PERSPECTIVES

Période d’accalmie au Canada

Un certain nombre d’indicateurs laissent croire à un ralentissement de la croissance économique au Canada, alors que la reprise semble vouloir se poursuivre aux États-Unis. En Europe, la récession est plus grave et plus longue que prévu.

L’intensité de la crise financière mondiale a diminué et on assiste à une plus grande tolérance à l’égard du risque, tant dans les domaines des affaires que des placements. Toutefois, contrairement à ce qui attend les États-Unis, les perspectives économiques du Canada sont loin d’être roses. La croissance annualisée du PIB étant désormais inférieure à 1 %, et puisque rien ne nous permet de croire qu’elle augmentera en 2013, le Canada fait de toute évidence face à un ralentissement économique. En pareil contexte, les gains récents réalisés au chapitre de l’emploi semblent plutôt insoutenables, ce qui s’est confirmé en mars lorsque l’économie canadienne a perdu 55 000 emplois. Un sondage récent sur les intentions de dépenses en immobilisations a révélé la plus faible augmentation de ces dépenses depuis 2009, une autre indication de la faiblesse persistante de la croissance du PIB. Le taux de chômage pourrait donc grimper au cours de l’été. De plus, le repli de l’économie canadienne se traduira par une augmentation du risque, tant pour les entreprises que pour les investisseurs.

SITUATION DIFFICILE POUR LES ENTREPRISES

Dans cette conjoncture de faible croissance, la liquidité, le flux de trésorerie et le contrôle des coûts deviendront de plus en plus importants pour les entreprises. Les sociétés canadiennes verront leurs volumes diminuer et les produits industriels importés des États-Unis exerceront une pression à la hausse sur leurs coûts. Par exemple, la reprise du marché immobilier résidentiel aux États-Unis est plus solide que prévu et la chaîne d’approvisionnement du bois d’oeuvre et des matériaux de construction est mise à rude épreuve. Les fournisseurs ont réduit leurs stocks durant la chute du marché immobilier résidentiel, et ils peinent à rétablir leur capacité de production.

LES CONSOMMATEURS SE SERRENT LA CEINTURE

Les consommateurs canadiens sont de plus en plus prudents. Les ventes au détail, en données corrigées des prix, ont fait du surplace en janvier et elles sont bien en deçà de leur niveau du mois de novembre, en baisse de 1 % par rapport à l’an dernier. Sur une base désaisonnalisée, les ventes de véhicules automobiles, indicateur de la confiance des consommateurs puisqu’il s’agit d’une dépense importante, ont chuté de façon considérable. De plus, le marché des maisons existantes est plus faible que prévu et les prévisions de ventes ont été révisées à la baisse. Bien que les ventes n’aient pas continué de chuter après le recul de l’été dernier, elles ne semblent pas vouloir se remettre à grimper. Sur le marché immobilier résidentiel, on note une certaine faiblesse du côté des tours d’habitation, qui semblent se trouver en situation d’offre excédentaire malgré le taux d’inoccupation relativement bas des condos en location. On s’attend à ce que le marché des premiers acheteurs soit le plus sévèrement touché par l’incertitude économique et la mise en oeuvre de critères d’octroi du crédit plus rigoureux.

RESSERREMENT DU CRÉDIT

De plus en plus préoccupées par le niveau d’endettement des ménages, les banques canadiennes resserrent leurs conditions d’emprunt pour tous les emprunteurs. Dans le secteur de la construction, les exigences en matière de prévente et les conditions d’emprunt sont désormais plus restrictives. Ainsi, même si les taux hypothécaires sont toujours très bas, il est maintenant plus difficile d’obtenir un prêt hypothécaire. Les taux d’intérêt demeureront probablement déprimés pendant encore longtemps. Compte tenu de la vigueur soutenue du dollar canadien, du ralentissement de la croissance économique et du faible taux d’inflation, une hausse des taux de la part de la Banque du Canada semble plutôt improbable. En ce qui concerne la Réserve fédérale américaine, elle n’augmentera probablement pas ses taux tant que le taux de chômage américain ne sera pas tombé à 6,5 %, ce qui ne devrait pas se produire avant 2015.

SUSPENSION DE LA REPRISE DES EXPORTATIONS

Bien que l’économie américaine ait progressé au cours des 12 derniers mois, les exportations canadiennes vers les États-Unis ont fléchi, tant en valeur qu’en volume. Les exportations de gaz naturel ont chuté de 70 % depuis 2008, ce qui témoigne de l’accroissement spectaculaire de la production de gaz naturel attribuable à l’exploitation des dépôts de gaz de schiste des États-Unis, et la même tendance se dessine dans le secteur du pétrole de schiste. Les États-Unis ont donc réduit considérablement leurs importations de gaz et de pétrole du Canada. L’incertitude accrue entourant la baisse du prix du pétrole, la demande d’exportations et la capacité pipelinière commence à peser sur le secteur de l’énergie. La construction de nouveaux pipelines suscite également une certaine inquiétude. Des pétrolières ont annoncé qu’elles réduisaient leurs budgets de dépenses en immobilisations, mais un grand nombre de projets de sables bitumineux sont toujours sur la table, en construction ou en attente d’approbation de la part des organismes de réglementation.

 

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