Les taux d’intérêt augmenteront-ils?

Les taux d’intérêt ont commencé à diminuer dans les années 1980 et, sauf quelques poussées exceptionnelles, ils ont poursuivi leur trajectoire descendante pour atteindre des creux historiques après la crise financière. Cette baisse s’est traduite par un long marché haussier pour les obligations et a donné lieu à une période d’expansion économique, de progression des marchés boursiers et d’emprunts sans précédent par les consommateurs et les gouvernements. Les taux sont demeurés à des niveaux qui ne peuvent être qualifiés que d’extrêmement faibles – le comité de l’open market de la Réserve fédérale américaine a maintenu les taux d’intérêt à court terme près de zéro depuis plus de six ans. On pourrait maintenant avoir l’impression que les taux d’intérêt à court terme ont toujours été inférieurs à 4 %, leur moyenne historique à long terme, et plusieurs pourraient difficilement imaginer qu’il en soit autrement. Pourtant, cela est tout à fait possible.

Les taux d’intérêt et le cycle économique

Une augmentation des taux d’intérêt est souvent une réaction nécessaire à d’autres facteurs au sein de l’économie. C’est un outil que la banque centrale peut utiliser pour maintenir l’inflation dans sa fourchette cible. Lorsque les taux d’intérêt sont réduits, on s’attend à ce que la demande augmente, ce qui accroît la croissance économique et, parallèlement, l’emploi et la confiance des consommateurs. L’accélération de la croissance engendre des pressions à la hausse sur les salaires et les prix, ce qui conduit à une inflation. Les taux d’intérêt sont alors relevés pour freiner l’inflation. Le cycle se déroule donc généralement comme suit : ralentissement économique, reprise, expansion, inflation et ralentissement économique, en évitant idéalement la récession et la surchauffe. C’est un équilibre délicat et une myriade de facteurs externes peuvent venir mêler les cartes, comme des événements géopolitiques, des désastres environnementaux, des perturbations politiques et des crises financières.

Les perspectives actuelles des taux d’intérêt

Peu de choses justifient actuellement une hausse des taux d’intérêt au-dessus de leur moyenne à long terme de 4 %. D’abord, il faudrait que les taux augmentent de 25 points de base à tous les deux mois pendant deux ans pour dépasser ce niveau, en supposant l’existence de pressions suffisantes pour poursuivre un tel resserrement soutenu de la politique monétaire. De telles pressions ne sont pas encore apparues.

L’inflation se situe encore bien à l’intérieur des cibles des banques centrales dans le monde développé et la déflation est une menace véritable en Europe. La croissance de l’économie américaine s’accélère et dépasse les 4 % selon les plus récentes données, mais c’est l’exception parmi les économies développées, où le vieillissement de la population et l’endettement record des gouvernements nuiront à l’économie pendant quelque temps.

La Réserve fédérale américaine a signalé son intention d’augmenter ultimement les taux d’intérêt, mais, en raison du retrait graduel de son programme d’assouplissement quantitatif et du récent repli des marchés, on s’attend maintenant à ce qu’elle prenne son temps et attende de voir l’incidence du retrait de ce programme de relance.

Il n’y a toutefois aucune garantie. Des événements imprévus ont fait grimper les taux d’intérêt par le passé et il n’y a aucune raison de croire que cela ne puisse pas se reproduire. Cela dit, en tant qu’investisseur, une hausse des taux d’intérêt devrait-elle vous inquiéter outre mesure?

Un portefeuille diversifié procure une protection

Une récente analyse effectuée par Morningstar* conclut que les portefeuilles diversifiés ont généralement bien fait lorsque les taux d’intérêt ont augmenté par le passé. Morningstar a examiné l’effet des variations des taux d’intérêt entre 1926 et 2013 sur les catégories d’actif de base d’un portefeuille diversifié, à savoir les obligations d’État, les obligations de sociétés, les obligations à rendement élevé, les liquidités et les actions. Elle a catégorisé les variations des taux d’intérêt à court terme administrés par l’État – augmentation rapide (de 0,5 % à 2,5 %), augmentation lente (de 0,1 % à 0,49 %), stagnation (de -0,1 % à 0,09 %), baisse lente (-0,5 % à -0,09 %) et baisse rapide (-3 % à -0,49 %) – et segmenté davantage les résultats selon le niveau des taux d’intérêt au début de chacune des périodes de six mois, pour calculer les rendements moyens des catégories d’actif sur chaque période mobile de six mois.

L’analyse de Morningstar aboutit à certaines conclusions rassurantes. Premièrement, bien que les obligations de sociétés et, surtout, les obligations d’État produisent de piètres rendements lorsque les taux d’intérêt augmentent rapidement, les deux catégories enregistrent des rendements à peine négatifs en moyenne sur les périodes de six mois. Deuxièmement, les pertes à court terme sur les obligations à rendement élevé ne sont généralement pas corrélées avec les variations des taux d’intérêt. Troisièmement, le rendement des liquidités dépend du niveau actuel des taux d’intérêt, mais pas nécessairement de la vitesse et du sens de la variation. Quatrièmement, les rendements des actions affichent une légère corrélation négative par rapport aux variations des taux d’intérêt. De plus, en effectuant aussi cette analyse sur la performance globale d’un portefeuille, Morningstar a constaté que, comme on s’y attendrait, plus la part des obligations dans un portefeuille est élevée, plus le rendement du portefeuille est faible lorsque les taux d’intérêt augmentent. Toutefois, indépendamment de leur répartition prudente (20 % actions/80 % obligations), modérée (60 % actions/40 % obligations) ou audacieuse (80 % actions/20 % obligations), tous les portefeuilles ont produit des rendements positifs dans l’ensemble, peu importe si les taux augmentent ou diminuent.

Bien que la situation actuelle ne justifie pas une hausse imminente des taux d’intérêt, un portefeuille bien diversifié est la meilleure façon de se protéger contre les effets négatifs d’une hausse des taux d’intérêt lorsqu’elle surviendra, si elle survient.

*Pour en savoir plus sur l’analyse de Morningstar, rendez-vous à l’adresse www.nxtbook.com/nxtbooks/morningstar/magazine_20140809/#/52.
Cet article a été fourni par Conseillers en placements T.E. inc.

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