Que se passe-t-il sur les marchés financiers? 1 / 2

Que se passe-t-il sur les marchés financiers?

Les médias ont fait grand cas de la gravité des conditions de marché actuelles. Nous aimerions exprimer notre opinion à ce sujet.

Les marchés sont en hausse depuis près de 10 ans, au cours desquels nous avons été confrontés à des corrections beaucoup plus prononcées que celle que nous connaissons actuellement. Pendant l’été 2011, les marchés boursiers ont reculé de plus de 20 % en raison principalement de la crise de la dette en Europe. En 2015, les marchés canadiens ont été durement frappés par l’effondrement du prix du pétrole. L’année suivante, les cours boursiers ont flanché, dans une certaine mesure, dans la foulée du référendum sur le Brexit. En février de cette année, les indices ont considérablement baissé.*

La principale différence entre le repli actuel et les corrections dont nous venons de faire mention, c’est sa durée (il en est à sa sixième semaine). La plupart des reculs précédents étaient de plus courte durée.
Voici une brève analyse de ce qui se passe actuellement sur les marchés.

Depuis le 30 septembre, les marchés boursiers mondiaux ont enregistré leur pire chute depuis le début de 2016.

Depuis le 30 septembre, les marchés boursiers mondiaux ont enregistré leur pire chute depuis le début de 2016. En Amérique du Nord, l’indice canadien S&P/TSX a cédé 7,2 % et l’indice américain S&P 500 en dollars canadiens, 6,7 %. Les actions internationales, représentées par l’indice MSCI EAFE, ont rendu 7,7 % en dollars canadiens. L’indice composé NASDAQ, fortement pondéré en titres technologiques, a plongé de plus de 13,4 % (11,2 % en dollars canadiens), affichant sa chute la plus prononcée depuis octobre 2007.*

Ce qui distingue le repli actuel des marchés, c’est qu’aucune catégorie d’actif ne fait figure de refuge, à l’exception des liquidités; ainsi, les obligations ont enregistré des rendements négatifs à cause de la hausse des taux d’intérêt. De toute évidence, cette correction est attribuable en grande partie aux titres technologiques, soit les actions « FAANG » (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google, maintenant appelée Alphabet), qui avaient progressé de façon spectaculaire et qui se négociaient à des cours élevés.

Puisque l’indice S&P 500 est pondéré en fonction de la capitalisation boursière, 40 % de la hausse – et, vraisemblablement, de la baisse – de l’indice est imputable à ces titres. Les clients dont les portefeuilles bien diversifiés ne sont pas fortement pondérés en titres technologiques ont enregistré des baisses moins prononcées que l’ensemble du marché, en particulier du marché boursier américain. Le marché canadien a pour sa part souffert de l’effondrement du prix du pétrole, qui a baissé de plus de 25 % depuis le 30 septembre.*

Le marché semble très « survendu » à court terme, mais nous croyons que ce repli est différent du décrochage de février et qu’il est davantage indicatif du risque global planant sur les marchés boursiers, dont nous nous méfions depuis déjà quelques mois.

Si le recul de février n’a finalement été qu’une autre occasion d’« acheter en profitant des creux » en vue d’obtenir des gains futurs, le repli actuel a été causé par un ensemble de problèmes plus graves. En février, le repli du marché boursier a été exacerbé par la hausse des taux d’intérêt et l’intensification des craintes que la Réserve fédérale américaine (Fed) soit sur le point de relever encore plus énergiquement les taux. Au même moment, toutefois, les bénéfices des sociétés américaines commençaient à faire ressortir l’incidence positive des baisses d’impôt, et leur croissance prévue en 2018 dépassait les 20 %.*

Comme toujours, nous recommandons à nos clients de ne pas déroger à leur stratégie de placement à long terme.

En outre, la plupart des investisseurs et des analystes adhéraient à l’idée qu’une « reprise synchronisée de l’économie mondiale » était en cours, ce qui se traduirait par un contexte des plus propices à une hausse accrue des bénéfices. Ces convictions sont désormais remises en question, étant donné que la plupart des grandes sociétés mondiales aux États-Unis commencent à ressentir les répercussions du ralentissement de la croissance en Asie, dans les pays émergents ainsi qu’en Europe, de même que les effets de la guerre commerciale et des tarifs douaniers.

À l’instar du recul de février, le repli actuel des marchés américains est exacerbé par l’intensification des craintes d’un durcissement de la politique monétaire de la Fed, surtout après les propos de son président, Jerome Powell, qui a déclaré le 3 octobre dernier que les taux d’intérêt américains à court terme étaient encore loin d’être neutres.

Même si la croissance des bénéfices trimestriels demeure solide, certaines sociétés manifestent des appréhensions quant à l’avenir, particulièrement en ce qui concerne l’incidence que les tarifs douaniers et la hausse des taux d’intérêt auront sur la croissance. La chute d’Apple, d’Amazon, de Netflix, de Facebook et d’Alphabet a causé de lourdes pertes pour le NASDAQ, et c’était aussi la première véritable défaillance de ces champions de la croissance depuis des années.

La hausse des taux d’intérêt a éliminé l’important soutien en liquidités qui avait fait progresser les cours boursiers ces 10 dernières années. Par conséquent, la compression des évaluations boursières que nous constatons aujourd’hui était prévisible. Il semble que les cours boursiers approchent désormais de « niveaux plus acceptables pour l’achat », lesquels, espérons-le, se traduiront par des cours boursiers plus stables (en fait, les cours pourraient faire du surplace pendant un moment, mais nous espérons que la plus grande partie de leur baisse est passée).

La situation sur le marché canadien est bien différente.

La situation sur le marché canadien est bien différente. L’écart de prix entre le pétrole canadien et l’ensemble du marché n’a jamais été aussi prononcé en plus de 10 ans. Le marché boursier canadien pourrait enfin avoir l’occasion d’afficher de meilleurs résultats. Les titres des producteurs de métaux industriels et de matières premières continuent de subir des pressions, à cause notamment des attentes plus élevées d’un ralentissement de la demande mondiale au cours des deux prochaines années.

D’importantes améliorations ont été apportées dans le secteur des mines et métaux, ainsi que dans d’autres secteurs industriels, qui représentent une part appréciable de l’économie canadienne. Ces améliorations, comparativement aux cycles économiques antérieurs, donnent à penser que ces secteurs pourraient désormais être mieux placés que dans le passé pour résister à un ralentissement de la demande mondiale.

L’escompte auquel les actions canadiennes se négocient par rapport aux actions américaines approche de niveaux records, comparables à ceux observés après l’éclatement de la bulle technologique et avant le boom des matières premières, de 2003 à 2008. En fait, à l’heure actuelle (et comme l’illustre le graphique), l’escompte auquel les actions canadiennes se négocient par rapport aux actions américaines est déjà le plus important en 15 ans.

Source: J. Zechner & Associates

Source: J. Zechner & Associates

Comme toujours, nous recommandons à nos clients de ne pas déroger à leur stratégie de placement à long terme. Au besoin, nous rééquilibrerons les portefeuilles pour profiter des conditions actuelles du marché. Notre objectif consiste à éviter de prendre des décisions irrationnelles sous le coup de la panique. Comme le montre l’activité dans les portefeuilles des clients qui faisaient affaire avec nous lors de la crise financière de 2008-2009, cette stratégie leur a été favorable et leurs portefeuilles se sont redressés très fortement avec le temps.

Steven Belchetz
Vice-président principal, prospection de clientèle et relations avec les clients


* Les données utilisées pour calculer ces chiffres proviennent des sources suivantes: cours du dollar canadien, prix du pétrole, S&P/TSX, S&P 500, Yahoo Finance, MSCI, EAFE – MSCI, Barra.com
Rendements du 20 septembre au 21 novembre 2018, valeurs de clôture.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *