Planification de la retraite pour les immigrants

Que vous ayez ou non un régime de retraite d’employeur, comme la plupart des Canadiens vous comptez aussi sur les régimes de retraite gouvernementaux et votre épargne personnelle pour votre retraite. Si vous êtes un immigrant, sachez que le nombre d’années que vous passerez au Canada aura une incidence sur le montant du revenu de retraite auquel vous pouvez raisonnablement vous attendre.

Prenons les cas de Charles et de Carlos. Tous deux sont nés le même jour, en 1980. Ils sont tous deux ingénieurs en logiciel et travaillent pour la même entreprise. Ils ont exactement le même poste, leurs salaires et avantages sont identiques et ils ont commencé à travailler pour cet employeur le même jour, en 2015. Nous supposerons que tous deux sont entrés sur le marché du travail en même temps et qu’ils ont eu des carrières parallèles et des revenus comparables avant d’accéder, en 2015, à leur poste actuel. Ils ont épargné et dépensé des sommes similaires au fil des années.

Leurs situations étant identiques, on pourrait supposer que Charles et Carlos recevront les mêmes revenus de retraite des régimes gouvernementaux et de leur épargne personnelle, n’est-ce pas? Eh bien, non.

Épargner pour la retraite

Charles est né à Big Beaver, en Saskatchewan, et a vécu au Canada toute sa vie. Carlos est né à Chihuahua, au Mexique, et il a immigré au Canada en 2015. Le tableau ci-dessous montre l’écart de revenus de retraite qui existera entre eux lorsqu’ils partiront à la retraite en 2045, à 65 ans.

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Générer des revenus de retraite

Nous voici maintenant en 2045, année du départ à la retraite de Charles et de Carlos. Dans notre grande bonté, nous leur accorderons encore 20 années à vivre, donc jusqu’à l’âge de 85 ans, ce qui est un peu au-dessus de l’espérance de vie moyenne fournie par Statistique Canada. Voici les fonds dont Charles et Carlos pourront disposer durant la retraite :

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Le revenu garanti que Charles recevra des régimes gouvernementaux canadiens (SV et RPC) est supérieur d’environ 25 % à celui de Carlos, soit 430 $ par mois (montants de 2018). Son épargne-retraite personnelle canadienne est supérieure d’environ 40 % à celle de Carlos (une différence de presque 600 000 $ de capital productif de revenus). Cela représente un écart de revenus considérable pour chaque année de retraite. Vous aurez remarqué que la principale différence réside dans les sommes accumulées en épargne-retraite personnelle (REER et CELI), et non dans les régimes gouvernementaux. Cela donne matière à réflexion.

La bonne nouvelle

Nous avons simplifié les cas de Charles et de Carlos pour donner plus de poids à notre propos : si vous avez vécu à l’étranger, vous devrez porter un regard différent sur votre épargne-retraite, car vous aurez peut-être du retard à rattraper. Pour les immigrants comme Carlos, la situation n’est pas si morose, car ils ont probablement d’autres sources de revenus de retraite auxquelles Charles n’a pas accès.

Nombre d’immigrants peuvent être admissibles à des régimes de pension privés et gouvernementaux dans leur pays d’origine, suivant la carrière qu’ils ont eue avant de s’installer au Canada. Dans le cas de certains pays, cela peut être un gros atout supplémentaire. Par exemple, la sécurité sociale américaine verse généralement des prestations plus élevées que le RPC ou le RRQ, du moins à ceux qui touchent de bons salaires.

La principale différence entre les deux réside dans les sommes accumulées en épargne-retraite personnelle, et non dans les régimes gouvernementaux.

Les immigrants peuvent également avoir accès à des instruments d’épargne-retraite personnelle dans leur pays d’origine, semblables à notre REER et notre CELI, et à d’autres instruments d’épargne non enregistrés.

Les pensions versées dans une devise plus forte que le dollar canadien offrent le bénéfice supplémentaire d’un taux de change avantageux (il suffit de penser au parcours de l’euro ou du dollar américain des dernières années).

Vous avez vécu ou vivez actuellement à l’extérieur du Canada?

Vous devriez vérifier s’il existe un accord de sécurité sociale entre le Canada et votre pays d’origine, ainsi que les modalités d’un tel accord. Les accords internationaux de sécurité sociale peuvent vous donner droit à des prestations gouvernementales dans les deux pays, ce qui signifie que les cotisations versées à des régimes étrangers peuvent être réputées versées au RPC. Vous pourrez peut-être comptabiliser les années passées dans un autre pays comme des années de résidence au Canada afin d’être admissible à la prestation minimale de la SV, et inversement.

Indépendamment de l’impôt des non-résidents perçu par le gouvernement étranger, il est important d’indiquer vos revenus de toute provenance dans votre déclaration de revenus canadienne.

Certains de ces accords prévoient un allègement d’impôt pour les pensions que les résidents du Canada reçoivent de l’étranger. En deçà d’un certain seuil, ces pensions peuvent également être exonérées d’impôt dans votre pays d’origine ou être assujetties à un taux plus bas, selon la convention fiscale conclue avec le Canada.

Indépendamment de l’impôt des non-résidents perçu par le gouvernement étranger, il est important d’indiquer vos revenus de toute provenance dans votre déclaration de revenus canadienne. Pour éviter la double imposition, il faudrait demander un crédit pour impôt étranger correspondant à l’impôt versé à une juridiction fiscale étrangère.

 

La planification de la retraite est complexe et si des aspects internationaux viennent s’y greffer, cela complique encore les choses. Si vous avez passé une partie de votre vie active dans un autre pays, il est important de déterminer si vous avez du retard à rattraper. Votre planificateur financier sera heureux de réfléchir à des stratégies avec vous.


Willem Lebegge, collaborateur à la rédaction
Conseillers T.E., Montréal


 La province de Québec a ses propres ententes de sécurité sociale avec plusieurs pays.


 

Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de mars 2018. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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