Quand il s'agit d'argent, l'ignorance ne paie pas

Quand il s’agit d’argent, l’ignorance ne paie pas

Automne 2007

Le domaine des finances et des placements regorge de mythes et d’information erronée. Les conseillers de T.E. Mirador mettent les choses au point concernant quelques-unes des idées reçues les plus fréquentes.

MYTHE : PLUS VOUS DÉTENEZ UN GRAND NOMBRE DE FONDS, PLUS VOTRE PORTEFEUILLE EST DIVERSIFIÉ

Jane Cheong, CGA, Adm.A., Pl. Fin. Vice-présidente – Montréal

Pas nécessairement! En fait, il est possible que vous augmentiez le risque en ajoutant des fonds. Il m’arrive fréquemment de voir des portefeuilles qui sont bien diversifiés en ce qui a trait au nombre de fonds, pour découvrir, en y regardant de plus près, qu’il y a un gigantesque recoupement dans les avoirs détenus, ce qui peut être un problème. Par exemple, si vous détenez plusieurs fonds d’actions canadiennes, vous pouvez facilement vous exposer à de grands risques dans certains secteurs (les services financiers et l’énergie, par exemple) et, compte tenu de la petite taille de notre marché, à des sociétés précises. De plus, il se peut que vous n’obteniez pas la combinaison des avoirs que vous cherchez. De nombreux fonds mettant l’accent sur une catégorie unique d’actifs peuvent aussi présenter un certain risque vis-à-vis d’autres catégories d’actifs qui varient de concert avec les objectifs déclarés du fonds, ce qui pose un défi pour gérer votre répartition de titres. La solution consiste à bâtir votre portefeuille correctement à partir de la base, en commençant par une définition de votre politique d’investissement et de la composition des titres qui corresponde au degré de risque que vous êtes prêt à absorber. Les fonds sont alors choisis conformément à votre plan afin de vous procurer la diversification appropriée tout en s’assurant qu’ils n’entrent pas en contradiction avec vos objectifs globaux.

MYTHE : LES UNIONS DE FAIT SONT TRAITÉES EXACTEMENT COMME LE MARIAGE

Gilles Couturier, BAA, Adm.A., Pl. Fin. Vice-président régional – Montréal

Cela est vrai à bien des points de vue. Dans la plupart des provinces, les unions de fait jouissent d’un statut identique au mariage pour ce qui touche la loi sur les régimes de retraite, l’impôt sur le revenu et le droit de la famille. Mais de nombreuses personnes présument à tort que ces unions sont aussi traitées comme le mariage à l’égard des successions et cela n’est tout simplement pas vrai. Le problème apparaît lorsqu’un des conjoints de l’union décède sans testament – ce qui est très probable compte tenu du fait que 50 % des canadiens adultes n’ont pas de testament valide. Si vous mourez sans testament et que vous êtes marié, votre succession sera partagée conformément aux lois de votre province de résidence, la majorité allant à votre conjoint et à vos enfants s’il y en a. Dans le cas d’une union de fait, votre partenaire n’a aucun statut en vertu des lois successorales et votre patrimoine sera partagé entre vos enfants, si vous en avez, et les autres membres de la famille (vos parents et frères et sœurs, s’ils sont vivants), conformément aux lois en vigueur dans votre province de résidence. La solution, que vous soyez marié ou viviez en union libre, est d’avoir un testament valide et de vous assurer que vos biens soient partagés comme vous le désirez et non selon la méthode choisie par le gouvernement.

MYTHE : IL FAUT CONTINUER À TRAVAILLER POUR ENRICHIR VOTRE RÉGIME DE RETRAITE À PRESTATIONS DÉTERMINÉES

Ismo Heikkila, CFP Directeur national, services d’éducation financière et conseils aux employés – Toronto

Les formules de caisses de retraite à prestations déterminées peuvent être déroutantes et leur fonctionnement est souvent un mystère pour les employés. Ce manque de compréhension peut causer des problèmes lorsque la date de la retraite avec pension non réduite approche pour l’employé. Il s’agit de la date à laquelle vous pouvez prendre votre retraite et recevoir le plein montant de la pension sans pénalité. À cette étape, de nombreux employés se demandent s’ils ne devraient pas continuer à travailler pour augmenter leur pension. Pour bien répondre à cette question, vous devez évaluer les deux options : soit prendre le revenu de pension immédiatement ou le « coût d’opportunité » éventuellement perdu en reportant ce revenu à plus tard avec l’espoir qu’il soit plus élevé. Pour ce faire, vous devez comprendre la formule de votre régime de retraite et comment elle fonctionne pour vous.

Typiquement, une formule de caisse de retraite à prestations déterminées est basée sur un pourcentage, que l’on applique aux revenus (soit un calcul du revenu final ou une moyenne des revenus les plus élevés en carrière), multiplié par le nombre d’années de service ou d’adhésion au régime. Une fois que vous avez atteint la date de la retraite vous donnant droit à une pension non réduite, continuer à travailler peut entraîner une augmentation du montant de la pension en raison des années additionnelles de service (si elles sont autorisées) et de l’augmentation de vos revenus. Par exemple, dans l’hypothèse où la formule du régime de retraite pour une pension non réduite à l’âge de 60 ans soit 1,5 % de 60 000 $ multiplié par 30 ans de service, votre pension annuelle serait de 27 000 $. Si vous continuez à travailler pendant cinq autres années et que vos revenus moyens s’élèvent à 70 000 $, votre pension à 65 ans serait égale à 1,5 % de 70 000 $ multiplié par 35 ans de service ou 36 750 $ en vertu de cette formule. Cela représente 9 750 $ de plus, mais vous aurez perdu 135 000 $ en revenu de pension entre 60 et 65 ans pour l’obtenir. Il vous faudra atteindre l’âge de 78 ans avant que l’augmentation de votre revenu de pension compense les revenus perdus en continuant à travailler.*

Alors qu’on prévoit un déficit de travailleurs qualifiés pour l’avenir, de plus en plus d’employés pourront subir des pressions pour continuer à assurer le service. Vous ne pourrez prendre une décision éclairée qu’avec une information vous fournissant ces précisions, et votre employeur peut vous fournir les particularités dont vous avez besoin.

* Suppose que le régime de retraite n’inclut ni une indexation au coût de la vie ni de prestations de raccordement.

MYTHE : VOUS DÉTENEZ SUFFISAMMENT D’ASSURANCE-VIE SI VOS DETTES SONT COUVERTES

Sam Chinniah, CFP, CIM, FSCI,TEP Premier vice-président – Toronto

L’assurance est le véhicule idéal pour vous assurer que votre passif, le solde de votre hypothèque et les autres dettes et impôts, par exemple, sont couverts lorsque vous mourrez. Mais qu’en est-il de vos obligations? Trop souvent, les gens pensent que le montant forfaitaire prévu en cas de décès suffira parce qu’il représente davantage d’argent qu’ils n’en ont jamais eu en leur possession. Si vous voulez prévoir du soutien pour vos personnes à charge et vous acquitter de vos obligations envers eux, il est nécessaire de faire une analyse plus poussée.

L’assurance-vie sert à vous protéger contre les pertes de revenu. Le montant forfaitaire convenu en cas de décès doit être suffisant pour remplacer votre flux de revenu et cela pourrait nécessiter plus d’argent que vous ne le pensez, particulièrement si vous tenez compte de l’inflation. Prenez en considération qu’une prestation de décès de 200 000 $ investie pour obtenir un rendement de 7 % ne fournira qu’un revenu de 14 000 $ par année et vous aurez une vision plus claire du problème. Pour procurer le revenu familial moyen au Canada, soit 78 000$, vous auriez besoin d’une couverture de plus de 1 100 000 $, dans l’hypothèse d’un taux de rendement de 7 %.

Vous devriez donc revoir votre couverture d’assurance-vie afin de vous assurer d’avoir une protection suffisante pour couvrir votre passif et vos obligations, en tenant compte de l’inflation. Vous pourrez toujours réduire votre couverture plus tard, si vos besoins changent et qu’un tel montant ne soit plus nécessaire.

MYTHE : AVEC UNE BONNE STRATÉGIE VOUS N’AUREZ PAS À PAYER D’IMPÔTS

Warren Baldwin, CFP, R.F.P., CIM Vice-président régional – Toronto

Rien n’est jamais gratuit. Cela commence habituellement quand votre voisin, un collègue de travail ou votre beau-frère vous parle d’un ami d’un ami qui ne paie presque pas d’impôts. Pour l’essentiel, ces personnes, qui ont trouvé le moyen de faire échec au système, sont des travailleurs indépendants ou possèdent leur propre entreprise et « déduisent toutes leurs dépenses ». Je leur souhaite bonne chance, parce que tôt ou tard ils se feront coincer par l’Agence du revenu du Canada, qui n’a pas la réputation d’être un créancier très patient ou qui pardonne.

Au Canada, quand il s’agit d’impôts, rien n’est gratuit et c’est très bien ainsi. Après tout, nous sommes tous des citoyens de ce pays et devons contribuer de manière raisonnable à notre société. Il est bien plus sage de payer ses impôts sur le revenu, d’avoir la possibilité de contribuer à un REER et de dormir sur ses deux oreilles en sachant que l’on respecte les règles du jeu. Cela dit, rien ne justifie de payer plus d’impôts que nécessaire. Bien que les occasions soient rares et peu nombreuses au Canada, il existe des manières de gérer vos avoirs de manière fiscalement efficiente tout en respectant la loi. Pour en savoir plus, consultez un professionnel qualifié et prenez les conversations de cocktail avec un grain de sel.

MYTHE : VOUS N’AVEZ PAS PLANIFIÉ VOTRE SUCCESSION? VOTRE FAMILLE SAURA EXACTEMENT QUOI FAIRE

Lana Porter, CFP, PFP, CSC Conseillère – Calgary

Il m’arrive souvent de rencontrer de la résistance lorsque vient le temps de préparer les documents qui font partie de la planification successorale – testament, procuration/mandat et directive pour soins de santé, parce qu’on me dit « ma famille saura quoi faire et, de toute façon, rien ne presse ». Si vous pensez que votre famille tient à vous, pourquoi leur laisseriez-vous la tâche de régler vos affaires alors qu’ils sont sous le coup d’une grande détresse émotionnelle? Lorsqu’on ne dispose pas de la documentation appropriée, tout mettre en ordre peut représenter beaucoup de travail.

Sans une directive pour soins de santé, votre famille devrait se présenter devant les tribunaux pour faire enlever un système de maintien des fonctions vitales, même si vous leur aviez fait part de vos souhaits de façon verbale. Sans une procuration, l’accès à vos avoirs financiers peut prendre du temps, ce qui peut éventuellement priver votre famille de moyens financiers par la suite. Mourir sans un testament valide signifie que l’État décidera qui hérite de quoi, quels que soient vos souhaits.

Nos vies sont de plus en plus compliquées et même s’il est désagréable d’en discuter, la mort est une réalité pour chacun de nous. Il est préférable de planifier à l’avance et d’établir la documentation de manière à garantir que vos souhaits seront compris et que vos directives pourront être respectées. Cela vous donnera la tranquillité d’esprit aujourd’hui et votre famille vous en sera reconnaissante.

MYTHE : VOUS REMARIER N’AFFECTE PAS VOTRE TESTAMENT

Lynne Triffon, CFP, R.F.P. Vice-présidente – Vancouver

Un couple, tous deux dans la jeune cinquantaine, désire se marier. Ni l’un ni l’autre n’en est à son premier mariage et ils ont tous les deux des enfants issus d’unions précédentes. Le couple avait convenu que leurs avoirs personnels iraient à leurs enfants respectifs, ce qui est indiqué dans leur testament actuel, il n’y a donc pas d’inquiétude à ce propos. Dans les faits, il y a de quoi s’inquiéter.

De nombreuses personnes ne savent pas que leur testament existant devient non-valide en cas de remariage. Dans les faits, si une des personnes du couple cité plus haut décède, elle sera considérée comme étant morte intestat (sans testament), et tous ses actifs seront partagés conformément aux lois sur les successions non-testamentaires de leur province de résidence. Typiquement, cela veut dire que le nouveau conjoint héritera d’une portion importante de la succession.

Tout changement dans votre situation de famille, un premier mariage, un divorce, le décès d’un conjoint ou un remariage, exige un examen approfondi des documents relatifs à votre planification financière et successorale afin de modifier la désignation du bénéficiaire et l’information sur la propriété, ainsi que de mettre à jour votre testament et votre procuration.

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