La reprise repose sur la stabilisation du marché de l’habitation

La reprise repose sur la stabilisation du marché de l’habitation

Printemps 2009

La crise financière actuelle a pris naissance au sein du secteur américain de l’habitation, et celui-ci devra se stabiliser pour que la crise qui sévit prenne fin; heureusement, certains signes nous portent à croire qu’il pourrait bientôt toucher un creux.

Indicateurs précurseurs d’une reprise du marché de l’habitation

Les ventes de logements existants et de nouveaux logements ont augmenté aux États-Unis en février. De plus, les taux hypothécaires ont grandement baissé lorsque la Réserve fédérale américaine a commencé à racheter 500 milliards de dollars d’actifs adossés à des créances hypothécaires .À 4,63 %,le taux des prêts hypothécaires de 30 ans à taux fixe est d’ailleurs à son plus bas depuis 1971. Il n’en fallait pas plus pour entraîner un bond impressionnant des refinancements hypothécaires, ce qui aura des répercussions favorables sur la situation financière des particuliers et qui devrait ainsi faire diminuer les saisies pour défauts de paiement. De plus, grâce aux mesures incitatives mises en œuvre par le gouvernement américain pour relancer le marché de l’immobilier, les acheteurs d’une première maison admissibles pourront maintenant bénéficier d’un crédit d’impôt pouvant atteindre 8 000 $.

Grâce aux offres spéciales en vigueur ce côté-ci de la frontière, les taux des prêts hypothécaires d’un an et de cinq ans ont diminué, et ils s’établissent respectivement à 3,85 % et 4,25 %. Au Canada, nous avons enregistré en février la première augmentation mensuelle des ventes de logements existants depuis septembre 2008, et tout indique que nous pouvons nous attendre en mars à une deuxième augmentation mensuelle de suite.

La panique s’estompe

L’embellie des marchés financiers au mois de mars indique que les scénarios catastrophiques maintes fois évoqués pourraient finalement ne pas se produire. La panique s’étant atténuée, la tension sur les marchés a baissé et les diverses mesures d’urgence mises en œuvre ont pu produire leur effet. Les États-Unis progressent dans leurs efforts pour venir à bout de la crise financière; le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a en effet proposé un plan de nettoyage des actifs toxiques, une première étape prometteuse. La Réserve fédérale a de plus annoncé que dans le but de prévenir une diminution de la masse monétaire, elle rachèterait des obligations du Trésor américain. Rappelons qu’une contraction importante de la masse monétaire entre 1929 et 1933 est à la source de la spirale déflationniste qui a donné lieu à la crise de 1929.

Patience à l’égard des mesures publiques

Les mesures publiques mises de l’avant aux États-Unis et au Canada porteront leurs fruits, mais avec un certain décalage. N’oublions pas en effet que de nombreuses retombées économiques négatives continueront de se faire sentir, car les faillites et les pertes d’emplois se poursuivront. L’économie américaine est actuellement plongée dans une très profonde récession, le PIB réel des États-Unis s’étant contracté à un taux annuel de 6,3 % au quatrième trimestre de 2008. Le PIB réel canadien devrait pour sa part diminuer de 2,5 % en 2009, et le Canada devrait devancer les États-Unis avec un taux de croissance annuel de 2 % de son PIB en 2010.

Pétrole et produits de base

La demande mondiale de produits de base risque de continuer de fléchir, et le secteur des produits forestiers sera le plus lourdement touché. La demande du papier journal illustre très bien la baisse de la publicité imprimée, et la faiblesse des prix du bois d’œuvre perdurera jusqu’à ce que le secteur américain de la construction résidentielle retrouve son aplomb. Les cours mondiaux du pétrole résistent toujours de façon remarquable malgré une deuxième année consécutive de baisse de la consommation mondiale de pétrole. Cela dit, si le pétrole brut West Texas Intermediate n’est pas tombé aux niveaux atteints lors de la dernière récession, c’est en grande partie grâce à la réduction de l’offre. Il suffit d’une reprise aux États-Unis et d’un retour à la croissance en Chine pour que les prix du brut et des métaux de base reprennent vie. La situation s’améliorera ainsi en Alberta, en Colombie-Britannique et à Terre-Neuve, tant au chapitre des emplois que des revenus, mais les choses seront plus difficiles en Ontario alors qu’il faudra attendre à 2010 pour que la reprise se fasse sentir, étant donné la tourmente qui secoue l’industrie automobile.

Une récession moins brutale au Canada

La récession que traverse actuellement le Canada ne vise pas une région ou un secteur d’activité en particulier. Le resserrement du crédit et la crise mondiale ont en effet touché toutes les provinces canadiennes. Heureusement, la récession qui sévit ici est moins brutale que celle qui frappe les États-Unis, et puisque le repli s’est amorcé un an plus tard au Canada, les ménages et les entreprises d’ici sont en meilleure santé financière, ce qui stimulera le potentiel de reprise canadien à la fin de la récession.

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