Portrait de Lieh Wang

Les paramètres fondamentaux sont à surveiller

Les marchés boursiers sont revenus en force la semaine dernière en dépit d’un nouveau décrochage de vendredi, qui s’est accéléré une trentaine de minutes avant la fin de la séance, les investisseurs ayant peut-être été réticents à détenir des positions acheteur durant la fin de semaine. Malgré la faiblesse des titres vendredi, l’indice S&P 500 a gagné 18 % sur la semaine et enregistré son meilleur rendement sur trois jours depuis 1933. Les deux autres périodes de trois jours où le rendement a été plus élevé sont survenues pendant la Grande Dépression.

Source: Bloomberg

Ces jours-ci, nombreux sont ceux qui évoquent la Dépression et la crise financière de 2008 pour tenter de décrire le contexte actuel des marchés et de prévoir leur trajectoire future. En fait, la majorité des analystes s’entendent déjà pour dire que la reprise boursière de la semaine dernière s’est produite dans un marché baissier, qu’elle perdra de sa force et que les actions descendront sous leurs récents creux, comme ce fut le cas en 2008. Comme l’illustre le graphique ci-dessous, l’indice S&P 500 a fait un bond d’au moins 9 % à six reprises entre septembre et décembre 2008, certaines reprises ayant atteint 19 % et duré entre un et six jours. Et, comme la semaine dernière, la plupart des rebonds en 2008 étaient soutenus par l’optimisme suscité par les mesures de relance monétaires et budgétaires.

Au lieu d’émettre des hypothèses sur la trajectoire du présent marché baissier et sur ses similitudes avec celles des marchés baissiers précédents, il serait plus utile de tenter de glaner des renseignements sur les fluctuations des marchés de la semaine dernière. Certes, il semble que le rééquilibrage des caisses de retraite en fin de trimestre ait contribué dans une certaine mesure à la demande d’actions. Si l’on exprime ce rééquilibrage en chiffres, la sous-performance relative des actions par rapport aux obligations depuis le début du mois jusqu’à la clôture des places boursières lundi s’est révélée la plus importante des 25 dernières années. Morgan Stanley prévoit que les caisses de retraite auront besoin d’acheter de 100 G$ à 110 G$ d’actions mondiales pour ramener les actions à leurs pondérations cibles d’ici la fin du mois de mars.

Il convient aussi de souligner que l’indice S&P 500 a progressé de 6,24 % jeudi dernier lorsqu’on a annoncé qu’un nombre record de 3,28 millions d’Américains (plus de 2 % de la population active occupée) avaient demandé des prestations d’assurance-chômage durant la semaine, ce qui dépasse la prévision consensuelle de 1,7 million d’Américains. Compte tenu de la vigueur de cette remontée, il est probable que les investisseurs s’attendaient à ce que ce nombre soit plus élevé, peut-être de l’ordre de 5 à 7 millions. Ces chiffres pourraient toutefois augmenter dans les prochaines semaines, car il semble que les sites Web et les lignes téléphoniques des États ont eu du mal à faire face au volume de demandeurs. On peut donc penser que le chiffre de jeudi dernier sous-estime le nombre réel de personnes ayant perdu leur emploi.

En ce qui concerne la volatilité, le niveau de l’indice VIX sur le marché au comptant s’est stabilisé entre 60 et 69, après avoir atteint un sommet inédit de 82,7 il y a deux semaines. Bien que cette fourchette soit pourtant très élevée, la courbe de l’indice VIX du marché à terme confirme le retour d’une certaine accalmie alors que la volatilité à court terme a diminué, signe que les liquidations forcées et la période la plus intense de décrochage sont sans doute derrière nous.

Source: vixcentral.com

Les marchés du crédit ont montré des signes d’amélioration la semaine dernière, stimulés par la forte demande de nouvelles obligations de sociétés de qualité investissement émises par McDonald’s, Mastercard et Comcast. De fait, ces entreprises ont pu émettre ces titres à des taux beaucoup plus bas que ceux des offres initiales. De plus, les FNB d’obligations, comme le fonds iShares iBoxx Investment Grade Corporate Bond ETF (LQD), ont bénéficié d’importants afflux de capitaux la semaine dernière et se sont négociés à leur cours le plus élevé par rapport à leur valeur liquidative, ce qui contraste avec la semaine précédente alors qu’ils se négociaient à leur cours le plus bas. Ce phénomène tient probablement en partie au fait que les investisseurs ont anticipé la réaction de la Réserve fédérale américaine, qui a annoncé la semaine dernière qu’elle achèterait des parts de FNB d’obligations de sociétés de qualité investissement dans le but de soutenir la liquidité.

L’adoption rapide d’un train de mesures budgétaires et monétaires musclées est tout aussi impressionnante que la rapidité et l’ampleur du déclin de l’activité économique et des cours boursiers. Cette intervention est nécessaire pour réduire les risques extrêmes, même si on ne sait pas encore si elle sera suffisante pour prévenir une profonde récession.

Il n’est sans doute pas étonnant que les marchés boursiers se soient redressés fortement la semaine dernière, étant donné les nombreux facteurs potentiels, notamment le rééquilibrage des caisses de retraite, la couverture des positions à découvert, la confiance dans la volonté des autorités monétaires et budgétaires de mettre tous les moyens en oeuvre, et l’anticipation d’un ralentissement de la propagation de la COVID-19 par les investisseurs. Dans un proche avenir, les investisseurs feront face à la publication d’une avalanche de résultats financiers pour le premier trimestre par des entreprises frappées de plein fouet par la pandémie de COVID-19.

Les bonnes nouvelles concernant les mesures monétaires et budgétaires étant maintenant derrière nous, les investisseurs tourneront leur attention vers les paramètres fondamentaux des entreprises et les statistiques économiques pour débattre de la trajectoire future des cours boursiers. Pour les investisseurs fondamentaux à long terme comme nous, ce changement sera le bienvenu, car les titres se négocient en ce moment selon leurs facteurs techniques et sont tirés vers le bas par la crainte et l’incertitude.

Lieh Wang, Chef des placements
Conseillers T.E., une société membre de iA Conseil en placement inc.

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