Personne agee et son accompagnante

L’évolution des soins aux aînés – comment les soins holistiques à domicile peuvent vous aider

Entretien avec Karen Skoretz, spécialiste des soins à domicile

Dans bien des familles, les tâches et décisions en matière de soins aux aînés incombent aux femmes. La plupart des personnes âgées préfèrent demeurer chez elles le plus longtemps possible et refusent souvent de l’aide extérieure, ce qui peut nuire au bien-être de leurs proches aidants. Aujourd’hui, les soins à domicile centrés sur la personne peuvent apporter un soutien qui était inimaginable il y a seulement quelques dizaines d’années.

Pour en savoir plus sur les progrès réalisés dans le domaine des soins aux aînés, nous avons demandé à Karen Skoretz, copropriétaire de Just Like Family Home Care, à Calgary, de nous parler de la philosophie et des pratiques de sa société de services de soins à domicile.

Mme Skoretz a pratiquement grandi dans le secteur des soins de longue durée. Adolescente, elle a été bénévole dans les hôpitaux, puis, pendant près de 30 ans, elle a occupé divers postes de direction dans plusieurs organismes sans but lucratif du secteur de la santé, notamment à Hospice Calgary et auprès de FPI résidentielles. Elle a été préposée aux soins en milieu communautaire et dans le cadre de programmes provinciaux de soins à domicile gérés par la famille. Grâce à sa connaissance approfondie du système de santé et des différentes options de soutien, elle a aidé des centaines de clients et leurs familles à adopter progressivement de nouvelles habitudes de soins.

LC : La pandémie de COVID-19 a remis en question les normes en matière de santé et de sécurité des personnes dans les établissements de soins de longue durée d’un bout à l’autre du pays, même quand les choses se passaient bien. Comment les aînés qui vivent chez eux ont-ils été affectés?

KS : La pandémie a touché les familles très profondément. À cause de la COVID-19, les aînés qui vivent chez eux ont refusé plus énergiquement qu’à l’habitude d’être soignés à domicile ou de déménager dans un établissement de soin. Comme ils ont peur de sortir, ils prennent moins soin de leur santé (par exemple, ils font moins de promenades ou ils ne vont pas voir leur médecin quand ils en auraient besoin). Cet isolement peut être plus profond chez les aînés de la classe moyenne ou fortunés, parce que la plupart des programmes communautaires s’adressent aux familles à faibles revenus. En dépit de tout cela, il semble que les personnes âgées qui reçoivent des soins à domicile s’en sortent mieux que les résidents de nombreux établissements pour aînés.

Outre une diminution du risque de maladie infectieuse, les aînés qui vivent chez eux sont généralement en meilleure santé et plus en sécurité. À domicile, le suivi est plus étroit que dans de nombreux établissements, parce que les services de soins et de soutien sont prodigués individuellement (comparativement à un ratio de un préposé pour sept bénéficiaires dans une résidence de soins ordinaire). Durant leurs visites quotidiennes, les préposés peuvent remarquer des détails comme le niveau de propreté ou la présence dans le frigo d’aliments périmés qui risquent de rendre les aînés malades.

Ils peuvent aussi remarquer certains problèmes de santé, comme une infection due à une hygiène déficiente ou une déshydratation. Chez les personnes âgées, une infection urinaire peut causer un changement marqué de l’état mental, qui est souvent confondu avec un signe précoce de démence ou de maladie d’Alzheimer, selon l’Institut du vieillissement.

LC : Certains pensent que les aînés qui ont reçu un diagnostic de maladie d’Alzheimer, de démence ou d’autres incapacités devraient automatiquement être placés dans un établissement de soins. Qu’en pensez-vous?

KS : Suivant la gravité de leur état, de nombreuses personnes ayant reçu un tel diagnostic peuvent continuer à vivre de façon autonome chez elles, à condition de recevoir les soins appropriés. Plus de 61 % des Canadiens atteints de la maladie d’Alzheimer vivent encore chez eux. Le plus important est de sensibiliser les membres de la famille aux signes de ces maladies, afin que la personne reçoive les soins requis.

Les comportements de déni sont assez courants chez les couples dans lesquels un seul conjoint est atteint de la maladie d’Alzheimer. De plus, les symptômes peuvent être très discrets. Les membres de la famille doivent être attentifs au moindre changement dans le comportement, le langage ou les habitudes d’hygiène des aînés.

Si quelque chose vous paraît étrange, cela cache généralement quelque chose. Portez attention aux indices, par exemple si votre mère se trompe de chemin alors qu’elle connaît bien cet itinéraire, par exemple pour se rendre au domicile d’un proche ou à l’épicerie. Souvent, les gens attendent qu’une crise survienne – votre mère qui décide d’utiliser le four pour chauffer la maison et qui le brise ou, pis encore, qui cause un incendie, par exemple – pour prendre les mesures qui s’imposent.

Très souvent, les gens sont peu informés sur ces questions. Au lieu d’être attentifs aux comportements étranges ou aux problèmes de santé mentale, les proches ont tendance à s’impatienter et à recourir à la médication pour corriger la situation. Ce faisant, ils risquent de masquer un problème sous-jacent, ce qui ne fera qu’aggraver la situation à long terme.

LC : Quel soutien les sociétés de soins à domicile peuvent-elles apporter aux familles d’aînés ayant une déficience cognitive ou une incapacité?

KS : Pour tisser un lien de confiance, il est essentiel que les soins soient assurés par une même personne. Comme certains fournisseurs font appel à des préposés remplaçants, la personne âgée pourrait voir des inconnus se présenter à sa porte. Vérifiez que le fournisseur vous donne le choix entre avoir un nouveau préposé à l’horaire prévu ou conserver le préposé habituel en déplaçant le rendez-vous.

Si l’entreprise de soins à domicile assure un contact régulier avec la famille pour lui donner des nouvelles d’une personne âgée ayant des besoins importants, surtout si son comportement ou son état de santé a changé, cela peut grandement rassurer les proches sur le bien-être de cette personne. Il peut s’agir de simplement signaler que la personne a pris ses médicaments ou qu’elle est sortie marcher. Choisir une société de soins à domicile avec laquelle le courant passe bien, qui est à l’écoute de vos besoins et traite votre parent comme un membre de la famille peut faire toute la différence.

LC : À quoi faut-il être attentif pour trouver la meilleure société de soins à domicile pour un proche?

KS : Il y a plusieurs points à évaluer lors du choix d’un fournisseur de soins à domicile.

  1. Le style de gestion – Comment l’entreprise est-elle gérée? Les gens sont-ils agréables? Est-ce qu’ils gèrent les problèmes dans un délai raisonnable? Ont-ils une approche froide et clinique ou sont-ils chaleureux et centrés sur la personne?
  2. Expertise – Le personnel de l’entreprise a-t-il les compétences ou l’expérience nécessaires pour répondre aux besoins particuliers de la personne âgée?
  3. Compatibilité de caractère – Les tempéraments respectifs du préposé et du bénéficiaire sont-ils pris en compte? Un extraverti dynamique n’est peut-être pas le meilleur choix pour un bénéficiaire timide ou facilement perturbé.
  4. Sensibilité culturelle – Y a-t-il compatibilité? Les préposés aux soins qui connaissent les traditions ou les valeurs de la personne dont ils s’occuperont peuvent être plus à l’écoute de leurs besoins et les aider à cultiver leurs traditions.
  5. Souplesse – Quel niveau de latitude le fournisseur offre-t-il? Il arrive que l’état de santé et les emplois du temps évoluent rapidement. L’entreprise de soins à domicile exige-t-elle un contrat à durée déterminée, qui doit être payé entièrement avant de pouvoir être résilié?
  6. Frais – Y a-t-il des frais supplémentaires pour certains services? Quels services sont compris dans le contrat de soins?

LC : Comment peut-on faciliter la transition vers l’aide à domicile?

KS : Pour faire accepter l’idée d’une aide extérieure à un proche réticent, vous pouvez procéder graduellement et commencer tôt. Même si ce n’est qu’une fois par mois, laissez-le s’habituer à la présence d’une personne extérieure, qui se chargera de tâches simples comme la lessive. Cela permettra de tisser graduellement un lien de confiance.

L’aide à domicile ne se limite pas aux soins médicaux. Elle peut inclure des services de compagnonnage, de l’aide aux tâches ménagères, des soins personnels et même l’aide d’une personne à tout faire, des services de transport et des soins pour animaux de compagnie. En outre, de par leur formation, les préposés savent ce qu’il faut surveiller (ils ont souvent de l’expérience en soins infirmiers). La mise en place graduelle d’une aide à domicile, bien avant la survenue d’une crise, est le meilleur moyen d’incorporer des soins à mesure que les besoins évolueront et de se prémunir contre les imprévus.

LC : En matière de soins aux aînés, quels aspects ont tendance à prendre de court les familles?

KS : Souvent, les familles agissent de façon réactive plutôt que proactive. Par exemple, si vous prévoyez une chirurgie comme un remplacement de hanche (une opération courante), il vaut mieux organiser un soutien avant l’opération au lieu d’attendre que les besoins se manifestent.

Bien des gens comptent sur les soins à domicile subventionnés par les gouvernementaux provinciaux, mais ils sont généralement très insuffisants. Aujourd’hui, si vous recevez de l’aide pour un bain deux fois par semaine, vous faites partie des chanceux. Les programmes d’aide provinciaux sont centrés sur les tâches et très limités en raison des compressions de coût et de la pénurie de personnel. Il est beaucoup moins stressant d’organiser les soins à l’avance que de prendre ces dispositions durant votre convalescence ou d’alourdir le fardeau d’un proche.

LC : À quels frais faut-il s’attendre en matière de soins aux aînés?

KS : Le système de santé canadien repose sur la gestion des crises (une urgence chirurgicale, par exemple). Nombre de gens sont surpris d’apprendre que le temps d’attente moyen pour un établissement de soins est de deux ans. Au Canada, un studio de 400 pieds carrés pour personne autonome ou semi-autonome coûte 3 000 $ par mois, en moyenne. Les appartements haut de gamme peuvent dépasser 6 500 $ par mois, suivant l’emplacement. À cela s’ajoutent des services comme les repas ou l’administration de médicaments.

Ensuite, il y a l’équipement spécialisé, qui peut coûter plusieurs milliers de dollars, comme les lits médicalisés ou les dispositifs d’aide à la mobilité. Souvent, les gens sous-estiment ou ne planifient pas les frais juridiques liés à l’établissement des dispositions de fin de vie.

LC : Aimeriez-vous ajouter quelque chose en conclusion?

KS : De nos jours, les soins à domicile représentent une solution pratique et sécuritaire pour bon nombre de Canadiens. Si le bénéficiaire n’a pas besoin de soins 24 heures sur 24, ces services sont un moyen efficace et abordable d’aider les proches aidants à redevenir les filles (ou les fils) de leurs parents.

Lucy Conte
Gestionnaire de contenu, CWB Gestion de patrimoine

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