Le dilemme du dollar refait surface

Après avoir maintenu la parité avec le dollar américain pendant un certain temps, le dollar canadien 
a finalement commencé à perdre du terrain, comme l’avaient prédit de nombreux économistes.

Chaque fois que la valeur de notre dollar est supérieure à celle du dollar américain, le moral des Canadiens remonte. C’est ce qui s’est produit dans les années 1970, quand le dollar canadien valait environ 1,04 $ US, et aussi en juillet 2011, lorsqu’il a atteint 1,05 $ US. Nous marchons d’un pas plus léger quand nous allons aux États-Unis et bénéficions d’un dollar fort. Nous sommes contrariés quand les commerçants tardent à modifier leurs prix pour tenir compte de la supériorité de notre monnaie. Au fond, cependant, nous savons très bien que tôt ou tard notre dollar cédera le pas au billet vert. Si vous avez suivi ce que disaient les économistes récemment au sujet du dollar, vous saviez que c’était une simple question de temps.

Pourquoi un recul maintenant?

À partir de 2013, le dollar canadien a entrepris un repli important. Ayant perdu 6,6 % à la fin de l’année et reculé encore de 3,9 % au premier trimestre de 2014, il est passé sous la barre de 90 cents américains – son plus bas niveau depuis juillet 2009. Deux facteurs importants expliquent la baisse de notre dollar. Premièrement, le dollar américain reprend de la vigueur, non seulement par rapport au dollar canadien, mais aussi par rapport à plusieurs autres devises. La remontée du dollar américain s’explique en partie par l’accélération prévue de la croissance économique américaine et en partie par l’augmentation de la demande de dollars américains provenant des investisseurs qui délaissent les marchés émergents pour se réfugier sur des marchés de qualité. Deuxièmement, la diminution des prix des matières premières et la faiblesse relative de l’économie canadienne ont contribué au recul de notre monnaie par rapport à celle des États-Unis.

Le chiffre magique est-il 
90 cents?

Pendant que le dollar canadien avait le vent dans les voiles, la plupart des économistes affirmaient qu’il était surévalué. Ils expliquaient que, sur le plan du pouvoir d’achat, la valeur du dollar n’était pas équivalente à celle des autres monnaies. Si l’on compare les prix pratiqués aux États-Unis, on constate que les produits sont généralement plus chers au Canada et l’indice Big Mac de la revue The Economist le confirme (voir Combien coûte le Big Mac? à la page 2). Si la valeur de notre dollar était vraiment supérieure, nous paierions moins que nos voisins Américains pour notre café au lait de Starbucks. Or, nous payons plus. Une baisse du dollar canadien se traduira par une augmentation des prix des produits importés au Canada, mais elle stimulera nos exportations, surtout dans le secteur particulièrement malmené de la fabrication. Cela dit, personne ne souhaite que le dollar canadien retombe à 63 cents américains, comme en 2002. On estime en général que la valeur optimale du dollar serait de 90 cents américains. Il serait ainsi suffisamment élevé pour que les prix des importations ne créent pas de pressions inflationnistes et suffisamment bas pour ne pas nuire à nos exportations.

Les titres étrangers favorisés

Les fluctuations des devises peuvent être saisissantes à court terme, mais elles tendent à s’aplanir avec le temps et leur incidence sur les portefeuilles de placements s’estompe. Cependant, à court terme, les variations des changes peuvent influer sur la valeur des placements libellés en monnaies étrangères. Quand les prix des actions sont convertis en dollars canadiens, les investisseurs peuvent enregistrer un gain ou une perte, selon que le dollar canadien s’est apprécié ou déprécié par rapport à la devise en question. Actuellement, la dépréciation du dollar canadien augmente les rendements des placements étrangers, comme ce fut le cas à la fin des années 1970 et pendant presque toute la décennie 1990. À la fin du premier trimestre de 2014, en monnaie locale, le rendement de l’indice S&P 500 a été de 1,8 %, tandis qu’il était de 5,8 % en dollars canadiens – un écart de 4 %. Par contre, quand la valeur du dollar canadien augmente, les investisseurs canadiens subissent une baisse des rendements de leurs placements libellés en devises étrangères; c’est ce qui s’est produit de 2003 à 2012.

Un portefeuille équilibré offre une protection

L’incidence des fluctuations des changes sur les portefeuilles de placements s’atténue généralement avec le temps et, d’après ce que nous avons constaté, le coût de la couverture du risque de change annule les gains réalisés à long terme. En respectant la politique de placement de nos clients et en maintenant un portefeuille équilibré adapté à leurs besoins et à leurs objectifs, nous créons des portefeuilles qui procurent, sans frais, une certaine protection contre le risque de change grâce à la répartition de l’actif.

Habituellement, un portefeuille équilibré comporte environ 60 % de titres libellés en dollars canadiens et environ 40 % de titres libellés en monnaies étrangères, ce qui réduit l’incidence des variations éventuelles de la valeur du dollar canadien sur les rendements du portefeuille. De plus, le rééquilibrage atténue généralement les effets de la variation des changes en rétablissant l’exposition voulue aux différentes devises. Quand la dépréciation du dollar canadien augmente le rendement des titres internationaux en portefeuille, le rééquilibrage permet de réduire le risque associé à l’appréciation éventuelle du dollar canadien en diminuant la proportion de titres étrangers. Les placements effectués à l’étranger comportent un risque de change, mais celui-ci est compensé à long terme par les avantages de la diversification internationale.

Combien coûte le Big Mac?

Quand la revue The Economist a lancé son indice Big Mac en 1986, ce devait être une façon amusante de déterminer si les devises étaient évaluées correctement. Affichant le prix d’un Big Mac dans plus de 50 pays, l’indice repose sur le concept de la parité du pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat indique ce que votre argent vous permet d’acheter. Le concept de parité du pouvoir d’achat consiste à comparer le pouvoir d’achat de différentes devises par rapport à un panier de produits ou, dans ce cas, un seul produit : le Big Mac.

Le Big Mac de McDonald étant vendu dans 120 pays, il est une unité de mesure connue de tous. L’indice, basé sur le dollar américain, permet de comparer le prix du célèbre hamburger dans des devises différentes. Plus le pouvoir d’achat d’une monnaie s’approche de celui du dollar américain, plus le prix du Big Mac dans le pays visé sera proche du prix du Big Mac aux États-Unis. Si le Big Mac est plus cher, on estime que la monnaie est surévaluée par rapport au dollar américain et s’il est moins cher, on juge que la monnaie est sous-évaluée. D’après l’indice Big Mac de janvier 2014, le dollar canadien était surévalué d’environ 8 %, car le Big Mac coûtait 5,54 $ au Canada (soit 5,01 dollars américains) contre 4,62 $ aux États-Unis. Si l’on s’appuie strictement sur la théorie de l’indice Big Mac, le dollar canadien pourrait donc se déprécier davantage.

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