Retour sur la crise financière

Retour sur la crise financière

Automne 2009

Mettre les choses en perspective peut donner à réfléchir. La faillite de Lehman Brothers, considérée comme le coup d’envoi de la crise financière, date d’à peine un an et, même si un certain malaise persiste, la panique généralisée qu’a suscitée la crise s’est évaporée depuis longtemps. Selon certains rapports, la récession est maintenant terminée dans la plupart des pays développés, dont les États-Unis. Comment la pire crise financière depuis la dépression des années 1930 a-t-elle pu être évitée? Quels sont les risques qui menacent la relance de l’économie affaiblie?

De nombreux responsables

Qui doit-on blâmer pour la crise financière? Les banques trop audacieuses? Les génies des montages financiers qui ont concocté ces créances titrisées? Et que dire des gouvernements qui ont relâché les règles? Et les consommateurs qui ont emprunté au-delà de leurs moyens pour acheter une maison qu’ils ne pouvaient pas se permettre? Il est maintenant clair que personne n’a tenu compte des risques auxquels on s’exposait. Tout le monde présumait que l’immobilier et la valeur des actifs ne pouvaient pas chuter comme ils l’ont fait.

Ce qui semblait être un simple problème de liquidité en 2007 s’est métamorphosé du jour au lendemain en une véritable catastrophe financière qui a causé la faillite de Lehman Brothers le 10 septembre 2008. Les institutions financières ont cessé de se faire confiance et le marché du crédit a été paralysé. Le crédit s’est resserré, les créances de sociétés ne trouvant plus preneur, et le marché du papier commercial s’est effondré. L’avidité qui a provoqué la crise a vite fait place à la peur – peur que les marchés ne s’effondrent. Avant la fin de l’hiver, le marché boursier avait dégringolé pendant sept semaines de suite. Tous se demandaient où cela nous mènerait, mais personne ne pouvait répondre avec certitude à cette question.

Les gouvernements à la rescousse

Partout dans le monde, les gouvernements ont utilisé tous les outils à leur disposition – les politiques fiscales, les politiques monétaires et même la reréglementation – pour éviter la dépression. Pendant la dépression des années 1930, l’économie américaine a diminué de 25 % et le chômage a augmenté tout autant. Les plans de sauvetage des banques et les dépenses publiques colossales visant à stimuler la relance (selon la revue The Economist, ces deux mesures se sont chiffrées à environ 2,7 billions de dollars aux États-Unis!) ainsi que les taux d’intérêt peu élevés semblent avoir réussi à circonscrire les effets de la crise. Quand certaines banques ont enregistré des profits au premier trimestre de 2009 et entrepris de rembourser le gouvernement, les marchés en ont tenu compte et ont commencé à se ressaisir. La confiance s’améliore, bien qu’elle demeure fragile. Reste à savoir si l’économie est vraiment dans la bonne voie et si l’on peut considérer la crise financière comme du passé.

Les risques selon nous

Certaines des craintes initiales se sont dissipées. On craignait que les banques soient nationalisées, que les gouvernements se saisissent des entreprises, qu’il faille réviser en profondeur le capitalisme et que la mondialisation soit en voie de disparaître. Aujourd’hui, les gens veulent plutôt savoir si les gouvernements peuvent renoncer à leurs dépenses pour la relance et maîtriser l’explosion des déficits sans faire dérailler l’économie et provoquer une rechute des marchés. Tôt au tard, il faudra réduire les dépenses publiques, les impôts pourraient augmenter et les taux d’intérêt grimperont. Pour y arriver, il faudra agir avec une grande délicatesse, tant sur le plan financier que politique.

L’équation qui assurera la reprise contient une autre inconnue : la reréglementation du secteur financier. À ce chapitre aussi, les gouvernements devront faire preuve d’adresse pour encourager de manière durable la croissance et l’innovation tout en évitant les risques inutiles. Depuis la crise, il y a eu des progrès encourageants. Les banques ont émis des actions et des titres de créance pour amener leur capital à des niveaux plus acceptables et assainir leur bilan. Plusieurs banques canadiennes et américaines ont obtenu leurs meilleurs résultats trimestriels jamais enregistrés au deuxième trimestre de 2009.

Le Canada semble en bonne position à l’heure actuelle. Nos banques et notre cadre réglementaire font l’objet d’éloges partout dans le monde. Le chômage a cessé d’augmenter et notre marché de l’habitation n’a pas chuté de manière aussi dramatique qu’ailleurs dans le monde. Notre économie étant fondée sur l’exportation, nous avons besoin pour la relancer d’une reprise à l’échelle mondiale et surtout aux États-Unis. Il reste certaines faiblesses à corriger avant que nous puissions affirmer avec certitude que la récession est bel et bien terminée. Plus précisément, nous devons nous assurer que le marché du crédit est rétabli, que les mauvaises créances ont été radiées, que l’emploi est en progression aux États-Unis et que le marché immobilier américain est en voie de se stabiliser.

Que faut-il retenir?

Selon Jeremy Grantham, président du conseil de Grantham, Mayo, Van Otterloo (GMO), des leçons apprises après une crise les gens retiennent beaucoup à court terme, peu à moyen terme et pas grand-chose à long terme. Alors, avant d’oublier les leçons que cette crise financière nous a apprises, récapitulons :

  • Modifier de manière importante votre politique de placement quand les marchés sont en pleine panique n’est généralement pas une bonne idée. À mesure que les actions des sociétés de qualité remontent, on discerne de plus en plus clairement dans quelle mesure la chute des marchés a été causée par la panique et dans quelle mesure elle était fondée sur les données fondamentales.
  • Certains ont vu juste, d’autres pas. Qui aurait prévu une remontée des marchés de près de 50 % au cours des six derniers mois? Les marchés demeurent imprévisibles et l’anticipation des marchés est souvent une question de chance.
  • La répartition de l’actif s’est avérée profitable pendant le ralentissement pour les gens qui comptent sur le revenu tiré de leur portefeuille de placements. Les titres à revenu fixe ont permis de fournir le revenu nécessaire et d’éviter de devoir vendre des actions au moment où leur prix était bas. Du même coup, la réduction de la proportion de titres à revenu fixe a permis de rééquilibrer le portefeuille et de revenir à la répartition cible et aussi d’acheter des actions à des prix avantageux.
  • Il a fallu une méthode rigoureuse pour ne pas dévier de votre politique de placement et continuer d’investir pendant la chute des marchés et la remontée qui s’en est suivie, mais cette approche risque de produire à long terme de meilleurs résultats que l’anticipation des marchés.

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