Les reculs causés par la pandémie

La pandémie de COVID-19 a provoqué de nombreux changements, dont une révision des plans de lutte en cas de pandémie, une modernisation du système d’éducation et une refonte du système de soins aux aînés. De toute évidence, ces changements étaient nécessaires, mais d’autres, plus discrets, ont malheureusement anéanti certaines avancées.

Les femmes assument un surcroît de travail non rémunéré, s’occupant des tâches ménagères, des enfants et des parents vieillissants, souvent au détriment de leur carrière, de leur entreprise et de leur plan de retraite. Ces reculs sont regrettables, mais il est possible d’y remédier.

Le fardeau du travail non rémunéré

Selon les données mondiales recueillies par ONU Femmes, la pandémie de COVID-19 pourrait balayer 25 ans de progrès réalisés en matière d’égalité des sexes. Les chiffres n’étaient déjà pas encourageants, car avant la pandémie, on estimait que pour chaque heure de travail non rémunéré effectuée par les hommes dans le monde, les femmes en faisaient trois. Ce chiffre a augmenté depuis le début de la pandémie. Heureusement, le ratio était plus bas au Canada, soit une heure de tâches domestiques pour les hommes, contre une heure et demie pour les femmes. Malgré tout, la plupart des gens considèrent qu’un surcroît de 50 %, c’est beaucoup. L’augmentation de ce chiffre est une conséquence fâcheuse de la pandémie.

Bien entendu, les mères ont plus de mal à s’acquitter de leurs responsabilités professionnelles que les autres femmes parce que les fermetures d’écoles et de garderies ont alourdi le fardeau des tâches domestiques pour les deux parents. Selon une étude de McKinsey et Lean In menée aux États-Unis en 2020, chez les couples où les deux parents ont un emploi, les mères sont 1,5 fois plus susceptibles que les pères de consacrer au moins trois heures par jour aux tâches domestiques comparativement à l’avant-pandémie. Cela représente jusqu’à 15 heures par semaine dans un emploi du temps déjà plein. Nul doute que cela a exacerbé leur épuisement et la crainte de voir leur rendement jugé négativement.

Au Canada, les chiffres révèlent des niveaux de stress similaires, car un tiers des mères canadiennes qui ont un emploi ont songé à démissionner, selon Pollara Strategic Insights. Les augmentations de salaire et les promotions étant suspendues parce que les femmes ont réduit leur présence au travail pour aider leurs enfants avec leurs travaux scolaires, plusieurs estiment que la pandémie nuit à leur carrière.

Des dirigeantes tiraillées

Les femmes qui occupent des postes de direction sont elles aussi confrontées à des pressions grandissantes. Plus de la moitié (54 %) des femmes dirigeantes se disent constamment épuisées et 47 % ont l’impression de devoir être toujours disponibles, ce qui explique pourquoi, selon l’étude, une femme sur quatre envisage de rétrograder sa carrière ou de quitter le marché du travail à cause de la pandémie.

En raison de l’écart salarial entre les sexes, la pandémie a contraint de nombreuses Canadiennes en âge de procréer à quitter leur emploi pour s’occuper de leur famille afin que leur conjoint, au revenu plus élevé, puisse conserver son emploi. Un rapport des Services économiques RBC montre qu’entre février et octobre 2020, 20 600 femmes ont quitté la population active au Canada alors que près de 68 000 hommes l’ont intégrée. La participation des femmes au marché du travail est passée d’un sommet historique à un plancher qui n’avait pas été observé depuis plus de 30 ans.

Difficultés des propriétaires d’entreprises

Les femmes propriétaires d’entreprise connaissent des pressions similaires. Selon une étude menée par FreshBooks, la reprise post-pandémie est presque deux fois plus longue pour les entreprises détenues par des femmes comparativement aux entreprises dont les propriétaires sont des hommes. Cela est notamment dû au fait que les entreprises détenues par des femmes sont généralement plus récentes et plus petites. De plus, il a été constaté que les entrepreneures sont moins susceptibles que leurs homologues masculins de profiter de la subvention salariale du gouvernement fédéral.

Révision des plans de retraite

Comme les femmes rétrogradent leur carrière, quittent leur emploi ou peinent à maintenir leur entreprise à flot, on ne sera pas surpris d’apprendre que de grands changements se préparent au chapitre de la retraite. Une étude de la Banque CIBC montre en effet que l’inquiétude gagne aussi bien les hommes que les femmes, puisque 40 % des répondants s’inquiètent des répercussions de la COVID-19 sur leurs régimes d’épargne et de retraite et 23 % des répondants n’ont pas été en mesure de cotiser à leur épargne-retraite depuis le début de la pandémie. Cette étude révèle également que 30 % des Canadiens estiment qu’ils devront travailler plus longtemps à cause de la pandémie et que 32 % des répondants n’ont plus l’intention de voyager ou voyageront moins que prévu.

En raison de plusieurs facteurs préexistants, le retard des femmes en matière de retraite se creusera par rapport aux hommes à cause de la pandémie. Tout d’abord, comme leur espérance de vie est plus longue, les femmes ont besoin d’un capital retraite plus substantiel. Selon l’étude de la CIBC, les hommes sont plus nombreux (68 %) à affirmer se sentir en confiance pour la gestion de leurs placements à la retraite, comparativement aux femmes (57 %). Ces dernières, qui ont des besoins plus importants et un patrimoine plus modeste, se disent moins confiantes.

La lumière au bout du tunnel

La campagne de vaccination ayant démarré d’un bout à l’autre du pays, un retour à une certaine normalité se dessine à l’horizon. Ce nouveau contexte créera des occasions de restaurer l’égalité entre les sexes et, peut-être, de relever encore la barre.

Pour les femmes qui envisagent de quitter leur emploi, c’est peut-être le moment idéal pour une réorientation de carrière. Pourquoi ne pas examiner vos options avec un mentor? L’Ivey Academy offre des conseils pour en choisir un.

Si vous êtes propriétaire d’entreprise, je vous invite à adhérer à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui peut répondre à vos questions liées à la pandémie et vous informer sur l’aide gouvernementale destinée aux entreprises. Que vous fassiez appel à ce groupe ou à un autre réseau, le soutien d’autres professionnels peut non seulement vous aider à reprendre pied, mais aussi à mieux positionner votre entreprise afin d’être en mesure de surmonter les futures périodes de turbulences.

Enfin, si la pandémie a mis à mal la planification de votre retraite, communiquez avec un conseiller financier pour examiner les changements à apporter à votre portefeuille ou à votre plan financier pour compenser toute perte de revenus. Certains sites Web contiennent de l’information destinée aux femmes, dont le site Financial Planning for Canadians (en anglais seulement).

De nombreuses ressources sont à la disposition des femmes pour les aider à reprendre en main leurs finances et leurs projets professionnels, et à faire valoir leur formidable contribution au sein de la population active. Alors, Mesdames, rassemblez vos forces et, comme le dirait Nora Ephron, « Par-dessus tout, soyez l’héroïne de votre vie, pas la victime ».

Terri Carson est stratège marketing et numérique. Elle se passionne pour la vie en ligne. Consultez son profil LinkedIn.

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