Quand des investissements marginaux deviennent des investissements grand-public

Quand des investissements marginaux deviennent des investissements grand-public

Automne 2007

Les investisseurs institutionnels utilisent les placements alternatifs depuis des années et maintenant les investisseurs de détail veulent aussi s’y engager. Est-ce nécessairement une bonne chose?

Les investisseurs peuvent être inconstants. En dépit de l’augmentation substantielle de la valeur des portefeuilles au cours des dernières années, les actions et obligations traditionnelles perdent de la popularité. Avec la probabilité que les rendements diminuent à la fois pour les actions et les obligations dans un avenir plus ou moins rapproché, les investisseurs se défont de ces placements traditionnels et les remplacent par des placements « alternatifs » – fonds de couverture, fonds de capital privé et fonds de capital de risque. En quoi consistent exactement ces placements alternatifs et vous conviennent-ils?

FONDS DE COUVERTURE

Comme l’indique son nom, un fonds de couverture sert de refuge contre les placements traditionnels, qui tendent à fluctuer en fonction des tendances générales du marché. En théorie, un fonds de couverture doit fournir des rendements allant contre les tendances et accroître la diversification du portefeuille. Pour produire ces rendements, ces fonds font typiquement appel à une stratégie spécifique appelée l’arbitrage, qui consiste, par exemple, à effectuer des ventes longues et des ventes à découvert et à gérer des contrats à terme, ce qui requiert les compétences d’un gestionnaire spécialisé. Avec des fonds de couverture, vous n’investissez pas dans les tendances globales du marché, mais plutôt dans les compétences du gestionnaire du fonds.

Au Canada, actuellement, les fonds de couverture semblent être fortement corrélés avec le marché en général et, après examen, nombre d’entre eux apparaissent très semblables aux fonds d’actions canadiennes. Un repli du marché permettrait de déterminer si ces fonds peuvent vraiment fournir une « couverture », ou pas.

FONDS DE CAPITAL À RISQUE PRIVÉ

La presse a beaucoup parlé des fonds de capital à risque privé ces dernières années, principalement en raison de la croissance importante des sociétés de capital privé et de plusieurs transactions à grande incidence dans ce domaine (BCE par exemple). Les gestionnaires de capitaux privés ont popularisé les acquisitions par emprunt dans les années 80 et de nombreuses sociétés devenues célèbres en la matière, telles que Kolberg Kravis Roberts & Co et le Groupe Carlyle sont des joueurs importants sur le marché des capitaux privés à risque.

Les sociétés de capital privé à risque se concentrent sur l’achat de sociétés sous-évaluées, souvent à l’aide d’un levier financier, en les enlevant du marché public puis en s’organisant pour en augmenter la valeur, soit en les divisant pour les vendre, en les restructurant, en réduisant les coûts, etc. Ces sociétés tirent ensuite leurs profits de ces entreprises en les mettant sur le marché par un PAPE, en orchestrant une vente ou une fusion, ou en mettant en œuvre une restructuration du capital. Traditionnellement, la participation dans les capitaux privés exige un capital substantiel et est réservée aux investisseurs soumis à la réglementation sur l’accréditation des investisseurs. Cependant, les fonds de capital privé rendent l’investissement dans ces titres non cotés plus accessible par la mise en commun des capitaux de plus petits investisseurs.

Au cours des dernières années, les faibles taux d’intérêt et un marché des valeurs mobilières sous-évalué (après le boom technologique) ont permis la croissance du marché des capitaux privés. Le crédit a été facile à obtenir et les profits ont été impressionnants. Mais aujourd’hui, les occasions sont peut-être moins nombreuses. Il y a trop d’argent disponible pour trop peu d’occasions d’affaires et il n’est pas évident aujourd’hui qu’il reste encore beaucoup de sociétés sous-évaluées sur le marché.

FONDS DE CAPITAL DE RISQUE

Le véritable capital de risque, un sous-ensemble du capital privé, suppose que les investisseurs fassent une mise de fonds dans une nouvelle entreprise ou pour financer un important projet de croissance. En général, ces entreprises sont perçues comme étant trop risquées pour obtenir un financement bancaire ou du marché des capitaux traditionnel. Les fonds de capital de risque font une mise en commun des capitaux, ce qui permet aux sociétés d’y avoir accès et aux plus petits investisseurs d’y participer.

Au Canada, les épargnants ont accès aux fonds de capital de risque depuis plusieurs années par l’entremise des fonds de capital de risque de travailleurs. Ces fonds, qui sont habituellement patronnés par les syndicats, offrent des allégements fiscaux aux investisseurs et ont attiré des placements importants. Toutefois, leur performance historique n’a pas été très intéressante. En date du 31 août 2007, le rendement moyen sur 5 ans pour cette classe d’actif a été de 2,8 % et sur 3 ans de 2,2 %.*

CE QUI NOUS PLAÎT ET CE QUI NOUS PLAÎT MOINS

Ces placements alternatifs peuvent avoir l’air très intéressants, en théorie. Les véritables fonds de couverture peuvent améliorer la diversification d’un portefeuille, le capital privé peut offrir un potentiel de rendement supérieur à celui du marché en général et le capital de risque possède un potentiel de croissance exceptionnel. En réalité, cependant, compte tenu des risques en cause, ces possibilités ne font pas le poids.

Nous suivons et surveillons constamment le marché des placements alternatifs, comme nous le faisons pour les placements traditionnels, afin de nous assurer que les clients de Conseillers en placements T.E. aient toujours accès aux meilleures possibilités de placement. Selon nous, le marché canadien des placements alternatifs est de trop petite taille et ses rendements antérieurs sont trop limités pour y prendre des risques. Alors qu’il est bien établi aux États-Unis, le marché des placements alternatifs au Canada en est encore à ses débuts et a enregistré plusieurs échecs. Beaucoup de ces placements sont sous-règlementés et, avec aussi peu d’information à notre disposition, il est difficile de trouver des placements qui répondent à nos critères de sélection. Nous n’avons pas l’habitude d’utiliser l’argent de nos clients dans le but de tester l’impondérable et croyons que l’espérance nette de risque/rendement provenant de ces placements n’est pas dans l’intérêt de nos clients.

Cela dit, Conseillers en placements T.E. n’a pas fermé la porte aux placements alternatifs. Nous allons continuer à en faire le suivi et à surveiller l’évolution de ce marché parce que nous sommes toujours à la recherche de nouveaux moyens d’ajouter de la valeur aux portefeuilles de nos clients. Tel qu’il est aujourd’hui, nous préférons attendre.

*Source : Globefund.com

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