La retraite en solo


Au Canada, les retraités célibataires constituent 43% des personnes âgées de 65 ans et plus.¹ Qu’ils soient célibataires par choix, ou à la suite d’une séparation ou du décès du conjoint, leur retraite est davantage précaire que celle d’un couple.

En effet, le risque financier est plus élevé, puisqu’on est seul à assumer les dépenses, notamment celles du logement, du véhicule, et des services publics. Ces dépenses, souvent partagées entre conjoints, assurent à ces derniers une longueur d’avance : le coût de vie des célibataires équivaut à 70% de celui des couples. Ceci implique que les célibataires doivent accumuler un patrimoine plus élevé pour atteindre un niveau de vie équivalent.

En outre, l’espérance de vie augmente, faisant en sorte de rallonger la durée de la retraite. Le tableau ci-dessous montre que l’espérance de vie à 65 ans a augmenté de façon importante depuis le début du 20e siècle. De 1981 à 2012, l’espérance de vie d’une femme de 60 ans est passée de 19 à 22 ans (+15,8 %), tandis que celle d’un homme du même âge est passée de 14,7 à 19,2 ans (+30,6 %).

Source: http://www.osfi-bsif.gc.ca/Eng/oca-bac/as-ea/Pages/mpsspc.aspx#TBL1

Les personnes nanties, notamment les universitaires et les couples dans la tranche supérieure de la classe moyenne, vivent plus longtemps que la moyenne canadienne. La durée de leur retraite peut facilement aller jusqu’à 30 ans. Il faut donc accumuler assez d’actifs afin d’assurer le niveau de vie souhaité pour la durée entière de la retraite, et afin de ne pas survivre à ses épargnes. Par le fait même, les célibataires auront intérêt à planifier leur retraite encore plus rigoureusement, notamment en faisant appel à l’expertise d’un professionnel.

Voici quelques conseils afin de bien vous équiper pour la retraite :

1- Épargnez tôt!

Cette approche contribue à bâtir un patrimoine plus solide. Épargner tôt offre l’avantage de bénéficier de la croissance composée de vos investissements et encore mieux d’utiliser les véhicules de placement qui diffèrent l’impôt (REER) ou qui mettent vos gains à l’abri de l’impôt (CELI). Plus vous investissez tôt, plus les revenus générés par vos épargnes seront potentiellement plus intéressants.

2- Réévaluez vos besoins de logement

L’objectif est souvent de finir de payer l’hypothèque avant la retraite. Cependant, un grand nombre de personnes n’y arrivent pas. Il peut être approprié de déménager dans une propriété de moindre valeur ou tout simplement de louer. Le produit de la vente de la propriété à la retraite pourrait être investi dans vos épargnes, vous permettant ainsi d’augmenter votre capital retraite.

3- Optimisez vos économies fiscales

Il existe plusieurs règles fiscales et crédits fiscaux qui avantagent uniquement les couples et les familles, permettant ainsi à ces derniers de réduire leurs impôts. Or, qui dit payer moins d’impôt, dit possibilité d’augmenter le patrimoine de retraite.

Afin d’y arriver, voici quelques astuces que les célibataires peuvent adopter pour diminuer leurs impôts :

  1. REER : véhicule de placement à long terme tout indiqué, il permet non seulement de profiter de déductions fiscales à court terme (dont le montant peut d’ailleurs être réinvesti), mais aussi de gagner un revenu à l’abri de l’impôt. Il est donc conseillé de « maximiser ses cotisations au REER » pour maximiser ses déductions fiscales pendant la période active et profiter d’un revenu plus élevé à la retraite. Notez que cette stratégie s’avère particulièrement avantageuse lorsque les revenus prévus à la retraite sont inférieurs aux revenus durant à la période active.
  2. CELI : investissez dans votre CELI et maximisez vos cotisations annuelles. Son avantage est que vous pourrez accumuler un revenu de placement qui croît à l’abri de l’impôt. En 2016, le plafond cumulatif pour investir dans un CELI auquel on n’aura jamais cotisé est de 46 500 $ (si vous aviez 18 ans ou plus en 2009), et ce plafond augmente de 5 500$ par année civile.
  3. Crédits d’impôt : soyez à l’affût de ce qui est disponible pour vous. Par exemple, en ce moment on peut bénéficier d’un « montant en raison de l’âge » (au fédéral) lorsqu’on à 65 ans et plus. Aussi, en vieillissant, il est possible que certains problèmes de santé surgissent. Si vous êtes admissible, n’oubliez pas de réclamer votre crédit d’impôt pour personne handicapée.

4- Ajustez votre style de vie

Ajustez votre style de vie à court terme pour bénéficier d’un meilleur style de vie à long terme. Lorsqu’on est célibataire, on peut avoir tendance à dépenser plus, puisqu’on n’a personne à charge. Ceci peut aller du café Starbucks quotidien, à deux à trois voyages par an.

Une bonne façon d’ajuster votre style de vie sans compromettre vos objectifs de retraite est d’établir un budget. Pour ce faire, déterminez d’abord « ce qui entre dans vos poches » régulièrement: salaire, revenus locatifs ou de profession, dividendes, etc. Puis établissez « ce qui sort de vos poches ». Cette catégorie peut se subdiviser en trois sous-catégories dont la détermination peut faire la différence :

  • Dépenses fixes : logement, véhicule, électricité,…
  • Dépenses variables : loisirs, voyages, vêtements, épicerie,…
  • Épargne : REER, fonds d’urgence, épargnes non enregistrés,…

En déterminant quel pourcentage de vos revenus est attribué à chacun de ces postes, vous serez en mesure d’effectuer les ajustements nécessaires. Par exemple, vos dépenses variables peuvent parfois l’emporter sur vos épargnes, ayant ainsi un impact majeur sur vos épargnes de retraite. Dans un autre ordre d’idées, le total de vos dépenses peut dépasser l’ensemble de vos revenus, ce qui suggère que vous viviez sur l’endettement et par le fait même au détriment de vos objectifs à long terme.

5- Protégez-vous

Protection en cas d’invalidité : comme indiqué plus haut, les célibataires se trouvent dans une situation plus précaire au niveau financier. Il est judicieux d’établir vos besoins d’assurance en cas d’invalidité, à l’aide d’un professionnel accrédité.

Vous êtes déjà pris en charge par votre assurance privée? Dans ce cas, savez-vous quel pourcentage de votre revenu sera couvert? Par exemple, 70 % de votre revenu mensuel est-il suffisant pour maintenir votre style de vie actuel sans compromettre vos objectifs de retraite? En d’autres termes, pourrez-vous continuer à épargner, ou devrez-vous aller piger dans vos épargnes pour compenser la baisse de revenu? Aussi, la durée des prestations sera-t-elle suffisante? Certaines assurances en cas d’invalidité coûtent moins cher mais verseront des prestations sur deux ans, tandis que d’autres peuvent vous couvrir jusqu’à 65 ans. Et quel est le délai de carence? Certaines prestations peuvent débuter 30 jours après le début de l’invalidité, tandis que d’autres peuvent débuter dans les 90 jours. Il faudra prévoir les liquidités pour couvrir cette période sans revenus.

Mandat en cas d’inaptitude : assurez vous d’avoir un mandat en cas d’inaptitude notarié et à jour. En effet, l’absence d’un tel mandat, lorsque survient une incapacité physique ou mentale, entraîne l’ouverture d’un régime public de protection (tutelle ou curatelle); vous n’aurez pas le choix de la personne responsable de votre bien-être personnel et financier. Un mandat vous permet de choisir un membre de la famille ou une personne de confiance, ce qui vous permettra de garder un contrôle indirect sur vos objectifs de retraite. Ce document est d’autant plus important sachant que l’espérance de vie augmente et qu’il est possible qu’avec l’âge, les capacités mentales déclinent.

6- Mettez en place un fonds d’urgence

Votre fonds d’urgence est-il suffisant? Pour le savoir, commencez par déterminer le coût de la vie : quelles sont vos dépenses annuelles? Par exemple, si vous dépensez 70 000 $ par année, alors votre fonds d’urgence devrait se chiffrer à un minimum de 17 500$ (soit un minimum de 3 mois de dépenses). Bien que ce fonds devrait être constitué principalement d’épargnes liquides (facilement accessibles en cas de nécessité), il peut aussi consister en une marge de crédit. La pertinence d’un tel fonds se démontre ainsi : avant la retraite il permet de faire face à toute éventualité, telle une perte d’emploi, et permet de ne pas gruger les épargnes vouées à la retraite; pendant la retraite il permet d’absorber l’impact de situations d’urgence telles que des frais médicaux.

7- Parlez à votre conseiller

Faites appel aux services de professionnels accrédités, notamment à ceux d’un planificateur financier. Ce dernier est un « médecin généraliste de vos finances ». Il pourra analyser votre situation personnelle de manière globale, puis vous donner les meilleures recommandations s’appliquant à votre situation. C’est une bonne façon de simplifier la gestion de votre plan de retraite et vous obtiendrez l’heure juste. Par ailleurs, votre planificateur pourra déterminer s’il est nécessaire de faire appel à d’autres professionnels, notamment des conseillers en placement, des conseillers en sécurité financière, des notaires ou des avocats. De plus, il vous servira de guide en vous indiquant les sujets qu’il serait pertinent de vérifier avec eux.

¹Statistique Canada

Junie Destin, Conseillers T.E.

 

Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de mai 2016. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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