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Ne vous laissez pas décourager par la baisse du dollar canadien

Stratégies | février 2016

Les difficultés éprouvées par le dollar canadien font la manchette, mais quels en sont les effets directs sur votre situation? Évidemment, si vous possédez une propriété aux États-Unis ou si vous envisagez de voyager dans ce pays, vous devrez composer avec des frais plus élevés. Toutefois, si vous possédez un portefeuille de placement équilibré et bien diversifié, vous traverserez la tempête.

De toute évidence, le dollar canadien atteint actuellement des niveaux inédits depuis le tournant du siècle. En raison de l’effondrement des prix du pétrole et de l’atonie de l’économie canadienne, le huard s’est fortement déprécié par rapport au dollar américain. Notre monnaie, qui se situait à parité ou au-dessus de celui-ci en 2010, a glissé au cours des dernières années, passant sous la barre de 0,70 $ US. Or, le billet vert devrait rester robuste par rapport au huard et à bon nombre d’autres monnaies.

Tous les indicateurs font ressortir un regain de vigueur de l’économie américaine. Par conséquent, le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) a amorcé un processus de « normalisation » des taux d’intérêt en relevant la fourchette cible du taux des fonds fédéraux (entre 0,25 % et 0,50 % en décembre 2015). Pour sa part, la Banque du Canada, dont les mains sont liées en raison de l’économie plus faible que prévu, n’aura fort probablement pas à décréter une hausse de son taux cible du financement à un jour. En fait, il est possible qu’elle doive abaisser ce taux une fois de plus. Bref, le dollar américain restera la monnaie la plus intéressante.

À plus long terme, les analystes s’entendent pour dire que le dollar canadien se situe dans la partie inférieure de sa fourchette de négociation, ce qui signifie qu’il est sous-évalué. Avec le temps, il devrait donc revenir à un niveau plus normal et regagner au moins une partie du terrain perdu. D’ici là, certains secteurs tireront parti de la dépréciation du huard, notamment le tourisme, de même que les sociétés manufacturières qui vendent leurs produits aux États-Unis et dans d’autres pays dont la monnaie est forte. Les entreprises canadiennes qui exercent des activités à l’échelle mondiale devraient aussi être avantagées, car leurs activités en dollars américains, une fois converties en dollars canadiens, rehausseront les bénéfices. En revanche, les titres du secteur de l’énergie tireront de l’arrière, étant donné que le monde entier attend que la demande rattrape l’offre et fasse remonter les prix du pétrole. Puisque les titres des secteurs de l’énergie et des matériaux représentent près du tiers de l’indice composé S&P/TSX, l’indice phare de la Bourse de Toronto, il est peu probable que le marché canadien enregistre une forte hausse dans l’immédiat.

Quelle est l’incidence de cette situation sur votre portefeuille de placements? En votre qualité de client de Conseillers T.E., vous disposez d’un portefeuille équilibré et structuré en fonction de votre tolérance au risque; seule une partie de votre portefeuille est investie dans les actions. En outre, nous atténuons le risque auquel votre portefeuille est exposé en diversifiant vos placements selon les styles de gestion, les secteurs et les pays. Dans ces conditions, si certains de vos placements canadiens enregistrent des rendements décevants, vos placements américains rehausseront vos rendements globaux, en particulier lorsqu’ils auront été convertis en dollars canadiens. Qui plus est, n’oubliez pas que ces gains ou ces pertes sur papier ne sont vraiment réalisés qu’à la vente des titres.

Auriez-vous intérêt à adopter une stratégie de couverture du dollar canadien? Probablement pas. Les analystes montrent que les avantages à long terme de la couverture de change sont bien minces. En outre, une telle stratégie entraîne de nouveaux frais et représente un élément de risque supplémentaire. Qu’arrivera-t-il si les taux de change évoluent dans la direction opposée à celle que vous aviez prévue? « Nous ne recommandons généralement pas à nos clients de recourir à la couverture de change. Cependant, certains de nos gestionnaires décident de couvrir le risque de change, souvent au moyen de méthodes fondées sur des règles qui sont déclenchées lorsque des seuils précis sont atteints », explique June MacKinnon, directrice principale de la recherche chez Conseillers T.E.

Si vous possédez une propriété aux États-Unis, vous pourriez être confronté au principal problème que pose la dépréciation du dollar canadien. Vous devrez payer une prime d’au moins 30 % sur vos frais fixes, comme les frais d’entretien et les taxes. Il est alors utile d’ouvrir un compte d’épargne à intérêts élevés en $ US. Lorsque le huard plonge, vous pouvez retirer des sommes de ce compte sans être pénalisé. Votre conseiller peut passer en revue ces options avec vous.

En ce qui concerne les voyages aux États-Unis, si vous prévoyez faire un long séjour chez nos voisins du Sud, vous pouvez déposer de l’argent dans un compte en $ US en prévision de ce voyage. Vous pouvez aussi visiter des destinations où vous en obtiendrez plus pour vos dollars canadiens. Pour ce faire, consultez l’« indice Big Mac », le guide humoristique de The Economist qui porte sur les fluctuations des devises. Établi selon le principe de la parité du pouvoir d’achat, l’indice calcule le prix moyen d’un Big Mac dans les différents pays où il est vendu. L’écart de prix indique la mesure dans laquelle la monnaie du pays est surévaluée ou sous-évaluée. En date du 6 janvier 2016, le prix moyen d’un Big Mac aux États-Unis était de 4,93 $. Il était de 4,14 $ au Canada, ce qui signifie que le dollar canadien était sous-évalué de 16 %*.

L’indice Big Mac

En Chine, un Big Mac aurait coûté l’équivalent de 2,68 $, laissant entrevoir une sous-évaluation de 45,6 %, alors qu’en Russie, il aurait coûté 1,53 $, ce qui laisse supposer que le rouble serait 69 % sous-évalué par rapport au billet vert. Du point de vue du taux de change, l’Australie (3,74 $ au début de janvier), l’Inde (1,90 $) et l’Afrique du Sud (1,77 $) sont aussi des destinations intéressantes. Ce ne sont là que quelques exemples : il y a d’autres pays où vous en aurez plus pour votre argent. Par contre, mieux vaut éviter la Suisse, la Suède et la Norvège, les trois seuls pays dont la monnaie est surévaluée, selon l’indice.

Établie à Toronto, Tessa Wilmott est une rédactrice, éditorialiste et chercheuse spécialisée dans le secteur des services financiers. 

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