Rob Carrick répond aux questions d’ensemble sur le MRCC 2

 

En 2017, les investisseurs recevront des rapports plus complets à l’égard de leurs placements. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la phase 2 du modèle de relation client-conseiller (MRCC 2) lancée par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM). Certains y voient un pas en avant et sont d’avis qu’une plus grande transparence permettra aux investisseurs de mieux évaluer la valeur des conseils qu’ils reçoivent. Pour un grand nombre de ces investisseurs, les nouvelles exigences en matière de rapport pourraient soulever des questions. Rob Carrick, chroniqueur spécialisé dans le secteur des services financiers au Globe and Mail, nous aide à comprendre certains des grands enjeux en cause dans le nouvel environnement du MRCC 2.

Conseillers T.E. : Bon nombre de Canadiens ont entendu parler du MRCC 2, mais ils ne comprennent pas forcément les implications ou l’importance de ces changements. Quels conseils pouvez-vous leur donner?

Rob Carrick : Commencez par regarder vos relevés de compte d’un peu plus près, parce que vous y verrez des renseignements supplémentaires sur les frais que vous payez et les rendements que vous obtenez. Il s’agit là d’une belle occasion d’évaluer la valeur que vous procure votre planificateur ou votre conseiller financier. Il est à noter que le MRCC 2 vous permet de connaître le coût en dollars des conseils que vous recevez, non celui des produits de placement que vous détenez. Les frais liés aux produits ne sont pas inclus.

 

« Demandez à votre conseiller quelle planification financière est effectuée à l’appui de ses recommandations de portefeuille. »

 

T.E. : Dans votre article du Globe and Mail intitulé « Why won’t Canadians pay for investment advice? », vous écrivez qu’un grand nombre de conseillers en placements ne sont en réalité que des vendeurs qui cherchent à placer des fonds communs de placement par tous les moyens. Quelles mesures l’investisseur peut-il prendre pour s’assurer qu’il reçoit des conseils de qualité en matière de placement?

R. C. : Demandez au conseiller quelle planification financière est effectuée à l’appui de ses recommandations de portefeuille. S’il vous parle sommairement du risque ou vous fait remplir un bref questionnaire, il y a de fortes chances que vous ne bénéficiiez pas de réels conseils.

T.E. : Selon vous, quelle sera l’efficacité du MRCC 2 dans l’uniformisation des règles du jeu pour les conseillers en placements, et quel sera l’impact pour les investisseurs?

R. C. : Les règles du jeu seront véritablement uniformes lorsque les investisseurs pourront voir le coût en dollars de leurs placements et des conseils qu’ils reçoivent. Pour l’instant, ils auront au moins la possibilité de comparer ce qu’il en coûte de faire appel à tel ou tel type de planificateur ou de conseiller.

 

« Le risque est que les investisseurs s’attardent trop aux frais uniquement et qu’ils ne tiennent pas compte de la valeur des services. »

 

T.E. : À votre avis, quelle est la plus grande lacune du MRCC 2?

R. C. : C’est le fait que les frais liés aux produits ne sont pas indiqués en plus des honoraires de conseils. J’espère que les organismes de réglementation se pencheront rapidement sur cette question.

T.E. : Les nouveaux rapports sur le rendement et les frais contiennent beaucoup de renseignements complexes. Quelles sont les données clés que les investisseurs doivent regarder et quelles questions devraient-ils poser?

R. C. : « Combien ai-je payé? », « Combien m’ont rapporté mes placements? », mais aussi « Quels services ai-je reçus? ». Le risque est que les investisseurs s’attardent trop aux frais uniquement et qu’ils ne tiennent pas compte de la valeur des services. C’est, bien entendu, aux conseillers de démontrer leur valeur.

T.E. : En plus du taux de rendement de leurs placements, qu’est-ce qui devrait préoccuper les investisseurs?

R. C. : La vraie question est de savoir comment ils progressent par rapport à leurs objectifs de placement. Un taux de rendement sur un an est peu représentatif de cette progression. Ce qui importe, c’est de déterminer si l’investisseur met assez d’argent de côté à long terme pour pouvoir prendre sa retraite et vivre confortablement.

T.E. : Goshka Folda, présidente du conseil et chef de la direction à Investor Economics, prédit que le prochain cheval de bataille des organismes de réglementation sera la décomposition des frais. Qu’en pensez-vous et avez-vous vous-même une prédiction à partager?

R. C. : La décomposition des frais entraînerait le Canada dans une nouvelle phase plus mature au chapitre des conseils en placements, et je suis totalement pour. Il n’y a plus aucune raison de cacher le coût des conseils dans les frais liés aux produits. La décomposition des frais marquera un changement important, mais à mon sens, cela aidera les activités de conseil à évoluer en une véritable profession qui offre un service utile à un coût transparent.

 


Conseillers T.E. accueille favorablement ces changements en matière de rapports à l’intention des investisseurs. Si vous comptez parmi les clients de Conseillers T.E., vous recevez déjà des rapports trimestriels sur le rendement de vos placements ainsi que de l’information concernant les frais de gestion que vous payez.

Par ailleurs, nous avons toujours pratiqué la décomposition des frais*, puisque notre rémunération se résume aux honoraires que nous facturons à nos clients. Nous privilégions une communication ouverte avec nos clients au moyen de réunions annuelles et nous saisissons toutes les occasions de nous entretenir avec vous de vos placements et de vos objectifs.


*Le regroupement est une stratégie de marketing qui consiste à combiner des produits et des services en vue de les vendre comme une offre intégrée. Les produits et services sont habituellement apparentés, mais il peut également s’agir de produits complètement différents.

Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de février 2017. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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