Commentaire d’investissement – Juillet 2015

L’histoire se répète, encore et encore

Le « nombre d’or », reconnu pour s’appliquer à de nombreux cas, semble simplifier ce qui paraissait complexe. Ainsi, les motifs compliqués des toiles d’araignée et la structure en spirale de la Voie lactée sont certes élaborés, mais leur construction semble dictée par un concept commun et simple, un motif qui se répète partout dans la nature. Afin d’obtenir un avantage en matière de placement, certains analystes se tournent vers ces motifs (aussi appelés « séquences de Fibonacci ») pour tenter de prédire l’évolution des marchés. Bien entendu, utiliser le passé comme une boule de cristal contredit la théorie de placement classique. Comme le précisent tous les documents relatifs aux fonds communs de placement, les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Néanmoins, à l’heure où les investisseurs restent obnubilés par les problèmes économiques de la Grèce, un certain nombre de thèmes récurrents et de parallèles historiques se dessinent. Il semble que si l’histoire ne se répète pas, elle en donne parfois l’impression. Au début de l’année, les marchés boursiers poursuivaient leur progression, en grande partie grâce aux efforts des banques centrales. Leur redressement a été interrompu par la réapparition des problèmes de solvabilité de la Grèce au cours du deuxième trimestre. Au terme d’une longue tragédie politique, ce pays a obtenu le financement nécessaire pour éviter le pire (pour l’instant, du moins), en échange de sa promesse d’adopter de nouvelles mesures d’austérité. Cette situation soulève l’incertitude de la plupart des investisseurs face à l’avenir, étant donné que, de l’opinion générale, les dirigeants de la zone euro ne font que remettre à plus tard la résolution des problèmes. Cette situation décrit les événements qui se sont produits depuis le début de 2015, mais elle pourrait tout aussi bien être tirée d’un rapport de conjoncture de 2010 ou de 2012.

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La bonne nouvelle est que nous avons déjà traversé des épreuves semblables. Adoptant une perspective à long terme, Carmen Reinhart, professeure à l’Université Harvard, fait valoir que l’histoire donne de nombreux exemples de pays qui sont parvenus à s’extirper de crises liées à leur dette souveraine. Fait encourageant, des thèmes communs sont observés. Ainsi, exiger plus d’austérité pour combattre la hausse de l’endettement ne fait qu’exacerber le problème (lire Le paradoxe de l’épargne). Ce qu’il faut, c’est une certaine souplesse de la part des créanciers, qui donne l’occasion au pays de tenter de dynamiser la croissance de son économie. La Grèce représente le cas le plus récent : en 2012, l’effacement de 53 % de la dette du pays s’est traduit par un début de reprise économique. Le meilleur exemple passé reste toutefois celui de l’Allemagne, qui s’est littéralement relevée de ses cendres, il y a 60 ans. Ci-dessus, la photographie de gauche montre Hermann Josef Abs, chef de la délégation allemande, en train de signer l’accord de Londres de 1953. En vertu de cet accord, la dette de l’Allemagne à l’égard de ses créanciers étrangers a été réduite de moitié, ce qui a grandement contribué au rétablissement du pays. Dans les années 1990, le Plan Brady a eu des résultats comparables. Après des années de problèmes de solvabilité et de faible croissance économique en Amérique latine, les créanciers ont accepté de réduire, de 36 % en moyenne, la dette des pays de cette région. Ce répit a permis aux États de se concentrer sur la croissance à long terme de leur économie plutôt que de répondre aux exigences à court terme de leurs porteurs d’obligations. Si la solution semble plutôt évidente, le passé montre qu’il faut du temps avant que les créanciers l’adoptent. Ainsi, l’accord de Londres n’est intervenu qu’après une longue période de débâcle en Europe, et le Plan Brady a été précédé, pendant des années, par des demi-mesures. Après plus de cinq ans d’ententes de dernière minute et de sommets d’urgence, les dirigeants de l’Union européenne semblent aujourd’hui adopter cette stratégie. Des signes de progrès commencent toutefois à poindre. À l’exception de la Grèce, la plupart des économies de la zone euro sont sorties de la crise. Les principaux pays enregistrent une croissance modeste de leur économie et, comme ce fut le cas aux États-Unis il y a quelques années, les mesures monétaires de la Banque centrale européenne ont diminué le risque d’une spirale déflationniste. Plus important encore, les banques étrangères et les investisseurs privés ont fortement élagué leurs placements en titres grecs, ce qui donne à penser que le risque de contagion financière a aussi été réduit. Certes, les marchés pourraient connaître un regain de volatilité au cours des prochains mois, mais, selon nous, il est peu probable qu’une nouvelle « tragédie » en zone euro ait une incidence significative sur les rendements à long terme de votre portefeuille. On dit parfois que le meilleur moyen de déterminer quel sera son avenir consiste à le créer. Même s’il est incroyablement difficile de prévoir les manœuvres politiques ou les mouvements à court terme des marchés, chez Conseillers T.E., nous sommes d’avis qu’il existe des stratégies qui vous permettront d’atteindre vos objectifs financiers. Depuis plus de 40 ans, nous assimilons la gestion de placements et la planification financière à un marathon, plutôt qu’à un sprint. Selon nous, les investisseurs qui demeurent fidèles à leur plan à long terme et qui conservent un portefeuille bien diversifié finissent toujours en tête de peloton.

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