Les avantages de la gestion active ET de la gestion passive

Le débat se poursuit : est-il préférable de détenir un portefeuille en gestion active ou un portefeuille en gestion passive qui reproduit la composition d’un indice? Selon nous, vous pourriez tirer parti des deux.

Les opinions concernant les stratégies de placement en gestion active par rapport à celles en gestion passive sont bien ancrées. Les tenants de la gestion passive (ou indicielle) soutiennent qu’il est impossible pour le gestionnaire actif moyen de réaliser un rendement supérieur à celui de l’indice, après déduction des frais. Il existe pourtant des fonds en gestion active qui y parviennent. Par ailleurs, réduire le risque ou obtenir des rendements supérieurs, même de façon marginale, peut rehausser sensiblement l’accumulation du patrimoine au fil du temps. De nombreuses études viennent appuyer l’un ou l’autre point de vue. Comment est-ce possible?

Tout n’est pas noir ou blanc

Le problème, c’est que le débat part toujours du principe qu’une méthode surpasse constamment l’autre. Chez Conseillers en placements T.E., nous croyons toutefois que le recours simultané à ces deux méthodes peut grandement aider nos clients à atteindre leurs objectifs financiers. L’intégration de la gestion active et de la gestion passive au sein d’un même portefeuille peut procurer de meilleurs rendements corrigés du risque, moyennant des frais relativement moins élevés.

L’importance des catégories d’actif

De par leur nature, certaines catégories d’actif se prêtent bien à la gestion passive, alors que pour d’autres il est préférable de se tourner vers la gestion active. En ce qui concerne les actions, les statistiques montrent que les gestionnaires actifs parviennent difficilement à surpasser le marché boursier américain. En 2014, seulement 19 % des gestionnaires d’actions à forte capitalisation ont réalisé un rendement supérieur à celui de l’indice S&P 500. Compte tenu du niveau élevé de diversification de l’indice, il est plus difficile pour un gestionnaire actif d’obtenir un rendement supérieur, après déduction des frais. Au Canada, la situation est différente. Dans son rapport annuel de 2014 sur la gestion active des actions au Canada, Investissements Russell souligne que 57 % des gestionnaires d’actions à forte capitalisation ont battu l’indice composé S&P/TSX au cours des 10 années précédentes et que le rendement du gestionnaire médian dépassait de 80 points de base le rendement annuel de l’indice. Étant donné que trois secteurs représentent à eux seuls 70 % de la capitalisation boursière du marché canadien, la gestion active revêt une importance accrue, car la diversification peut ajouter une valeur appréciable. De même, la gestion active peut être efficace dans le cas de placements sur les marchés internationaux ou émergents, puisque les rendements dépendent souvent de facteurs régionaux qui ne sont pas pris en compte dans l’indice. Dans notre Commentaire d’investissement du mois d’avril 2015 , nous nous sommes penchés sur les avantages de la gestion active pour un portefeuille d’obligations au cours du prochain cycle de marché. Le taux de rendement à l’échéance de l’indice obligataire universel FTSE TMX Canada est actuellement de 2 %, mais certains investisseurs passifs ont obtenu des rendements bien supérieurs. Essentiellement, ils ont emprunté sur les rendements des années futures, mais cette relation finira par s’inverser et les investisseurs passifs pourraient alors obtenir des rendements négatifs.

Les gestionnaires ne sont pas tous pareils

Notre mandat consiste notamment à trouver des gestionnaires de placements qui sont en mesure d’ajouter de la valeur pour nos clients. Malgré le vaste éventail des gestionnaires de talent, nous visons à repérer, au moyen de mesures quantitatives et qualitatives, ainsi que d’une analyse rigoureuse, ceux qui pourront procurer constamment des résultats supérieurs au fil des années. Nous commençons l’évaluation en passant au crible l’ensemble des gestionnaires actifs, afin de repérer ceux qui obtiennent constamment des rendements supérieurs et qui ont fait leurs preuves dans différents cycles de marché. Nous les évaluons ensuite au moyen de mesures qualitatives. Nous cherchons à déterminer si leur processus de placement peut être reproduit dans le temps et s’ils adhèrent à leur processus ou à leur domaine de spécialisation. Il nous faut aussi vérifier que ce qu’ils font correspond effectivement à ce qu’ils disent qu’ils font. Nous regardons aussi l’indice de risque actif – un concept mis de l’avant par Martijn Cremers et Antti Petajisto, deux chercheurs de la Yale School of Management. Un faible chevauchement entre la composition d’un fonds et celle de l’indice se traduit par un indice de risque actif élevé. En revanche, un indice de risque actif peu élevé témoigne d’un fort chevauchement entre la composition du fonds et celle de l’indice. Dans certains cas, il peut s’agir d’un fonds en gestion passive que l’on cherche à faire passer pour un fonds en gestion active. Puisque la seule façon d’obtenir un rendement supérieur à celui de l’indice est de s’écarter de celui-ci, l’indice de risque actif mesure le potentiel d’un fonds de surpasser le marché.

Dans un article de 2009 intitulé How Active is Your Fund Manager? A New Measure That Predicts Performance, MM. Cremers et Petajisto ont examiné les résultats de 2 500 fonds communs de placement américains de 1980 à 2003 et ont constaté que le pourcentage des fonds faisant vraiment l’objet d’une gestion active avait sensiblement diminué. Graduellement, ceux-ci ont été remplacés par des fonds dont l’indice de risque actif était peu élevé et qui sont considérés comme des fonds indiciels « déguisés ». Ils ont aussi découvert que l’indice de risque actif représentait un bon indicateur prévisionnel du rendement. Dans l’ensemble, les fonds avec un indice de risque actif plus élevé enregistraient constamment des rendements supérieurs à ceux de leurs indices de référence, après déduction des frais. Comme l’illustre le graphique sur cette page, un indice de risque actif élevé, combiné à une orientation à plus long terme, s’est révélé le meilleur moyen d’enregistrer des rendements supérieurs, après déduction des frais.

Avantages d’une approche active à long terme

En plus d’analyser les chiffres, nous faisons des entrevues sur place avec les sociétés de gestion potentielles pour en évaluer la stabilité, en tenant compte du taux de roulement des gestionnaires, de la structure de propriété et de l’intérêt personnel des professionnels de placement à l’endroit de la société et de ses stratégies. Toute décision comporte un risque d’erreur, mais nous surveillons de près nos gestionnaires afin d’être au courant de tout changement éventuel et d’en atténuer les effets négatifs potentiels.

Examiner les frais de gestion

Une des principales critiques formulées à l’endroit de la gestion active est que les frais sont trop élevés pour que le gestionnaire moyen parvienne à enregistrer un rendement positif excédentaire. Cependant, si vous réduisez ces frais, vous augmentez la probabilité de surpasser l’indice. Voilà pourquoi nous privilégions toujours les options de placement à moindre coût et nous négocions à la baisse les honoraires de nos gestionnaires pour le bénéfice de nos clients. Les fonds indiciels sont habituellement assortis de frais peu élevés, étant donné qu’ils ne nécessitent pas autant de recherches, de modélisations, d’analyses et de transactions. Cela dit, des options hybrides ont fait leur apparition récemment. La composition de ces fonds, dits à « bêta intelligent » est fondée sur celle d’un indice, mais une composante de gestion active modifie les pondérations en fonction de certains critères, comme les valorisations et les taux de rendement en dividendes. Comme on pouvait s’y attendre, ces options hybrides sont assorties de frais plus élevés. Les fonds gérés activement sont habituellement plus chers pour toutes les raisons qui font que les fonds gérés passivement sont bon marché. Lorsqu’un gestionnaire assure la gestion active de votre actif, l’important est que vous en ayez pour votre argent. Lorsque le concept d’indice de risque actif a été pris en considération, il est devenu évident que beaucoup trop de stratégies, jusque-là considérées à gestion active, n’étaient pas vraiment gérées activement et qu’elles se contentaient plutôt de reproduire la composition d’un indice.

Des intérêts communs

Lorsque nous composons les portefeuilles de nos clients, nos objectifs sont les mêmes que les leurs. En effet, nous cherchons à obtenir les meilleurs rendements possibles moyennant un risque minimal, tout en réduisant les frais et l’impôt à payer. Par conséquent, nous ne sommes pas tributaires d’une philosophie immuable, et nous préférons plutôt envisager toutes les avenues. Nous optons pour la gestion passive lorsqu’il convient de le faire, et pour la gestion passive si, selon nous, elle est susceptible d’ajouter de la valeur et d’aider nos clients à réaliser leurs objectifs de placement.

 

1 Cremers, Martijn et Petajisto, Antti. How Active is Your Fund Manager? A New Measure That Predicts Performance (31 mars 2009).

2 Almeida, Robert M., Jr., Cantara, Michael T., Flaherty, Joseph C., Jr. Rien ne vaut les compétences. La valeur de la gestion active au fil des cycles du marché (juin 2015, MFS).

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