PERSPECTIVES

Maintien du plan de relance aux États-Unis… pour le moment

L’économie américaine continue de s’améliorer, même qu’elle dépasse les attentes à bien des égards. La demande du secteur privé est en effet plus forte que prévu et les gains réalisés au chapitre de l’emploi salarié (une moyenne de 196 000 nouveaux emplois par mois au deuxième trimestre) ont constitué une belle surprise. Les consommateurs américains n’ont jamais été aussi optimistes en cinq ans grâce notamment à la hausse des prix des actifs, la reprise du marché immobilier résidentiel et la croissance constante de l’emploi. À preuve, les ventes de véhicules automobiles aux États-Unis ont bondi en juin et sont à leur plus haut niveau depuis 2007, ce qui témoigne de la volonté des consommateurs de faire d’importants achats discrétionnaires.

Accélération prévue de la reprise américaine
La situation financière des ménages américains s’améliore grâce à la hausse des marchés boursiers, du prix des maisons, et des revenus. L’immobilier résidentiel, les ventes de véhicules automobiles, l’énergie, ainsi que la réduction des contraintes découlant des politiques budgétaires du gouvernement joueront un rôle clé dans la croissance économique des États-Unis en 2014. Nous nous attendons à ce que le taux de croissance de l’économie américaine revienne à un rythme plus normal vers la fin de 2013, ce qui implique une réduction progressive probable des rachats d’obligations de la part de la Réserve fédérale américaine avant la fin de l’année, et se poursuivant en 2014.

Le budget des ménages n’est pas le seul élément qui s’améliore aux États-Unis, car le Congressional Budget Office estime que le déficit budgétaire devrait représenter environ 
4 % du PIB en 2013, contre 7 % l’année dernière et 10,1 % en 2009. Rappelons que les autorités jugent qu’un déficit égal à 3 % du PIB est un niveau viable, et les États-Unis sont en voie d’atteindre cet objectif en 2014.

Potentiel de reprise limité au Canada
Le Canada ne présente pas le même potentiel de reprise économique que les États-Unis. Même si l’économie a crû au premier trimestre à son rythme le plus élevé des six derniers trimestres, cette croissance était attribuable à un bond exceptionnel des exportations de pétrole et de gaz. Le marché de l’emploi a pris du mieux en mai, mais l’économie a produit une moyenne de 14 000 nouveaux emplois par mois au deuxième trimestre, ce qui constitue une baisse notable par rapport à la moyenne de 27 000 nouveaux emplois par mois enregistrée à la même période l’année dernière. Or, une importante proportion des gains réalisés au chapitre de l’emploi est attribuable à l’industrie de la construction, secteur d’activité sur lequel on ne peut pas compter comme générateur d’emplois futur. De plus, la demande intérieure n’a que très légèrement progressé, enregistrant son résultat le plus faible depuis le début de 2009, année où le Canada était toujours en récession.

La construction résidentielle a connu une hausse surprenante au Canada au deuxième trimestre, l’essentiel de l’activité étant attribuable aux tours de condominiums. Ces données reflètent toutefois la demande de l’an dernier plutôt que les ventes actuelles, et le nombre d’immeubles à unités multiples en construction, ajusté en fonction de la population, est bien supérieur à sa moyenne à long terme. La hausse des taux hypothécaires, qui fait suite à l’augmentation des rendements obligataires aux États-Unis puis au Canada, nuira à la demande sur le marché immobilier résidentiel canadien.

Récession en Europe. Ralentissement en Chine.
L’Europe est toujours en récession, alors que son PIB réel s’est contracté de janvier à mars, et ce, pour un sixième trimestre de suite. La Banque centrale européenne a réussi à éviter une crise du système financier, mais le risque de défaut des banques perdure, même dans les pays solides comme l’Allemagne. L’austérité budgétaire et le resserrement du crédit se poursuivront pendant encore longtemps, ce qui pèse sur les possibilités d’une reprise dans l’avenir immédiat.

La Chine entretient des liens étroits avec l’Europe et les autorités chinoises ont révisé à la baisse leurs objectifs de croissance. Compte tenu du recul de l’excédent commercial de la Chine, la hausse de la consommation des ménages chinois ne suffira pas à éponger le manque à gagner entraîné par la baisse des exportations. Jusqu’ici, les dépenses en immobilisations fixes ont servi de soupape de sûreté, mais cette stratégie n’est plus viable compte tenu de la faiblesse de la demande des consommateurs et des exportations. La croissance des dépenses en immobilisations de la Chine est le fruit de l’emprunt, ce qui s’est traduit par une augmentation substantielle du ratio dette/PIB de la Chine, tout en suscitant des préoccupations quant à la capacité du système bancaire chinois de soutenir le déséquilibre entre les importantes dépenses en immobilisations et la faiblesse de la consommation intérieure.

Cet article a été fourni par Conseillers en placements T.E. inc.

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