Parcourir le monde… en trois-roues!

Je pensais devoir dire adieu à mes voyages quand j’ai commencé à avoir de la difficulté à marcher. Comme je me trompais. La solution? Un scooter pour mobilité réduite… et plus il est portable, mieux c’est!

Mes longues recherches pour dénicher le bon scooter m’ont menée au site Web de TravelScoot. Si je prends une seconde pour desserrer un loquet et abaisser le guidon, le scooter se glisse aisément dans mon Echo, une sous-compacte à hayon. Fait à noter, je peux le mettre dans la voiture moi-même!

Oui, vous avez bien lu. Je suis une femme de 68 ans pas très en forme et je souffre d’une dégénérescence de plusieurs disques vertébraux, mais ce scooter électrique ne pèse que 16 kg. Comme c’est pratique pour fuir l’hiver canadien.

Prendre l’avion pourrait ressembler à ça

Vous pourriez susciter l’envie de ces pauvres âmes qui avancent péniblement dans ce purgatoire que l’on appelle un aéroport. Téléphonez à l’avance au service d’assistance aux personnes ayant des problèmes de santé ou à mobilité réduite de votre transporteur aérien. Ils doivent connaître les dimensions et le poids du scooter qui vous accompagnera, ainsi que le type de batterie. Au fait, le scooter voyage gratuitement, contrairement à nous.

Ensuite, apprenez à voyager léger. J’ai réussi à regrouper tout le nécessaire pour un voyage de six semaines, y compris des tenues élégantes pour deux croisières, et le charger directement sur mon scooter. Imaginez : pas de bagage enregistré à attendre, pas de bagage perdu. Cela compense largement les quelques brassées qui seront nécessaires durant votre séjour.

Le jour du vol, rendez-vous au comptoir d’assistance aux personnes handicapées de votre compagnie aérienne. On vous donnera peut-être même directement accès au contrôle de sécurité.

Ce ne sera probablement pas la dernière fois que vous pourrez contourner la file d’attente.

Il y a fort à parier que votre porte d’embarquement sera à l’autre bout du monde, mais cette fois-ci, vous aurez plaisir à circuler, installé sur votre scooter, à une vitesse pouvant aller jusqu’à 8 km/h.

Quand vous dépasserez sans effort les voyageurs exténués encombrés de leurs bagages de cabine, évitez toutefois les sourires ou les signes de la main triomphants, car ils pourraient s’en prendre à vous.

Vous ferez partie des premiers passagers à embarquer et vous pourrez utiliser le scooter jusqu’à la porte de l’avion. Quelqu’un vous y attendra pour prendre en charge votre monture.

Un de mes amis préfère enregistrer son scooter, protégé dans une énorme housse de voyage rigide pour sac de golf, qu’il appelle « le cercueil ». Je comprends. Le TravelScoot coûte cher. Toutefois, je tiens à ma liberté de mouvement dans l’aéroport et, jusqu’ici, les compagnies aériennes n’ont causé aucun dommage pouvant me faire regretter cette décision.

D’abord, le compartiment de rangement supérieur

Ne soyez pas surpris si le personnel de cabine vous aide à ranger votre bagage, mais ne tenez pas cette aide pour acquise. Ils ne sont pas censés risquer une blessure au dos pour des milliers de passagers.

Vous pouvez prendre le temps de vous installer, car vous faites partie des premiers passagers montés à bord, même si votre siège se trouve dans le « fourgon à bétail ». Imaginez la scène. Tous ces beaux compartiments, vides. Personne pour vous flanquer le coude dans l’œil alors que vous et les autres passagers tentez de vous emparer du dernier espace libre.

Arrivé à destination, il est probable que votre scooter vous attendra à la porte de la cabine. Vous n’aurez plus qu’à glisser jusqu’aux douanes ou à la sortie.

Et voilà. Pas si mal, non, et même si vous voyagez en solo, sans accompagnateur pour vous prêter main-forte. Une fois sur place, vous découvrirez comment un scooter léger et portable facilite vos déplacements, en particulier dans les pays où l’accessibilité est un concept flou.

Aller n’importe où

Mon scooter peut entrer (plus ou moins facilement) dans le coffre de n’importe quel taxi, ce que j’apprécie. Cela me permet d’aller pratiquement n’importe où et de regagner mon pied-à-terre. Même si ma batterie me lâche.

Et ce n’est pas tout. Quelques marches se dressent entre vous et la boutique qui vous intéresse? Démontez votre scooter, soulevez-le (après tout, il ne pèse que 16 kg) et franchissez l’obstacle. Même chose pour le bus « accessible » dont la rampe ne fonctionne pas (et ils sont nombreux), même si c’est évidemment plus forçant.

Quand on a de la difficulté à marcher, les voyages demandent de la planification, mais le Web et votre téléphone sont une mine d’information. L’endroit où vous souhaitez vous rendre est-il accessible? Pouvez-vous entrer dans le restaurant? Tout aussi important, peut-être, pouvez-vous accéder aux toilettes?

Où se cache l’entrée accessible?

J’ai passé une demi-heure à chercher celle du Sacré-Cœur, à Paris. Ne faites pas comme moi, et ne supposez pas systématiquement qu’un lieu vous est inaccessible. Informez-vous à l’avance.
Par exemple, le seul endroit où je n’ai pas pu aller, à la Tour de Londres, c’est la Bloody Tower. J’ai lu toutes sortes de commentaires décourageants à propos des pavés, dans l’enceinte fortifiée, mais mon scooter et moi, on s’est débrouillés. Je ne vous parlerais toutefois pas de mes visites chez le dentiste, pour remplacer tous les plombages que ces pavés ont délogés!

L’accessibilité peut avoir un prix et ce prix peut prendre des formes insoupçonnées. Prenons la chapelle Saint-Georges du Château de Windsor, par exemple. J’avais atteint deux ou trois marches impossibles à contourner quand je vis surgir une petite dame octogénaire qui, armée d’une énorme et lourde plaque de bois, aménagea pour moi une rampe. Je pus ainsi franchir l’obstacle et poursuivre mon chemin. Dans des cas comme celui-ci, on peut se sentir vraiment coupable.

Les gens sont très serviables

Où que vous alliez, ne soyez pas surpris de recevoir plus d’aide que vous n’auriez espéré. Quand j’ai interpellé mon premier taxi, à Londres (les taxis noirs, qui sont agréés et tous accessibles), mon scooter de 16 kg était chargé de mon bagage, qui pesait plus que lui.

« Un instant, ma belle », me dit la conductrice. Elle examine la rue et croise le regard d’un élégant monsieur, jeune et costaud, qui passe. « Pourriez-vous nous aider? », demande-t-elle en désignant d’un geste mon scooter et son chargement. Il peut.

Il soulève scooter et bagage avec une facilité déconcertante et dépose le tout avec précaution à l’arrière du taxi. J’étais bouche bée. Pourtant, j’aurais dû m’y attendre. Les gens sont prêts à donner un petit ou un gros coup de main, plus souvent qu’on le croit.

Mon TravelScoot n’a que trois roues et j’ai chuté deux fois. À chaque fois, des hommes vigoureux sont apparus, m’ont remise sur pied et s’étaient envolés en un clin d’œil, avant que je puisse les remercier. Ce genre de chose a de quoi vous redonner foi en l’humanité. Un beau cadeau, qui s’ajoute au plaisir de parcourir le monde sur trois roues.

 


Journaliste, auteure et réviseure, ali macgee est en train de bâtir son site Web scoottour.com, qui sera consacré aux voyages pour personnes à mobilité réduite. Elle est cliente de Conseillers T.E.


 

Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de septembre 2018. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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