est de se concentrer sur le long terme, même à un âge plus avancé. « On peut voir à très long terme et réfléchir à ce que deviendront nos biens après notre décès ».

La lettre d’octobre 2008 mentionne une autre raison pour laquelle il peut être illusoire d’essayer d’anticiper l’évolution du marché. Comme l’explique M. Bentley, il est impossible de prévoir de manière fiable les mouvements des marchés et les données historiques montrent que les actions finissent toujours par atteindre de nouveaux sommets.

La crise financière a démontré que, pour les investisseurs patients, une forte correction des marchés peut offrir de formidables occasions d’achat. Avec le recul, M. Bentley trouve intéressant de voir comment les choses se sont arrangées. « Les clients [qui avaient acheté à bas prix] ont réduit leurs coûts. Ensuite, comme cela arrive souvent, les marchés sont remontés en force », constate-t-il.

L’effondrement d’il y a dix ans nous rappelle que la seule variable sur laquelle nous pouvons véritablement exercer un certain contrôle, c’est notre propre comportement. À propos de la philosophie de Conseillers T.E., M. Bentley insiste sur le fait que « notre style, notre approche de placement, tout est axé sur le long terme », parce que l’entreprise sait qu’elle n’a pas de contrôle sur les marchés; seulement sur le risque.

Quand on fait remarquer qu’il incarnait l’approche de fermeté de l’entreprise durant la crise, M. Bentley s’empresse d’y associer ses collègues. « Chez Conseillers T.E., personne ne paniquait. L’entreprise tout entière partageait cet état d’esprit. N’importe lequel de mes collègues aurait pu écrire cette lettre parce qu’elle reflétait aussi leur état d’esprit. »


Andrew Hepburn est un rédacteur et journaliste financier à la pige établi à Toronto.
Il a écrit pour le Globe and Mail, Maclean’s et Morningstar.


 

Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de décembre 2018. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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