REGARD SUR LES PLACEMENTS

 Retour en force des actions

Les marchés boursiers étant en hausse depuis un an, les récents afflux de capitaux dans les fonds communs de placement témoignent du regain d’intérêt des investisseurs pour les actions après plusieurs années d’indifférence. Cela dit, les investisseurs ont-ils manqué le bateau? Seul le temps nous le dira.

Les investisseurs individuels semblent avoir flairé la tendance, remarquée par les investisseurs institutionnels depuis un certain temps déjà, que les actions ont le vent en poupe.

Selon l’Institut des fonds d’investissement du Canada, les ventes des fonds communs de placement d’actions s’élevaient à 830 millions de dollars au pays à la fin du mois de février 2013, alors que les rachats nets se chiffraient à deux milliards de dollars à la même période en 2012. Parallèlement, les investisseurs ont tout de même placé 1,55 milliard de dollars dans les fonds d’obligations depuis le début de l’année, une baisse néanmoins marquée par rapport aux 5,25 milliards de l’an dernier. Même aux États-Unis où l’afflux de capitaux dans les fonds communs d’actions a fait les manchettes en janvier 2013 lorsque ces fonds ont rapporté des ventes de 38 milliards de dollars (leur meilleur résultat mensuel depuis 1996), les fonds de titres à revenu fixe ont malgré tout réalisé des ventes de près de 32 milliards de dollars.

Si les ventes des fonds d’actions se sont améliorées par rapport à l’an dernier, le rendement des actions est encore plus frappant, particulièrement celui des actions étrangères. En date du 31 mars 2013, le marché canadien affichait un rendement annuel de 6,1 %, alors que le marché américain était en hausse de 15,9 %, et les marchés de l’Europe, de l’Asie, et de l’Extrême-Orient de 13,1 %. La contre-performance du Canada face aux autres marchés développés explique peut-être le manque d’enthousiasme des investisseurs canadiens à l’égard de la reprise des actions, les ventes des fonds d’obligations étant près du double de celles des fonds d’actions.

L’écart entre le marché canadien et le marché américain a commencé à se manifester lorsque le ralentissement de deux des trois principaux secteurs d’activité du marché canadien – les matériaux (particulièrement les aurifères) et l’énergie – a pesé sur le rendement de l’indice S&P/TSX. Si l’indice S&P/TSX est encore très loin de son plafond de 15073 atteint en juin 2008, l’indice S&P 500 et l’indice Dow Jones des valeurs industrielles ont tous deux dépassé leurs sommets d’avant la crise financière. Or, les investisseurs se posent tous la même question : la reprise des actions durera-t-elle?

Selon l’agence Bloomberg News, les actions de l’indice S&P 500 sont moins chères maintenant qu’elles ne l’ont jamais été lors des sommets passés de l’indice en question, et ce, depuis 1980. L’indice se négocie actuellement à 15,4 fois les bénéfices contre une moyenne de 19,9 fois les bénéfices en période de marchés haussiers depuis 1962. Pour les investisseurs optimistes, l’économie américaine se redresse, les mesures de relance gouvernementales sont toujours en place et les valorisations boursières sont à des niveaux historiquement bas. Les investisseurs pessimistes considèrent pour leur part que la reprise est le fruit de la troisième ronde d’assouplissement quantitatif (QE3) de la Réserve fédérale américaine et qu’elle cessera dès que ces mesures de stimulation prendront fin. En ce qui a trait aux investisseurs plus nerveux, ils craignent toujours qu’une catastrophe inattendue vienne mettre fin à l’envolée des actions. Au Canada, le marché fait face à des turbulences cycliques qui ont entraîné la stagnation de la demande pour les matières premières ainsi qu’à une économie dont la croissance est inférieure à la normale.

Certains estiment que l’augmentation récente des cours boursiers est alimentée par la crainte des investisseurs de manquer le bateau. En fait, ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose après tout, parce que les investisseurs qui ont conservé leurs actions tout au long de la crise financière ont vu leur portefeuille regagner une bonne part du terrain perdu, tandis que ceux qui ont acheté plus d’actions ont été récompensés. Pour l’investisseur qui a un horizon de placement à long terme s’étalant sur plusieurs cycles du marché, il n’y a jamais de « mauvais » moment pour investir. Depuis les creux de 2009, les investisseurs ont eu amplement la chance de réintégrer les marchés et de tirer profit de la reprise à venir. Les marchés boursiers ont en effet cédé une partie de leurs gains en août 2010, en septembre 2011 ainsi qu’en mai et en novembre 2012, pour ensuite repartir à la hausse.

 

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