Ralentissement de la croissance mondiale en vue

Été 2012

Il y aura bientôt quatre ans que Lehman Brothers s’est effondré et l’économie mondiale continue de subir les contrecoups de la crise financière. Les gouvernements, qui ont mis en place des programmes de relance dès les premiers jours de la crise, s’efforcent maintenant de restreindre leurs dépenses pour compenser les baisses de revenus et l’augmentation des prestations de soutien du revenu. On s’attend à ce que l’économie progresse à un rythme plus lent qu’avant la crise, et ce, même dans les pays émergents.

LA CRISE QUI S’ÉTERNISE

On n’a toujours pas trouvé de solution viable à la crise de la dette en Europe. Chaque fois que les dirigeants de l’Union européenne semblent avoir trouvé une issue, un autre pays vacille vers un défaut sur sa dette. Les difficultés qui ont affecté la Grèce et l’Italie menacent maintenant l’Espagne. Le problème est en partie politique, les dirigeants européens voulant trouver une solution acceptable pour leurs électorats respectifs. La dernière élection en Grèce a été encourageante, puisque les Grecs ont décidé de voter pour l’euro. La Grèce devra tout de même adopter des mesures d’austérité peu populaires pour demeurer au sein de l’Union européenne, mais celles-ci seront sans doute renégociées et remplacées par des moyens moins draconiens que l’actuel pacte budgétaire imposé à la population grecque.

LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE SEMBLE MOINS CERTAINE

L’absence d’un règlement de la crise européenne a assombri les perspectives de reprise de l’économie mondiale, et les marchés boursiers mondiaux en ont subi les conséquences. L’économie mondiale a commencé à ralentir et la majeure partie de l’Europe demeure en récession. La croissance a aussi fléchi en Asie en raison de l’affaiblissement des relations commerciales et du retrait des banques européennes des marchés asiatiques du crédit. La Réserve fédérale américaine craint de plus en plus une baisse provoquée par la situation en Europe et on a envisagé un assouplissement concerté des banques centrales pour résoudre la crise du système bancaire européen. Les marchés financiers semblent s’attendre à ce que les États-Unis adoptent de nouvelles mesures de stimulus monétaire.

LES CANADIENS ONT ATTEINT LEUR LIMITE

Malgré les mises en garde du gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, et le resserrement des règles d’emprunt hypothécaire, les Canadiens ont continué de s’endetter et ont presque atteint le niveau d’endettement maximal. Ils font aussi face à des mesures de réduction des coûts et doivent composer avec des hausses salariales modestes. Selon les dernières données sur le PIB, la croissance économique est tombée à un taux annualisé de 1,8 % et rien ne laisse présager une accélération à court terme. Les mises en chantier ont atteint un sommet en raison surtout d’une forte augmentation dans la catégorie des immeubles à logements multiples, notamment les tours d’habitation en copropriété. Les ventes de condos dans les tours d’habitation montrent toutefois des signes d’essoufflement et le pouvoir d’achat des propriétaires éventuels devrait aussi diminuer, étant donné que les employeurs tentent d’accroître la productivité et que les gouvernements veulent réduire les dépenses. La seule contribution importante à la croissance de l’économie canadienne qui se dessine devrait provenir des grands projets de valorisation des ressources énergétiques. Plus de la moitié de l’augmentation prévue des dépenses en immobilisations des entreprises en 2012 provient des secteurs des mines et du pétrole et du gaz. On prévoit par contre une réduction en chiffres absolus des dépenses publiques.

LA CROISSANCE SERA SANS DOUTE PLUS FORTE AUX ÉTATS-UNIS QU’AU CANADA

La croissance du PIB réel des États-Unis au deuxième trimestre a atteint un taux annualisé de 2 %. Même si la situation en Europe constitue une menace pour le système financier américain, l’économie des États-Unis est solide. D’après le « Livre beige » de la Réserve fédérale américaine, basé sur les données de son réseau de banques régionales en date du 25 mai, l’emploi dans les secteurs de la fabrication, du bâtiment, des technologies de l’information et des services professionnels a été stable ou a légèrement progressé. Les banques américaines demeurent peu enclines à prendre des risques et se sont efforcées de reconstituer leur capital, les 19 plus grandes sociétés de portefeuille bancaires ayant ajouté environ 300 milliards de dollars à leurs réserves depuis 2009. Même si la situation économique devenait extrêmement difficile, la plupart d’entre elles seraient en mesure de fournir du crédit aux entreprises et aux ménages américains.

EN BREF

Croissance économique
Au deuxième trimestre, la croissance du PIB réel a ralenti au Canada, son taux annualisé tombant à 1,8 %.

Inflation
En raison de la baisse du prix de l’essence, l’inflation a fléchi au Canada, le taux annualisé s’établissant en mai à 1,2 %.

Taux d’intérêt
Compte tenu du ralentissement de l’économie et de la baisse de l’inflation, la Banque du Canada maintient son taux directeur à 1 %.

Dollar canadien
Le dollar canadien a reculé de 2,5 % par rapport au dollar américain au deuxième trimestre et de 6 % depuis le début de l’année.

Emploi
La situation de l’emploi demeure favorable, bien que les nouveaux emplois en mai et en juin aient été moins nombreux qu’en avril.

 

Les articles publiés dans ce site Internet sont de portée générale et présentés uniquement à titre informatif. Vous devez obtenir les conseils d’un professionnel avant d’entreprendre toute action fondée sur les informations contenues dans ces articles. Aucune référence à des tierces parties ne doit être interprétée comme une approbation de, ou un appui pour, ces tierces parties, leurs conseils, informations, produits ou services. Les marques de commerce mentionnées dans ce site Internet sont la propriété de leurs détenteurs respectifs.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *