Les limites du robot-conseiller

Les investisseurs ont-ils encore besoin des conseillers traditionnels? Depuis quelques années, la gestion de portefeuille automatisée en ligne gagne en popularité auprès des investisseurs fortunés. Au début, les utilisateurs devaient répondre à des questions sur leur tolérance au risque, puis, en fonction des réponses, le robot-conseiller leur proposait des solutions de placement adéquates. Aujourd’hui, les services dépassent la simple gestion de portefeuille et donnent accès à un conseiller qualifié, au besoin. Cette évolution semble indiquer que le conseiller en placements traditionnel a toujours sa place dans le processus de gestion de portefeuille.

L’ascension des machines

Les robots-conseillers sont de plus en plus prisés des investisseurs fortunés autonomes, qui n’ont pas toujours le temps ou l’envie d’approfondir leurs connaissances et qui souhaitent déléguer cette tâche. Ils sont également utilisés par les investisseurs qui ont déjà un conseiller, mais qui cherchent, par exemple, à répartir leur portefeuille entre plusieurs institutions. En fait, certains conseillers encouragent leurs clients à confier une partie de leur portefeuille à un robot-conseiller.

On pourrait croire que la popularité grandissante du robot-conseiller est attribuable aux membres de la génération Y, férus de technologies. Il n’en est rien. Les robots-conseillers sont utilisés par des investisseurs de tous les groupes d’âge. Selon une étude récente, 64 % des investisseurs de plus de 61 ans qui recherchent des conseils en placement pour la première fois se tournent vers un robot-conseiller.

 

64 % des investisseurs de plus de 61 ans qui recherchent des conseils en placement pour la première fois se tournent vers un robot-conseiller

 

Les promoteurs de ces services soutiennent que les investisseurs n’ont besoin que d’une intervention humaine minimale. Ils font valoir que les robots-conseillers peuvent mieux gérer les besoins de placement et produire des rendements comparables à ceux d’un indice de référence pour un coût inférieur à celui des fonds communs de placement proposés par les banques. Le robot-conseiller utilise généralement des produits de placement à gestion passive, comme les fonds négociés en Bourse (FNB) ou les fonds communs de placement indiciels. Certains robots-conseillers combinent des FNB et des caisses communes (des fonds communs de placement conçus pour les investisseurs à valeur nette élevée). Mais est-ce vraiment aussi simple?

Quand le vent tourne

Les robots-conseillers peuvent gérer efficacement le portefeuille d’un client, surtout en période de faible volatilité et pour un horizon à long terme. Mais que se passe-t-il quand la volatilité des marchés s’intensifie? Il serait intéressant d’observer la réaction des utilisateurs en cas d’effondrement des marchés, comme en 2008/2009, lorsque les actions ont perdu plus de 30 % de leur valeur. Les robots-conseillers parviendraient-ils à convaincre leurs clients de ne pas céder à la panique et de conserver leurs placements boursiers? Gérer le comportement et les émotions des investisseurs fait partie intégrante des services offerts par un conseiller. De nombreuses études l’ont montré, un investisseur qui effectue des opérations fréquentes obtient un moins bon rendement qu’un investisseur qui conserve ses placements sur de longues périodes.

D’un point de vue technique, on peut s’interroger sur la pertinence future des algorithmes utilisés par les robots-conseillers. Dans quelques années, pourrons-nous compter sur les hypothèses qui sont valides aujourd’hui? Ou bien les portefeuilles sont-ils rajustés en fonction des réalités actuelles en matière d’inflation et de croissance, sans oublier la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt?

Derrière l’arbre, la forêt

Des solutions comme WealthBar, Portefeuille futé BMO et Questrade Portfolio IQ proposent des applications mobiles permettant de faire un suivi de ses placements, même si on n’utilise pas leurs services consultatifs. Toutefois, les questionnaires de tolérance au risque, sur lesquels repose le processus de cueillette de données du robot-conseiller, peuvent-ils remplacer efficacement les rencontres individuelles?

Les renseignements de base comme l’âge, les objectifs et la tolérance au risque ne permettent pas toujours de saisir toute la complexité des besoins et des objectifs financiers d’un investisseur. Ils ne tiennent pas non plus compte du fonctionnement du portefeuille de placements au sein de la situation financière globale du client. Le placement n’est qu’un aspect parmi d’autres. Il est important d’avoir une vue d’ensemble, d’établir un plan financier complet qui répond à de nombreux besoins, au-delà des placements.

 

La planification financière ne se limite pas à quelques conversations téléphoniques avec un conseiller.

 

Le robot-conseiller de Wealthsimple, très populaire, a pris acte de cette demande et, en complément de ses services de placement en ligne, il offre des services de planification financière en donnant accès à un conseiller. Toutefois, la planification financière ne se limite pas à quelques conversations téléphoniques avec un conseiller. C’est un processus qui tient compte de la situation financière individuelle ou familiale du client et qui dépasse les placements.

Le conseiller en placements traditionnel a toujours sa place dans le processus de gestion de portefeuille.

En travaillant avec son client, le conseiller traditionnel établit un plan personnalisé, qui évoluera en fonction des besoins du client, par exemple en conciliant plusieurs objectifs d’épargne, en créant un plan successoral efficace et en adoptant des stratégies de réduction de l’impôt.

Par exemple, imaginons que vos revenus soient plus élevés que d’habitude – parce que vous avez vendu un bien immobilier ou que vous avez reçu une indemnité de départ – et que vous passez ainsi dans la tranche d’imposition supérieure. Un conseiller traditionnel, qui connaît votre situation, peut vous proposer des stratégies de réduction de l’impôt adaptées, alors que le robot-conseiller n’offrira pas de services de planification. Il continuera de générer des gains en capital et de faire un rééquilibrage systématique de vos comptes, générant ainsi un revenu supplémentaire.

 

Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de février 2017. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

 

 

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