Quel serait le taux de retrait viable pour un portefeuille?

Une croissance économique modeste, des taux d’intérêt peu élevés, une longévité accrue et une faible inflation remettent en question des hypothèses qui ont cours depuis des décennies en matière de planification du revenu de retraite. Toutefois, pour tirer un revenu de retraite de votre portefeuille, il n’y a pas de stratégie universelle : une planification prudente et une certaine souplesse au chapitre des dépenses sont cruciales pour faire durer votre argent.

Depuis un certain temps, de nombreux planificateurs de revenu de retraite utilisent la règle générale des 4 %. Cette stratégie consiste à retirer 4 % de la valeur du portefeuille au moment du départ à la retraite et à continuer de retirer le même montant (rajusté chaque année pour tenir compte de l’inflation) par la suite. Cette stratégie prudente, élaborée en 1994 par le planificateur financier américain Bill Bengen, vise à déterminer le niveau des retraits d’un portefeuille auquel le retraité serait assuré à 90 % de voir son épargne-retraite durer 30 ans.

Bill Bengen a mené son analyse après s’être rendu compte que les rendements de placement au cours des 10 premières années de la retraite avaient une forte incidence sur la réussite à long terme des stratégies de retrait et sur le risque de manquer d’argent. Son analyse était fondée sur les rendements des marchés américains pendant plus de 50 ans, jusqu’en 1992 inclusivement. Il a constaté qu’un départ à la retraite dans la plupart des périodes permettrait de retirer plus que les 4 % initiaux, mais qu’un départ à la retraite durant une baisse des marchés ou une période de volatilité réclamait une prudence accrue.

Aujourd’hui, dans un contexte où la croissance, les taux d’intérêt et les rendements futurs pourraient être inférieurs à la moyenne, et où l’espérance de vie ne cesse d’augmenter, il est préférable de revoir sa stratégie de revenu de retraite avec un conseiller financier. Nous avons mené une étude qui montre qu’en peaufinant votre plan – en rajustant le taux de retrait ou en étant plus souple pour ce qui est de vos besoins de revenu – vous pouvez faire en sorte que votre épargne-retraite durera aussi longtemps qu’il le faudra.

Modifier les attentes de rendement

Lorsque M. Bengen a effectué son analyse, le rendement moyen historique d’un portefeuille composé à 60 % d’actions américaines et à 40 % d’obligations du même pays était de 7,1 %. À cette époque, cependant, le rendement moyen historique des obligations était de 4,8 % et celui des actions, de 8,6 %. Dans les conditions de marché actuelles, certains professionnels des placements estiment que le rendement du même portefeuille américain serait plus proche de 4,3 % durant la prochaine décennie, le rendement des actions s’établissant à 5,6 % et celui des obligations à seulement 2,4 %*. Même en tablant sur un rendement à long terme légèrement supérieur, de 6 %, opter pour un taux de retrait fixe de 4 % ne représenterait pas toujours la stratégie la plus prudente. Si les rendements sont inférieurs à la normale sur le long terme, l’analyse de Conseillers en placements T.E. montre qu’un taux de retrait moins élevé, de 3 %, serait plus viable.

Importance des placements en actions et de la diversification

Limiter vos placements aux marchés canadiens ou accroître la composante des titres à revenu fixe de votre portefeuille pourrait aggraver les choses. Notre analyse montre qu’il peut être avantageux de diversifier vos placements à l’échelle internationale et d’accroître la pondération des actions. En supposant un taux de retrait de 3 % sur un horizon de placement de 30 ans, un portefeuille équilibré composé à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations, investi seulement au Canada, aurait 80 % de chances de réussir, comparativement à 87 % pour un portefeuille diversifié à l’échelle internationale. Si l’on porte à 75 % la pondération des actions, la probabilité de conserver un taux de retrait de 3 % jusqu’à l’âge de 90 ans augmente sensiblement.

Tenez compte des hausses et des baisses des marchés

Accroître la pondération des actions se traduira aussi par l’intensification de la volatilité à court terme. Or, les retraits effectués durant un marché baissier entravent habituellement la capacité du portefeuille à se redresser, concrétisent les pertes et exigent un taux de rendement supérieur pour reprendre le dessus. Il existe toutefois certaines façons de limiter l’incidence négative d’un repli temporaire des marchés sur les perspectives à long terme du portefeuille. La première concerne la structure du portefeuille. Chez Conseillers en placements T.E., nous élaborons des portefeuilles de façon à réduire l’incidence des retraits sur le rendement à long terme, en effectuant des retraits stratégiques dans la portion du portefeuille qui affiche les meilleurs rendements. Cette stratégie, comparable à un rééquilibrage du portefeuille, fait en sorte que celui-ci reste conforme à vos objectifs de placement et reprend plus rapidement le terrain perdu. L’autre façon consiste à faire preuve de souplesse en ce qui concerne le taux de retrait et les dépenses. En collaborant avec un conseiller qui comprend votre situation et en rajustant vos dépenses au besoin, vous pouvez accroître la viabilité de votre portefeuille.

Planifiez et révisez votre portefeuille chaque année

Idéalement, vous devriez diviser les revenus de placement dont vous avez besoin en deux catégories : ceux servant à régler les dépenses courantes et ceux réservés aux dépenses discrétionnaires ou ponctuelles. Chaque année, évaluez votre situation en collaboration avec votre conseiller et rajustez votre plan, au besoin, pour l’année suivante. C’est ici qu’il pourrait être avantageux de faire preuve de souplesse au chapitre des dépenses. Si votre portefeuille a enregistré de bons rendements, vous pouvez envisager certaines dépenses discrétionnaires figurant sur votre liste. Si les marchés sont à la baisse, il pourrait être préférable de reporter ces dépenses au moment où votre portefeuille aura pris du mieux. Les principes d’une planification financière prudente s’appliquent tout autant que lorsque vous planifiez votre retraite.

M. Bengen avait sûrement de bonnes intentions lorsqu’il a élaboré la règle des 4 %, mais il n’est pas très réaliste de s’attendre à ce qu’une règle fixe pour les dépenses convienne à tous. L’horizon de placement, le rendement du portefeuille, les besoins de revenu et les injections de capitaux provenant d’héritages et du fait d’emménager dans une demeure plus modeste sont quelques-uns des facteurs susceptibles d’avoir une incidence sur votre plan de revenu de retraite. Faire équipe avec votre conseiller financier, être souple en ce qui concerne le taux de retrait, réviser régulièrement votre plan et vous adapter aux circonstances contribueront grandement à faire durer votre argent.

*Au 31 mars 2014. Sources : Robert Shiller, Réserve fédérale, BEA et Research Affiliates®.

Les articles publiés dans ce site Internet sont de portée générale et présentés uniquement à titre informatif. Vous devez obtenir les conseils d’un professionnel avant d’entreprendre toute action fondée sur les informations contenues dans ces articles. Aucune référence à des tierces parties ne doit être interprétée comme une approbation de, ou un appui pour, ces tierces parties, leurs conseils, informations, produits ou services. Les marques de commerce mentionnées dans ce site Internet sont la propriété de leurs détenteurs respectifs.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *