Portrait de Steven Belshetz

Rester ou partir? Reprise du marché boursier au deuxième trimestre

Le 23 mars, personne n’aurait pu imaginer l’ampleur de la reprise qui nous attendait. Évidemment, les opinions contradictoires – optimistes et pessimistes – quant à l’évolution future de la situation fusent de partout!

Je ne suis pas économiste et je ne possède pas de boule de cristal qui m’indique de quelle façon les marchés évolueront, mais je crois qu’il est important de comprendre les avantages et les inconvénients de conserver ses placements. Voici un aperçu de ces deux points de vue.

Les inconvénients

Commençons par les inconvénients. Les pessimistes considèrent que la situation actuelle – évaluations records des marchés, malgré de mauvaises nouvelles d’importance sur l’économie – défie le bon sens. Ils croient que les investisseurs sont motivés par les mesures énergiques des banques centrales à l’échelle mondiale, qui ont injecté d’importantes liquidités dans les marchés financiers, ce qui a favorisé les actions.

Le retour des investisseurs dans quelques-uns des segments les plus spéculatifs, comme les compagnies aériennes, les croisiéristes et les voyagistes, constitue l’une des plus grandes surprises. Compte tenu de la forte recrudescence de cas de COVID-19 aux États-Unis, en Amérique latine et en Inde, et des répercussions négatives et massives sur l’économie mondiale en 2020 (et peut-être aussi au cours des prochaines années), pourquoi les indices boursiers sont-ils revenus en force pour frôler leurs sommets records au pays de l’Oncle Sam?

Le graphique ci-dessous illustre l’expansion considérable de la masse monétaire aux États-Unis, grâce à la Réserve fédérale américaine. Beaucoup croient que la liquidité alimente la progression des marchés boursiers et explique donc pourquoi les cours boursiers ont tellement grimpé depuis leurs creux de mars.

Les pessimistes sont d’avis que les investisseurs achètent des actions en raison des taux d’intérêt très bas, dans l’« espoir » que la reprise sera vigoureuse. Or, les marchés ne demeureront à leurs niveaux actuels que si les statistiques économiques s’améliorent. Le niveau d’évaluation du marché américain n’a jamais été aussi élevé depuis la bulle technologique de l’an 2000. Une croissance des bénéfices sera nécessaire pour que les évaluations des sociétés puissent se maintenir à leurs niveaux actuels.

On pense que l’envolée des actions est en très grande partie attribuable aux investisseurs particuliers, poussés par les prestations d’aide qu’ils ont reçues de l’État. Bon nombre de petits investisseurs se tournent vers les FNB, ce qui a pour effet de faire grimper l’ensemble des actions, que cette hausse soit justifiée ou non. Avant la pandémie, on considérait que la progression des actions était alimentée par d’énormes programmes de rachat d’actions mis en place par les sociétés. Depuis, ces rachats d’actions ont considérablement ralenti et ont été remplacés par les achats des investisseurs particuliers.

Un nombre record de nouveaux investisseurs particuliers ouvrent des comptes de courtage en ligne pour acheter des actions. Cet enthousiasme préoccupe beaucoup les pessimistes, car un comportement semblable avait été observé au moment de la bulle technologique.

Le point de vue des pessimistes est aussi fondé sur l’opinion selon laquelle les actions se négocient en vue d’une reprise en V, alors qu’en fait la reprise économique, selon les pessimistes, sera beaucoup plus longue et pourrait prendre la forme d’un U élargi ou d’un W.

Les avantages

Voici maintenant quelques points de vue optimistes, selon lesquels la reprise du marché est justifiée. Jusqu’à présent, d’un point de vue économique, le redémarrage des économies se déroule mieux que prévu et, par conséquent, devrait entraîner une forte augmentation des bénéfices des sociétés.

Les chiffres sur l’emploi aux États-Unis en mai et en juin, beaucoup plus élevés que prévu, viennent appuyer cette théorie. En mai, 2,5 millions d’emplois ont été créés, alors que les analystes tablaient sur la perte de 7,5 millions d’emplois de plus. En juin, 4,8 millions de postes ont été créés, soit plus que les 2,9 millions attendus. Par conséquent, le taux de chômage aux États-Unis a fléchi à 11 % – il reste évidemment du chemin à parcourir pour revenir au taux prépandémique d’environ 3 %.

Autre facteur très favorable : les ventes au détail ont fortement rebondi, tant aux États-Unis qu’au Canada. Chez nos voisins du Sud, elles étaient en hausse de 18 % au milieu de juin par rapport au mois précédent. Cette hausse contrebalance largement le recul de 14 % du mois d’avril. En fait, les ventes au détail sont revenues à leur niveau de mars aux États-Unis.

À ce rythme, les ventes au détail pourraient dépasser d’ici un mois ou deux leurs sommets de janvier et février, atteints avant la pandémie de COVID-19. Les segments du commerce électronique et de la vente d’aliments au détail demeurent les grands gagnants, de même que les centres de rénovation domiciliaire en raison du plus grand nombre de personnes qui restent à la maison. Les statistiques sur la fabrication aux États-Unis et au Canada sont aussi meilleures que prévu. Par ailleurs, nous constatons une hausse marquée des ventes de logements neufs aux États-Unis, qui sont suivis de près par le Canada.

Les optimistes à l’égard du marché sont d’avis que l’économie peut coexister avec le virus. Malgré l’augmentation du nombre de cas aux États-Unis, on ne prévoit pas de nouveau confinement complet. Dans ce pays, les foyers d’éclosion seront surtout combattus selon une approche régionale. On comptera davantage sur la population pour qu’elle adhère au port du masque et à la distanciation sociale. Les optimistes croient aussi que des progrès spectaculaires sont actuellement réalisés pour la mise au point d’un vaccin, et sont convaincus que ce vaccin sera disponible d’ici la fin de 2020 ou le début de 2021.

Bon nombre d’optimistes sont d’avis que la plus grande partie des pertes d’emplois imputable à la pandémie n’est pas permanente. Selon eux, les voyages et les vacances reprendront graduellement à la fin de 2020 et au début de 2021, et la remontée du segment des voyages s’accélérera considérablement lorsqu’un vaccin sera disponible.

Voilà. De toute évidence, les opinions divergent en ce qui concerne l’évolution des marchés. Quoi que vous en pensiez, rappelez-vous qu’il n’est pas nécessaire d’être savant ou devin pour savoir que tenter d’anticiper l’évolution des marchés est une stratégie pour le moins risquée, qui se traduit généralement par de mauvaises décisions et des résultats encore pires. Quand les choses s’enveniment (comme je le disais, le 24 mars), les investisseurs qui comprennent l’importance de ne pas déroger à leur plan d’investissement à long terme et qui conservent leurs placements finissent par être récompensés sur le long terme.

Steven Belchetz, vice-président principal, Développement commercial et relations avec la clientèle

Conseils en placement privés CWB ltée

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