L’impôt à payer sur votre REER et comment y faire face

L’impôt à payer sur votre REER et comment y faire face

Printemps 2011

Longtemps vanté comme l’une des meilleures solutions d’épargne-retraite pour les Canadiens, le REER est aujourd’hui attaqué de toutes parts et ses failles mises en lumière. Suivant votre revenu et votre âge, le REER peut être un instrument d’épargne béni des dieux ou un pacte faustien conclu avec l’Agence du revenu du Canada. Le REER est évidemment tentant parce qu’il vous permet de verser des cotisations déductibles afin de réduire l’impôt à payer tout en profitant de la croissance des placements à l’abri de l’impôt. En revanche, lorsque vous retirez des fonds de votre REER, le montant du retrait est imposé comme s’il s’agissait d’un revenu ordinaire. C’est là où le bât blesse et c’est ce qui porte bien des gens à repenser leur stratégie REER.

Quel est le problème exactement?

Lorsque vous cotisez à un REER, vos cotisations vous donnent droit à une déduction d’impôt. Vos cotisations REER sont ainsi constituées de dollars avant impôts. Or, lorsque vous retirez des fonds de votre REER, le fisc veut reprendre la déduction d’impôt qu’il vous a accordée, sans compter qu’il veut sa part de la croissance réalisée à l’aide de ces fonds. Si votre taux marginal d’imposition à la retraite est inférieur à ce qu’il est lorsque vous versez vos cotisations, vous faites une bonne affaire. Toutefois, si vous pouvez compter sur d’autres sources de revenu à la retraite et si votre taux d’imposition à la retraite est supérieur à ce qu’il était lorsque vous avez versé vos cotisations, l’avantage du REER devient alors un peu moins évident.

Si vous participez à un régime de retraite d’employeur et si vous touchez des prestations des régimes d’État (RPC/RRQ et Sécurité de la vieillesse), vous pouvez attendre le plus longtemps possible avant de retirer des fonds de votre REER. Cela dit, vous devez convertir votre REER en option de revenu de retraite au plus tard le 31 décembre de l’année de votre 71e anniversaire. Si vous convertissez votre REER en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), vous devrez alors effectuer les retraits minimums annuels de votre FERR l’année suivante.

Supposons qu’à 65 ans vous avez 1 000 000 $ dans votre FERR et que cette somme vous procure un rendement annuel moyen de 7 %. Lorsque vous aurez 72 ans, le solde de votre FERR sera de 1 500 731 $ et vous serez tenu d’en retirer au moins 110 754 $, somme qui s’ajoutera à votre revenu. Les pourcentages de retrait minimum augmentent chaque année, jusqu’à ce qu’ils atteignent le maximum de 20 % à l’âge de 94 ans. Même si vous fractionnez votre revenu avec votre conjoint, ce revenu supplémentaire pourrait vous placer dans une tranche d’imposition supérieure, ce qui entraînerait la récupération d’une partie ou de la totalité des prestations de la Sécurité de la vieillesse. En fait, vous pourriez payer plus d’impôt à la retraite que vous le faisiez durant vos années de travail. Heureusement, vous pouvez réduire votre note fiscale de différentes façons afin de conserver une plus grande part de l’argent que épargné.

Restructurez votre portefeuille

Si vous avez des placements REER et des placements non enregistrés, assurez-vous que votre portefeuille est structuré de façon fiscalement avantageuse. Sur le plan fiscal, il est plus avantageux de détenir dans vos comptes non enregistrés les placements qui produisent des gains en capital ou qui versent des dividendes de sociétés canadiennes admissibles. Il est préférable de détenir les placements qui rapportent un intérêt et des revenus de dividendes versés par des sociétés étrangères dans votre REER, où vos revenus pourront croître à l’abri de l’impôt. Lorsque vous retirez vos fonds, vous payez de l’impôt comme si vous aviez détenu ces placements dans un compte non enregistré. Vous ne renoncez donc pas aux avantages fiscaux en réalisant ces revenus dans votre REER et vous pouvez exploiter le potentiel de la capitalisation en franchise d’impôt.

Commencez plutôt à tirer revenu de votre REER

Selon la croyance populaire en matière de revenu de retraite, il vaut mieux utiliser ses fonds non enregistrés comme première source de revenu et attendre le plus longtemps possible avant de tirer un revenu de son REER afin de profiter au maximum de la croissance en franchise d’impôt. Suivant votre situation, cette stratégie n’est peut-être pas la meilleure. Si vous prenez votre retraite avant de pouvoir toucher à vos prestations de retraite et/ou prestations des régimes de l’État vous avez intérêt à utiliser votre REER comme source de revenu si votre taux d’imposition est moins élevé qu’au moment où vous toucherez vos rentes. Vous pourrez peut-être réduire votre facture fiscale en utilisant votre REER ou FERR comme source de revenu après 65 ans, lors du fractionnement de votre revenu avec votre conjoint.

Le CELI : pour épargner à l’abri de l’impôt

Même si vous n’avez pas besoin d’un revenu de votre REER ou de votre FERR, vous pouvez tout de même retirer suffisamment de fonds pour vous permettre de verser la cotisation annuelle maximale à votre compte d’épargne libre d’impôt (CELI). Depuis 2009, les Canadiens admissibles peuvent verser jusqu’à 5 000 $ par année dans un CELI. Les cotisations au CELI ne sont pas déductibles, mais elles croissent en franchise d’impôt, et les sommes retirées ne sont pas imposables. Par exemple, un couple qui retire systématiquement 10 000 $ d’un compte enregistré, qui paient l’impôt dû et qui versent 5 000 $ chacun dans leur CELI accumuleront un capital de 200 000 $ en 20 ans, plus les gains réalisés, et ces fonds peuvent être retirés ou transmis aux bénéficiaires sans impôt.

Protégez votre patrimoine

En règle générale, la valeur du REER ou du FERR doit être incluse dans le revenu du titulaire l’année de son décès, ce qui entraîne une importante ponction fiscale. Toutefois, ces sommes peuvent être transférées en franchise d’impôt à un conjoint survivant ou à un enfant ou un petit-enfant à charge. Cela dit, il ne faut pas perdre de vue qu’une telle opération a également pour effet de transférer l’obligation fiscale à la personne qui reçoit les sommes en question. Afin de protéger votre patrimoine, vous pouvez souscrire une assurance vie sur deux têtes qui permettra de couvrir l’impôt dû au décès de la personne à qui les sommes ont été transférées.

Si vous avez quelque préoccupation que ce soit quant à l’impôt applicable à votre REER ou à votre FERR, n’hésitez pas à en parler à votre conseiller. Il se fera un plaisir d’examiner votre situation de plus près et vous indiquera quelle solution répond le mieux à vos besoins. Tel que l’a indiqué au National Post Warren Baldwin, vice-président régional de T.E. Mirador à Toronto, « il n’y a aucun doute dans mon esprit que le REER vaut son pesant d’or, car il vous permet d’épargner dès aujourd’hui pour vous aider à vous constituer le capital requis pour subvenir à vos besoins futurs. » Il souligne que bien que vous puissiez penser que vous aurez trop d’argent dans votre REER à la retraite, il ne faut jamais oublier que des évènement de la vie peuvent mettre sens dessus dessous vos plans d’avenir.

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