Les quatre saisons de la retraite

Les quatre saisons de la retraite

Hiver 2012

La retraite, qui pourrait durer un tiers de votre vie, n’est plus une longue période homogène; elle est aujourd’hui composée de phases successives auxquelles il faut vous préparer. Dans cet article, premier d’une série de quatre, nous examinons le printemps de la retraite, période où l’on prépare le terrain et sème les graines d’une retraite confortable.

En une génération à peine, la notion de retraite s’est transformée radicalement. Ce n’est que dans les années 1950 que l’espérance de vie des Canadiens à la naissance a dépassé 65 ans et que la retraite est devenue une véritable possibilité pour bien des gens. Selon les dernières données publiées par Statistique Canada, un garçon né en 2008 vivra, en moyenne, 79 ans tandis qu’une fille née la même année atteindra probablement l’âge de 83 ans. De plus, les personnes qui fêteront leur 65e anniversaire de naissance vivront en moyenne 20 années de plus et pourraient très bien vivre encore plus longtemps. Voilà pourquoi nous ne voyons plus la retraite comme une brève période de repos à la fin de la vie active, mais plutôt comme une période composée de quatre phases successives dont la durée respective dépend de votre âge, de votre état de santé et de votre situation financière. Comme les quatre saisons, chacune de ces phases a des caractéristiques, des activités et des difficultés qui lui sont propres.

Vers le mois de février, les adeptes du jardinage commencent à consulter les catalogues de semis et les guides de plantation afin de reconfigurer leur jardin pour l’année à venir. Ils choisissent les éléments à conserver et ceux à remplacer, étudient les ajouts possibles et commandent leurs semis. À mesure que le temps se réchauffe, ils peaufinent leur plan, taillent les arbustes, font les plantations, fertilisent les sols et étendent du paillis afin de pouvoir se détendre et profiter de leur jardin une fois l’été arrivé. Comme pour le jardinage, le printemps de la retraite est la période où se font les gros travaux de planification. La période de votre vie où votre rémunération est la plus élevée, vers l’âge de 40, 50 ou 60 ans, ou parfois plus tôt, devrait aussi être la période où vous vous préparez à la retraite, tant financièrement que moralement.

Votre vision de la retraite

Vous devez vous poser un certain nombre de questions importantes sur le plan moral qui auront aussi une incidence sur l’aspect financier de votre planification. Avez-vous l’intention de laisser un héritage considérable ou prévoyez-vous épuiser tout votre capital avant votre décès? Le montant que vous devrez épargner dépendra grandement de la réponse à cette question. Quel sera votre style de vie à la retraite? Que ferez-vous? Votre style de vie, vos activités, vos passe-temps et vos voyages auront un effet direct sur le revenu dont vous aurez besoin. Continuerez-vous de vivre là où vous êtes ou aimeriez-vous vivre ailleurs? En optant pour une habitation plus modeste, vous pourriez obtenir des fonds qui vous permettront d’augmenter votre revenu à la retraite. Passerez-vous beaucoup de temps à l’extérieur du Canada? Votre lieu de résidence pourrait avoir des conséquences importantes sur votre situation fiscale et sur votre admissibilité à certains régimes d’État comme l’assurance-maladie. Vous et votre conjoint entrevoyez-vous la retraite de la même manière? Vous devriez concilier vos différences de vues maintenant afin que votre plan financier concorde avec votre plan de retraite.

Accélération de l’épargne            

Sur le plan financier, vous devez déterminer le montant prévu de vos frais de subsistance, le revenu dont vous aurez besoin à la retraite et la source de ce revenu. À cette étape, vous devriez accorder la priorité au remboursement de votre prêt hypothécaire et de vos autres dettes, et maximiser vos REER en versant les cotisations maximales et en tirant pleinement profit de vos droits de cotisation inutilisés. Les liquidités supplémentaires dont vous disposerez une fois les enfants partis ou les dettes remboursées pourront être épargnées en vue de la retraite, au moyen par exemple d’un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ou d’un autre instrument de placement non enregistré. N’oubliez pas de réévaluer vos besoins en matière d’assurance. Ils auront peut-être diminué si vous n’avez plus de dettes, ou augmenté si vous souhaitez laisser un héritage.

Répartition propice à la croissance

La plupart des gens ne pourront pas obtenir le revenu de retraite visé sans investir leur épargne dans des placements axés sur la croissance. Il faudrait à tout le moins que vos placements fructifient à un taux au moins égal au taux d’inflation à long terme, soit 3 % selon les estimations les plus raisonnables. Cependant, si vous pouvez tolérer un portefeuille équilibré bien diversifié, vous pouvez espérer obtenir un rendement à long terme de l’ordre de 7 %. Malgré les résultats en dents de scie des dernières années, les portefeuilles équilibrés composés à 60 % d’actions et à 40 % de titres à revenu fixe ont produit un rendement annuel moyen de 8,4 % pendant la période de 20 ans terminée le 30 juin 2011. Ce qui compte le plus est que la composition de votre portefeuille soit conforme au degré de risque que vous êtes disposé à prendre. Si vous participez au régime de retraite de votre employeur, vous serez peut-être plus enclin à investir votre épargne de manière audacieuse. Par contre, vous voudrez peut-être l’investir prudemment si vous n’avez pas de régime de retraite et si vos économies sont votre seule source de revenu pour la retraite. Quelle que soit votre situation, ne laissez pas les soubresauts du marché vous décourager et vous empêcher d’investir. Si vous avez une stratégie de placement à long terme adaptée à vos objectifs, elle est conçue pour tenir compte des baisses temporaires que subissent par moments les marchés.

Mise au point annuelle de votre plan

Ce n’est pas le moment de mettre votre épargne « sur le pilote automatique ». Comme la retraite approche, vous devez faire la mise au point de votre plan au moins une fois par année. Si vous avez un excédent de liquidités, évitez d’augmenter votre train de vie en faisant des dépenses que vous ne pourrez pas maintenir à la retraite. Certaines dépenses exceptionnelles, comme le mariage d’un de vos enfants ou la naissance d’un petit-enfant, pourraient avoir une incidence sur votre plan de retraite à court terme. Si vous souhaitez aider vos enfants à entreprendre leur vie adulte en leur faisant un don en argent, vous devrez mesurer les conséquences de cette décision sur votre plan. En outre, il se peut que vous deviez fournir de l’aide ou un soutien financier à vos parents âgés. D’autres événements pourraient aussi nécessiter une révision de votre plan, par exemple le décès de votre conjoint, un divorce, une maladie ou la perte de votre emploi.

Grâce à une planification réfléchie, un suivi attentif et une vigilance constante pendant le printemps de la retraite, vous pourrez envisager l’avenir avec sérénité, tout comme le jardinier qui est impatient de voir les jeunes bourgeons du printemps se transformer en fleurs éclatantes à l’été.

 

 

 

 

 

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