L’endettement, ce gros mot

L’endettement, ce gros mot

Hiver 2012

L’endettement peut peser sur la croissance de l’économie, que ce soit à cause des pays qui réduisent leurs dépenses dans le cadre de plans d’austérité, des consommateurs qui tentent d’alléger leur fardeau financier ou du resserrement du crédit attribuable à l’incertitude qui règne sur les marchés financiers et à la crise européenne des dettes souveraines. Les exigences en matière de garantie pourraient être accrues, tandis que les conditions d’emprunt pourraient devenir plus restrictives. De plus, tant les marchés des obligations corporatives que des actions, intègrent désormais des primes de risque élevées.

Une légére récession en Europe               

Le spectre de la crise de la dette européenne continue de hanter l’économie mondiale. L’Italie, le Portugal, l’Irlande et la Grèce se sont enfoncés dans l’impasse budgétaire. L’Italie joue un rôle pivot dans cette longue saga en raison de sa masse de créances en circulation, sans compter que le risque qu’elle ne réussisse pas à refinancer sa dette et qu’elle plonge dans une crise de solvabilité budgétaire en 2012 est très élevé. Les banques européennes n’ont pas le capital requis pour éponger les énormes pertes subies au sein de leurs portefeuilles obligataires, et si la crise s’aggrave, la Banque centrale européenne devra intervenir de nouveau sur le marché obligataire. L’incidence sur le Canada et les États-Unis de la légère récession dans laquelle se trouve probablement déjà l’Europe ne sera pas dramatique, mais il pourrait en être tout autrement si les choses se dégradent, et c’est pourquoi il faudra suivre de près l’évolution de la situation.

La lutte aux déficits         

Rien ne porte à croire que la croissance de l’économie mondiale s’accélèrera de si tôt, alors que des années d’austérité attendent l’Europe et que les États-Unis doivent composer avec d’importantes mesures de resserrement budgétaire. Conformément à la structure législative actuelle, les dépenses militaires américaines baisseront de 10 % en 2013 et les réductions d’impôts remontant à l’ère Bush prendront fin automatiquement en 2012. Cela dit, la situation budgétaire des États-Unis ne pourra se stabiliser sans la mise en oeuvre de nouvelles compressions. En Ontario, où le déficit budgétaire est estimé à 16 milliards de dollars pour l’exercice en cours, on vit actuellement sous la menace d’une révision à la baisse de la note de crédit de la province. Le plan de relance budgétaire de l’Ontario fera place à des mesures d’austérité en 2012 et en 2013.

Perspectives de croissance modérées pour le Canada et les États-Unis   

L’an dernier, l’on s’attendait à une forte reprise de l’économie en 2011 et à une expansion plus vigoureuse et auto-entretenue aux États-Unis. Rien de tout cela ne s’est produit. En 2012, les perspectives de l’économie canadienne sont relativement favorables, et on dénote un certain dynamisme depuis le début de l’année. L’indicateur composite du Canada fait état d’un gain important et les indicateurs économiques américains sont meilleurs que prévu.

Au Canada, il est tout à fait réaliste de s’attendre à une augmentation réelle du PIB d’environ 1,8 % en 2012, en baisse des 2,3 % anticipés en 2011. Ceci s’explique par les effets du resserrement budgétaire qui se manifesteront plus rapidement au Canada qu’aux États-Unis, ainsi que par un ralentissement éventuel de l’économie mondiale. La faible croissance de l’économie américaine et la vigueur du dollar canadien continueront de nuire aux exportateurs canadiens. De plus, les mises en chantier au Canada risquent de diminuer en 2012 sous l’effet de la diminution des projets de tours à condos. Les mises en chantier de maisons individuelles devraient toutefois demeurer plutôt stables, alors que le stock de maisons neuves est relativement faible, signe d’un marché équilibré. En outre, la construction domiciliaire semble vouloir reprendre sa vitesse de croisière aux États-Unis. C’est ainsi que le bois d’oeuvre pourrait figurer parmi les rares produits à évoluer à l’inverse de la tendance baissière qui touche les prix des produits de base. Le ralentissement de la croissance de l’économie mondiale dénote une modération des prix de l’énergie et des métaux de base. Malgré tout, l’Alberta et la Saskatchewan seront des chefs de file au chapitre de la croissance au Canada en 2012, alors qu’elles tireront profit des projets d’exploitation des ressources naturelles en cours.

En bref

Croissance économique

Les économies américaine et canadienne continuent de croître, mais à un rythme très faible.

Inflation

L’inflation de base demeure stable et elle est toujours dans la fourchette de 1 % à 3 % de la Banque du Canada.

Taux d’intérêt

Rien n’indique que la Banque du Canada augmentera ses taux avant 2013. Toutefois, puisque les banques se font un point d’honneur de préserver leur capital, leurs pratiques de prêt deviendront plus prudentes.

Dollar canadien

Le dollar canadien est fortement influencé par les prix des produits de base, et ils sont tous deux en baisse par rapport à leurs sommets respectifs.

Emploi

La croissance de l’emploi a pris une pause, alors que l’économie canadienne a perdu 62 000 emplois à temps plein au cours des trois derniers mois de 2011, ce qui traduit une certaine prudence quant aux intentions d’embauche des entreprises.

 

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