Les emplois, toujours les emplois!

Les données sur l’emploi ont surpris au deuxième trimestre. Elles ont en effet été meilleures que prévu aux États-Unis et 
décevantes au Canada. L’économie américaine demeure sur une trajectoire de croissance plus forte et les retombées pour le Canada seront importantes.

Une nouvelle phase de croissance plus forte s’est amorcée aux États-Unis et elle pourrait être durable. La reprise, qui a atteint son cinquième anniversaire à la fin de juin, n’est enfin plus touchée par les contrecoups de la crise financière. De nombreuses données économiques fondamentales indiquent une amélioration de l’économie américaine. Le processus de désendettement est terminé et la réduction de l’endettement n’est plus la priorité. Les bilans ont été assainis et le robinet du crédit est rouvert. Les conditions d’octroi des prêts hypothécaires ont été assouplies et le volume des émissions de titres de créance de sociétés sur le marché primaire est élevé. Les écarts de taux des obligations de sociétés sont redescendus à leurs niveaux d’avant la crise, et les prêts commerciaux et industriels s’accélèrent. Enfin, les sociétés américaines ont retrouvé leur esprit d’entreprise.

La croissance du PIB des États-Unis s’accélère

La croissance annualisée du PIB américain a presque atteint 3 % au deuxième trimestre et devrait se situer près de 4 % pour le reste de l’année 2014 et en 2015. De plus, les indicateurs économiques américains sont conformes aux attentes – les ventes de véhicules, les dépenses d’investissement des entreprises et les ventes de logements en cours sont en hausse, les directeurs d’achats sont confiants, le secteur manufacturier est optimiste et le secteur des services montre des signes de nette amélioration. L’indice de l’activité commerciale dans les secteurs autres que le secteur manufacturier est resté près de son sommet des trois dernières années en juin, ce qui constitue un autre signe d’accélération de la croissance. Les dépenses de consommation et la construction résidentielle devraient fortement contribuer à la croissance de l’économie américaine. La faiblesse et la stabilité persistantes des taux d’intérêt favoriseront le redressement des secteurs de la consommation et de l’habitation. Ces deux secteurs profiteront également du raffermissement du marché de l’emploi.

La création d’emplois aux États-Unis est robuste

La hausse du nombre d’emplois au deuxième trimestre, qui s’est établie en moyenne à 
272 000 par mois, a été la plus forte depuis le début de la reprise du marché de l’emploi, tôt en 2010. La création d’emploi en juin, qui a atteint 288 000, a été supérieure aux attentes et largement répartie entre les divers secteurs d’activité. De plus, les catégories d’emploi mieux rémunérées, notamment dans les secteurs des services aux entreprises, des services professionnels, de l’éducation et de la santé, représentent une proportion de plus en plus grande des nouveaux emplois. Malgré la forte croissance du nombre d’emplois, de nombreuses personnes sont encore inactives, le sous-emploi est persistant et le chômage à long terme est nettement plus élevé que la normale. Les États-Unis ne devraient pas revenir à une situation de plein emploi (un taux de chômage de 5,5 % et un niveau de chômage à long terme acceptable) avant 2017.

Les taux d’intérêt devraient demeurer faibles

Comme l’on prévoit encore trois autres années de sous-emploi, il faudra peut-être attendre longtemps avant que la Réserve fédérale américaine commence à relever son taux directeur à court terme, qui se situe actuellement à zéro. C’est certainement ce qu’anticipent les marchés obligataires. La récente baisse des taux des obligations aux États-Unis et au Canada serait notamment attribuable au fait que les participants aux marchés s’attendent davantage à ce que les taux d’intérêt demeurent faibles durant une période prolongée.

Les effets favorables sur le Canada prendront du temps

L’économie canadienne ne devrait pas connaître une accélération semblable à celle de l’économie américaine avant 2016. Au Canada, les exportations chutent, la confiance des entrepreneurs est plus faible qu’aux États-Unis, les dépenses d’investissement des entreprises sont plus prudentes et il existe des disparités dans les conditions économiques entre l’est et l’ouest du pays. De plus, le dollar canadien nous paraît toujours surévalué, à 93 cents américains. Par contraste avec les États-Unis, le nombre total d’emplois a diminué au Canada entre mars et juin, selon les données désaisonnalisées.

Quels sont les risques?

Le plus gros nuage à l’horizon est la crainte grandissante que le système financier chinois connaisse de graves problèmes. La solvabilité des sociétés privées, des entreprises d’État et des gouvernements locaux a diminué, mais c’est le système bancaire parallèle colossal et peu réglementé de la Chine qui est la véritable source d’inquiétude. La plus grande partie de l’énorme boom du crédit en Chine a été financée par des sociétés de financement et des fiducies de placement non bancaires. Un bon nombre de ces entités détenaient dans leur bilan des prêts risqués à intérêt élevé qu’elles ont restructurés et vendus à des investisseurs en tant que produits de gestion de patrimoine – des produits qui sont de plus en plus susceptibles d’être en situation de défaillance.

Cet article a été fourni par Conseillers en placements T.E. inc.

En bref

Croissance économique

La croissance du PIB a ralenti en avril (0,1 %), mais la croissance sur 12 mois est demeurée à 2,1%, comme en mars.

Inflation

Au Canada, l’inflation a atteint un taux annualisé de 2,3 % en mai dernier, son plus haut niveau en deux ans.

Taux d’intérêt

Considérant que l’accélération de l’inflation a été causée par des facteurs temporaires, la Banque du Canada n’a pas changé son taux du financement à un jour.

Dollar canadien

La hausse des prix du pétrole et du gaz a dopé le dollar canadien, qui s’est apprécié de 3,54 % face au dollar américain durant le trimestre.

Emploi

Le taux de chômage au Canada a bondi à 7,1 %, l’économie canadienne ayant essuyé une perte de 9 400 emplois en juin.

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