Le monde a les yeux tournés vers l’Amérique

Dans un contexte où les fondamentaux de l’économie américaine n’ont jamais été aussi favorables depuis le début de la reprise, il semblerait que nous allons finalement assister à un revirement de situation par rapport aux performances économiques anormalement faibles qui émanent des États-Unis depuis 2009.

Avec des prévisions de croissance du PIB réel aux États-Unis entre 3,5 % et 4 %, au-delà de la tendance se situant aux alentours de 2 % enregistrée depuis 2009, 2014 semble enfin se présenter comme une année de reprise économique normale. On s’attend à ce que l’économie américaine retourne au plein-emploi d’ici la fin de 2016. En ce qui concerne les facteurs économiques expliquant cette croissance, on peut regarder du côté du secteur de l’habitation, de la demande de remplacement des biens de consommation, d’une réduction du freinage fiscal, d’une forte expansion du secteur pétrolier et gazier national ainsi que des technologies transformatrices. Les banques américaines sont bien capitalisées et enclines à accorder des prêts, les entreprises sont profitables et disposent d’importantes liquidités, les ressources financières des ménages sont revenues à des niveaux d’avant-crise et le freinage fiscal ainsi que les réductions de dépenses de l’État ont largement diminué.

Une relance du « Made in America »

Le secteur de la construction devrait contribuer directement à la production, à l’emploi et aux revenus, tout en ayant des retombées notables sur les autres secteurs. La construction résidentielle est une activité largement locale et pour chaque résidence familiale construite, on estime que quatre emplois sont créés dans un délai de 12 mois. Grâce au faible coût de l’énergie, le secteur manufacturier connaît également une renaissance, et l’on assiste à un basculement d’un modèle de délocalisation à un modèle où la fabrication est de nouveau locale. Les technologies jouent également un rôle important, l’impression 3D et la robotique sophistiquée favorisant le rapatriement de nombreux emplois aux États-Unis. Des systèmes de qualité industrielle permettant de produire des pièces détachées en métal constitueront la prochaine étape de l’impression 3D. En ce qui concerne la robotique, les coûts d’investissement ont aujourd’hui suffisamment diminué pour que, ramenés à leur coût horaire d’utilisation, les robots s’avèrent compétitifs avec les faibles salaires des pays en développement.

De profondes modifications du secteur énergétique

Les États-Unis sont d’ores et déjà le premier producteur mondial de gaz naturel et, d’ici 2020, leur production de pétrole brut pourrait dépasser 11 millions de barils par jour alors qu’elle n’était que de 5 millions en 2005. Cet essor spectaculaire de la production gazière et pétrolière se répercutera sur l’économie américaine pendant des décennies et pourrait être à l’origine de suffisamment de nouveaux emplois pour équilibrer les pertes d’emplois enregistrées lors de l’écroulement du marché immobilier. Les prix de l’électricité et du gaz naturel sont, de loin, plus bas aux États-Unis qu’en Europe et en Asie. L’Europe, qui dispose également d’importantes réserves susceptibles d’être exploitées pour la production de gaz et de pétrole de schiste, ne devrait pas être en mesure de reproduire le succès américain dans ce domaine. En effet, les densités de population y sont bien plus élevées et l’opposition à la fracturation hydraulique pour des raisons environnementales y est bien plus marquée. En ce qui concerne le Mexique, il subsiste encore un certain nombre de doutes quant aux effets que pourrait avoir sur l’exploitation des réserves de schiste mexicaines la fin du monopole gouvernemental dans ce domaine. La possibilité que le Mexique accroisse sa production pétrolière constitue une menace pour les exportations de pétrole du Canada à destination des raffineries américaines de la côte du golfe du Mexique et, tant que les incertitudes relatives aux approbations pour la construction d’un pipeline ne seront pas levées, il est peu probable que de nouveaux projets de sables bitumineux soient lancés.

Une faiblesse persistante en Europe et sur les marchés émergents

En dépit d’une solide reprise aux États-Unis, l’économie mondiale ne croît pas suffisamment rapidement pour que les prix mondiaux des matières premières se redressent et il faudra probablement attendre la deuxième moitié de la décennie pour voir le démarrage du prochain cycle de prix. L’Europe demeure toujours vulnérable vis-à-vis d’une résurgence de la tourmente financière et ses banques demeurent faibles, en particulier dans les pays périphériques. Les marchés émergents sont étroitement liés à l’Europe et subissent actuellement un ralentissement prononcé de leur croissance, ce qui devrait contribuer à affaiblir encore un peu plus la demande mondiale de matières premières.

Des perspectives peu reluisantes pour le Canada

Les facteurs provoquant un retour de la croissance aux États-Unis font défaut au Canada : la demande de biens de consommation durables reste faible, la reprise du marché immobilier est terminée, les importations de pétrole par les États-Unis sont en déclin et les dépenses des entreprises canadiennes sont contenues par la faiblesse persistante des exportations. Compte tenu de la morosité du marché des matières premières, du statu quo de la Banque du Canada en matière de taux d’intérêt et des déficits commerciaux, le dollar canadien a perdu de sa valeur. S’il est vrai que cette dépréciation pourrait favoriser une amélioration du déficit commercial, un tel mécanisme pourrait toutefois nécessiter plusieurs années avant d’avoir un impact réel.

Cet article a été fourni par 
Conseillers en placements T.E. inc.

En bref

Croissance économique
Au troisième trimestre de 2013, le PIB du Canada a progressé de 0,7 % et a grimpé de 0,3 % en octobre.
Inflation
Compte tenu du taux d’inflation annualisé de 0,9 % en novembre 2013, l’inflation au Canada demeure bien en deçà de la cible de 2 % de la Banque du Canada.
Taux d’intérêt
Au mois de décembre, Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, a indiqué que les taux d’intérêt demeureraient inchangés pour un bon bout de temps.
Dollar canadien
Au quatrième trimestre de 2013, le dollar canadien a perdu du terrain face au dollar américain et il a terminé l’année à 0,94 $ US.
Emploi
Il s’est perdu 46 000 emplois au Canada en décembre 2013, ce qui a porté le taux de chômage à 7,2 %.

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