La véritable « retraite »

Été 2012

Dans ce troisième article d’une série de quatre, nous examinons l’automne de la retraite, période où diverses raisons vous amènent à ralentir vos activités et à mener une vie plus tranquille.

Dans les publicités on nous montre souvent des retraités pleins d’énergie qui enfourchent une moto, escaladent une montagne ou naviguent en voilier. Cette image de la retraite semble plaire aux consommateurs. Toutefois, si la retraite peut au début ressembler à ce qu’on nous annonce, la plupart des retraités doivent modifier leurs activités à un certain moment, souvent pour des raisons de santé. Selon Statistique Canada, les femmes qui ont actuellement 65 ans peuvent s’attendre à vivre encore 21 années et les hommes du même âge peuvent espérer vivre encore 18 années. Cependant, il s’agit là de longévité et non de qualité de vie. L’espérance de vie sans incapacité est moins réjouissante.

Chez les Canadiens de 65 ans, l’espérance de vie sans incapacité est de 12 ans; autrement dit, après l’âge de 70 ans, il est probable que vos capacités diminueront. Il y a bien sûr des exceptions – comme votre tante âgée qui a gravi le Machu Picchu l’an dernier ou encore votre voisin octogénaire qui déneige encore lui-même son entrée. Ce sont cependant des cas exceptionnels. Si vous êtes en couple, il y a peu de chances que vous et votre conjoint soyez tous deux en parfaite santé après l’âge de 75 ans. À l’automne de la retraite, c’est votre état de santé physique et mentale qui sera déterminant.

CHANGEMENT DE PROGRAMME

Si vous ou votre conjoint avez des ennuis de santé, vous devrez sans doute modifier vos plans. Premièrement, votre état de santé aura une incidence sur votre style de vie et l’endroit où vous vivez, ce qui pourrait avoir des conséquences sur votre situation financière et vos placements. Selon l’importance de votre incapacité physique ou mentale, de légères modifications à votre plan de retraite pourraient suffire. Par exemple, les personnes qui ont des affections mineures ou des problèmes de motricité légers peuvent continuer de voyager en faisant des voyages organisés ou des croisières ou en utilisant les services de grossistes spécialisés. Par contre, les personnes qui ont besoin d’une assistance importante ou de soins constants doivent modifier considérablement leur façon de vivre au quotidien.

PARTIR OU RESTER

L’une des plus importantes décisions que vous devrez prendre à cette étape de la vie est celle de continuer de vivre chez vous ou de déménager dans un lieu plus adapté à vos besoins. Certaines personnes ne sont tout simplement plus intéressées à entretenir une grande maison, même si leur santé est bonne. D’autres ne se reconnaissent plus dans leur quartier, les voisins d’autrefois ayant cédé la place à de jeunes familles. Dans bien des cas, toutefois, ce sont les problèmes de santé qui tranchent la question.

Il est toujours possible de ne pas déménager, mais c’est un choix qui entraînera des frais de plus en plus importants si votre état de santé vous oblige à faire des travaux d’aménagement ou à obtenir des soins à domicile. Le coût de certains travaux d’aménagement sont déductibles du revenu imposable – ils doivent pour cela être nécessaires en raison d’une affection existante et non être faits à des fins de prévention. Selon l’endroit où vous vivez, les soins à domicile peuvent coûter entre 25 $ l’heure et 200 $ par jour, et ils peuvent être en partie couverts par les programmes provinciaux. Si vous voulez qu’un aide familial vienne habiter chez vous, sachez que vous serez considéré comme son employeur; vous devrez donc à ce titre verser diverses cotisations, dont les cotisations au Régime de pensions du Canada ou au Régime de rentes du Québec et les primes d’assurance emploi, et effectuer des retenues d’impôt. Pour bénéficier de soins constants fournis par une équipe d’aides, on estime actuellement qu’il faut débourser environ 200 000 $ par année. Si vous avez besoin de ce type de soins, il serait plus économique de déménager dans une résidence avec services ou dans un centre d’hébergement de soins de longue durée. Les couples qui tiennent à rester chez eux lorsqu’un des conjoints est malade et que l’autre prodigue des soins, constatent souvent que la santé des deux conjoints se dégrade et ils finissent par devoir déménager à un moment où les circonstances sont plus difficiles. Que vous déménagiez simplement parce que l’entretien de votre maison est devenu trop lourd ou parce que vous avez besoin de soins, les choix et les facteurs à prendre en considération sont nombreux. Devriez-vous acheter ou louer votre prochaine habitation? Avez-vous besoin de soins? De quels types de soins avezvous besoin maintenant et de quels types de soins pourriez-vous avoir besoin dans l’avenir? Devriez-vous vous installer dans le secteur où vous vivez actuellement ou vous rapprocher de vos enfants? Déménager à cette étape de la vie n’est pas une décision simple. Il est important de prendre le temps qu’il faut et de réfléchir sérieusement pour arriver à la décision qui est la meilleure pour vous. Il vaut mieux examiner les possibilités et décider du type d’endroit où vous souhaitez habiter et que vous avez les moyens de payer avant que la maladie ne vous force à prendre une décision. Pour éviter de déménager plus d’une fois, songez aux services dont vous êtes susceptible d’avoir besoin plus tard. Vous n’avez peut-être pas besoin aujourd’hui de tous les programmes et services offerts dans une résidence, mais le fait de savoir qu’ils seront offerts si jamais vous en avez besoin pourrait être très rassurant.

LES CLÉS DE VOTRE VOITURE, S’IL VOUS PLAÎT

La vue qui baisse, les réflexes qui s’émoussent, l’incapacité de surveiller à la fois les piétons, les cyclistes, la circulation et les panneaux de signalisation, et la sénilité – voilà autant de facteurs qui peuvent vous rendre incapable de conduire en toute sécurité. Il n’y a pas de norme nationale au Canada quant à l’âge maximal pour détenir un permis de conduire, mais certaines provinces exigent que les personnes âgées subissent des tests périodiques et votre médecin sera à l’affût de tout signe indiquant que vous n’êtes plus apte à conduire. Perdre votre permis de conduire ne signifie pas nécessairement perdre votre autonomie. Les personnes qui vivent dans les zones urbaines peuvent utiliser les transports en commun, les taxis et les chauffeurs bénévoles. Celles qui vivent à la campagne devront peut-être faire davantage appel à des parents ou des amis ou utiliser des organismes communautaires qui fournissent des chauffeurs bénévoles. Si vous envisagez de déménager plus tard, n’oubliez pas de tenir compte du fait que vous devrez peut-être un jour vous déplacer sans votre voiture. En choisissant un endroit ayant des commerces, des loisirs, des services et des établissements de santé à proximité, vous pourriez demeurer autonome plus longtemps.

QUESTION D’ARGENT

À mesure que votre style de vie changera, vos besoins de liquidités et la façon dont vous placez votre argent évolueront. Selon votre situation, il se peut que le coût des soins que vous recevrez pèse sur votre budget mensuel. Dans bien des cas, la vente de la maison procure les liquidités nécessaires pour payer le loyer d’un établissement offrant les services requis. Bien sûr, avant de prendre une décision, vous devriez savoir exactement ce que vos moyens vous permettent sans risquer de manquer d’argent. La plupart des gens ont tendance à faire des placements plus prudents à mesure qu’ils vieillissent, car ils veulent d’abord préserver leur capital. En général, cela se traduit par un portefeuille équilibré, composé de manière défensive et comprenant une certaine proportion d’actions dans le but de compenser l’effet de l’inflation sur le pouvoir d’achat. Cependant, quand les besoins mensuels de liquidités augmentent, il faut modifier la composition du portefeuille. Dans le contexte actuel où les taux d’intérêt sont faibles et la croissance économique est au ralenti, il se peut que vous deviez prendre des risques plus grands ou puiser dans votre capital pour obtenir les revenus dont vous avez besoin. Par exemple, vous pourrez sans doute tirer un revenu annuel égal à environ 5 % de la valeur de votre portefeuille si vous augmentez le risque de vos placements en conséquence. Toutefois, si vous retirez plus de 6 % de la valeur de votre portefeuille, vous constaterez que votre capital s’effritera rapidement.

DÉPENSER MOINS POUR EN LAISSER DAVANTAGE

Si vous n’avez pas besoin de soins importants, il se peut que vous ayez plus d’argent qu’il ne vous en faut pour couvrir vos dépenses mensuelles, et que votre capital augmente au lieu de diminuer. Vous auriez dans ce cas la possibilité de faire un legs testamentaire, soit à votre famille ou à un organisme de bienfaisance de votre choix. Vous devriez éviter de faire de votre vivant des dons en argent ou en nature, par exemple un bien immobilier, pour deux raisons : premièrement, vous perdrez tout pouvoir sur les fonds ou le bien donné et ne pourrez pas revenir sur votre décision et, deuxièmement, votre situation pourrait changer et vous pourriez avoir besoin de cet argent ou du produit de la vente de ce bien pour subvenir à vos besoins dans l’avenir. Révisez votre plan successoral et votre testament et assurez-vous que vos volontés pourront être respectées comme prévu et de manière efficace sur le plan fiscal. Veillez aussi à prendre les autres dispositions pertinentes – par exemple désigner un mandataire pour s’occuper de vos finances si vous devenez inapte et donner vos directives en matière de soins et de mesures de réanimation – et faites connaître vos volontés aux personnes concernées. Personne n’aime envisager les changements que la vieillesse apportera, mais en prenant le temps de définir vos volontés pendant que vous êtes encore en bonne santé vous serez rêt lorsque l’automne de la retraite arrivera.

 

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