Les choses ont changé

Automne 2012

Partout dans le monde, on commence à comprendre que les effets de la crise financière se feront sentir pendant encore de longues années. Des études menées dans plusieurs pays révèlent que les reprises qui suivent les crises financières sont très différentes de celles qui surviennent au cours des cycles économiques ordinaires. Il suffit en effet d’un simple regard sur le passé pour constater que l’activité économique tourne toujours au ralenti pendant plusieurs années après une récession provoquée par une crise financière. Les États-Unis sont pratiquement sortis du bois, mais la crise qui secoue l’Europe risque de peser lourdement sur la reprise de l’économie mondiale, déjà plutôt anémique.

Des obstacles à la croissance

Malgré les mesures exceptionnelles prises par Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, pour assurer la réussite de la politique monétaire européenne, la récession qui frappe le Vieux Continent risque de durer. Bien que la Banque centrale européenne puisse réduire le risque d’un scénario catastrophique pour l’Europe, elle ne peut à elle seule garantir le retour à la croissance. Cette responsabilité revient en effet à l’État et les rajustements structurels apportés pourraient ne porter fruit que dans plusieurs années. L’Europe ne reviendra probablement pas à la normale dans un avenir rapproché, ce qui veut dire que l’économie mondiale et les prix des produits de base pourraient demeurer inférieurs à leurs niveaux habituels pendant un certain temps. Une telle situation aura de graves conséquences sur les économies fondées sur les ressources naturelles, comme celle du Canada, de même que sur le budget de bon nombre de pays. Au Canada, les restrictions et compressions de toutes sortes sont au cœur des budgets fédéral et provinciaux, et si le marché de l’emploi ne s’en ressent pas encore, cela ne saurait tarder.

Un contexte favorable aux actions

Le marché boursier américain a dépassé les attentes générales. Bien que la production et l’emploi aient été malmenés aux États-Unis, les bénéfices des sociétés ont grandement profité de la reprise économique. La faiblesse des taux d’intérêt à long terme, et la conviction répandue qu’ils demeureront bas, se traduit par l’application de faibles taux d’actualisation sur les bénéfices futurs et les flux de dividendes. Nous devrions donc assister en théorie à une hausse de la juste valeur des actions.

Une croissance atone aux États-Unis

Menacés par la récession qui frappe l’Europe et le précipice budgétaire (« fiscal cliff ») de 2013, les États-Unis doivent composer avec une reprise assortie d’une croissance sans grand entrain. Sur les marchés financiers, on semble s’attendre à ce que les États-Unis réussissent à éviter le précipice budgétaire à la toute dernière minute grâce au maintien des compressions et à la prolongation des allègements fiscaux. En raison de l’incertitude politique qui règne, les sociétés américaines sont préoccupées par les risques liées aux changements de politiques et reportent ainsi leurs projets d’expansion. Compte tenu de l’amélioration négligeable de la conjoncture économique et de la persistance du chômage, la Réserve fédérale américaine a annoncé une troisième ronde d’assouplissement quantitatif le 13 septembre dernier.

Quelques signes encourageants

La poursuite des rachats d’obligations par la Réserve fédérale vise à maintenir la pression 
à la baisse sur les taux à long terme, qui sont déjà à des planchers historiques. La Fed a fait part de son intention de laisser les taux bas 
« pendant une période considérable après le renforcement de la reprise économique », tout en promettant de maintenir ses taux d’intérêt à court terme à un niveau « exceptionnellement bas » jusqu’à la mi-2015, au moins. Les bas taux hypothécaires contribuent au redressement du marché américain de l’habitation, alors que les mises en chantier sont en hausse et que le prix des maisons a enfin augmenté par rapport au mois précédent. La faiblesse historique des taux hypothécaires a également entraîné une vague de refinancements hypothécaires, ce qui contribue à renforcer la situation financière des ménages américains. L’amélioration du marché de l’habitation a des répercussions considérables sur les finances personnelles et la confiance des consommateurs américains, ainsi que sur l’ensemble de la reprise aux États-Unis. Grâce à l’amélioration des marchés boursiers et à la hausse du prix des maisons, la perte de richesse se résorbe graduellement chez nos voisins du sud.

Une situation favorable au dollar canadien

Depuis le début de la crise financière, le statut de « pays refuge » du Canada a pris de l’importance, et le dollar canadien, jouant pleinement son rôle de valeur refuge, a profité de la situation. Les annonces de rachats d’obligations de la part de la Banque centrale européenne et de la Réserve fédérale américaine en septembre ont donné lieu à un élan sur les bourses de marchandises, ce qui a permis au huard de dépasser largement la parité avec le dollar américain.

Cet article a été fourni par Conseillers en placements T.E. inc.

 

En bref

Croissance économique

En juillet, le PIB canadien a progressé de 0,2 %, contre 0,1 % en juin.

Inflation

À la fin du mois d’août dernier, le Canada affichait un taux d’inflation annualisé de 1,2 %.

Taux d’intérêt

Le 5 septembre dernier, la Banque du Canada a annoncé qu’elle maintenait le taux du financement à un jour à 1 %.

Dollar canadien

Nouvelle « valeur refuge », le dollar canadien a clôturé le troisième trimestre à 1,0163 $ US.

Emploi

L’emploi a progressé pour un deuxième mois consécutif au Canada, alors qu’une hausse de 52 100 emplois a été enregistrée en septembre.

 

 

 

 

 

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