Où s’en vont les obligations?

Hiver 2013

Les investisseurs semblent particulièrement friands d’obligations ces temps-ci. Selon des données publiées récemment par l’Institut des fonds d’investissement du Canada, les souscriptions nettes des fonds de titres à revenu fixe ont triplé au Canada en 2012. D’une part, on peut comprendre cet appétit insatiable pour les obligations – apeurés par la crise financière et l’intense volatilité des marchés, les investisseurs recherchent des placements moins risqués et les baby-boomers s’apprêtent à prendre leur retraite, période où les placements sont plus axés sur le revenu et la préservation du capital que sur la croissance. D’autre part, la demande massive d’obligations semble irrationnelle, étant donné leurs très faibles rendements à l’heure actuelle (et dans un avenir prévisible). À la recherche de rendement, les investisseurs se sont tournés vers des titres présentant un risque de crédit de plus en plus faible pour tirer des gains supérieurs d’une catégorie d’actif jugée « sûre ». Si bien qu’aux États-Unis, deux importantes sociétés de fonds communs, T. Rowe Price et Vanguard, ont fermé aux nouveaux investissements des fonds composés d’obligations à haut risque parce qu’elles avaient de la difficulté à trouver des placements ayant un profil risque-rendement raisonnable. Certains avancent que les obligations sont en voie de former la prochaine bulle spéculative. Il est plus probable que nous assistions à la fin de la grande période de hausse du marché obligataire entamée en 1981.

La fête est-elle terminée?

Comme l’indique le tableau ci-dessous, les investisseurs ont obtenu des rendements plus élevés que jamais au cours de la période de 30 ans allant de 1980 à 2010, même si l’on tient compte de l’inflation. Par contre, pendant les 30 années précédentes, le marché obligataire a été en baisse et les rendements ont à peine compensé l’inflation. À cette époque, les obligations suscitaient un pessimisme généralisé et les observateurs de Wall Street estimaient que les obligations étaient un « mauvais » placement, selon un article paru dans le New York Times en 1981. Ce prétendu « mauvais » placement a fait une incroyable remontée au cours des trois décennies suivantes. Cependant, le rendement des obligations de 10 ans du Gouvernement du Canada se situant à 1,80 % au 31 décembre 2012 et le taux annuel d’inflation s’établissant à 0,80 % à la fin de novembre 2012, il est difficile de ne pas conclure que la fête tire à sa fin.

Les rendements obligataires au fil des décennies

Source : Tableau Andex 2012 ©  Morningstar

Les obligations demeureront toutefois une composante importante du portefeuille des investisseurs, en raison des flux monétaires qu’elles procurent (même s’ils sont modestes) et du fait qu’elles atténuent l’incidence de la volatilité des actions. On ne s’attend pas à revoir de sitôt des rendements obligataires annuels (après inflation) de 5 % ou plus. Dans le contexte actuel de taux d’intérêt peu élevés, ce qui importe est la façon dont le volet obligations de votre portefeuille est géré afin qu’il puisse jouer ce rôle essentiel dans votre plan d’investissement global.

Gérer l’exposition aux variations de taux d’intérêt

Un des outils qui permettent de gérer efficacement les portefeuilles d’obligations est la « durée » ou « duration », qui signifie la durée de vie résiduelle moyenne pondérée des obligations détenues dans le portefeuille et représente leur sensibilité aux variations de taux d’intérêt. Une faible « durée » indique une sensibilité réduite aux fluctuations des taux d’intérêt. Si les taux augmentent, la dépréciation des obligations sera moins prononcée et la rotation anticipée des titres permettra de profiter de la hausse des taux d’intérêt. Actuellement, la « durée » de l’indice obligataire universel DEX est de sept ans, ce qui équivaut à peu près à la période qu’il faudra à un investisseur pour obtenir le rendement actuel de 2,2 %. Pour illustrer l’évolution possible des rendements au cours de cette période, soulignons qu’une hausse de 1 % des taux d’intérêt entraînerait une baisse de 7 % de la valeur de l’indice. À l’inverse, si les taux baissent de 1 %, la valeur de l’indice augmentera de 7 %. Réduire la « durée » des portefeuilles obligataires est une stratégie que nous employons dans le but de restreindre la sensibilité aux variations futures des taux d’intérêt.

Des moyens raisonnables d’améliorer le rendement

Les gestionnaires disposent d’un autre outil, le rendement. Le degré de risque est toutefois proportionnel au rendement, bien entendu. Dans le contexte actuel où les taux d’intérêt sont bas, tous les investisseurs sont à la recherche de rendements élevés et la demande de titres de créance des marchés émergents et d’obligations à risque élevé n’a jamais été aussi forte. Aux États-Unis, les investisseurs ont placé la somme record de 350 milliards de dollars dans des obligations à haut risque en 2012. En raison de cette forte demande, la prime de risque habituellement associée aux obligations de sociétés des marchés émergents et aux titres à haut risque s’amenuise; les investisseurs se retrouvent ainsi avec des portefeuilles comportant plus de risque et produisant un rendement moins grand. Tout en évitant les obligations à haut risque, nous avons saisi certaines occasions dans le but d’améliorer le rendement et investi dans des obligations de sociétés de qualité offrant une prime appréciable pour compenser le risque accru. À court terme, nous prévoyons une plus forte volatilité des rendements obligataires, mais ces variations à court terme auront peu d’incidence sur le rendement global de votre portefeuille si les obligations sont détenues jusqu’à l’échéance.

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