La répartition de l’actif et le fisc

par Brent Soucie, CPA, CA, conseiller

Bonjour… et bonne période des impôts! Eh oui, qui dit mois de mars, dit aussi impôts. D’ailleurs, j’ai déjà rempli et produit des dizaines de déclarations de revenus canadiennes et américaines pour mes clients et mes collègues. Ce que j’aime bien de la période des impôts, cependant, c’est qu’elle est en quelque sorte annonciatrice du retour des beaux jours!

Dans mon dernier billet, j’ai abordé la question du traitement fiscal préférentiel accordé au revenu de dividendes et aux gains en capital, surtout ici au Canada. J’ai également indiqué dans mon billet que le revenu d’intérêt est le type de revenu de placement le plus lourdement imposé. Je pousse aujourd’hui le sujet un peu plus loin en abordant la phase suivante de la planification financière fiscalement avantageuse : l’utilisation d’un régime enregistré d’épargne-retraite et d’un compte d’épargne libre d’impôt.

Lorsqu’on leur demande d’établir la répartition de l’actif d’un nouveau client, les professionnels des placements posent d’abord une série de questions. Ces questions visent notamment à déterminer l’appétit pour le risque du client, ses besoins immédiats en matière de liquidités, son seuil de tolérance à la volatilité et son horizon de placement. À la lumière des réponses du client, le professionnel recommande ensuite une stratégie de répartition de l’actif appropriée. Plus précisément, le professionnel recommandera au client de répartir son actif dans des actions (c’est-à-dire des placements qui procurent des revenus de dividendes et qui produisent des gains en capital) et dans des titres à revenu fixe ou des titres de créance (c’est-à-dire des placements qui génèrent des revenus d’intérêt). Évidemment, la répartition de l’actif varie d’un épargnant à l’autre, suivant ses réponses aux questions posées par le professionnel et les suggestions de ce dernier.

Nos clients nous demandent souvent combien ils devraient verser dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) et combien ils devraient cotiser à leur régime enregistré d’épargne-retraite (REER). La réponse à cette question dépend évidemment de la situation personnelle de chacun, mais une règle de base en matière de planification financière s’impose : si la répartition de l’actif recommandée comprend des placements en titres à revenu fixe et des placements en actions, les placements en titres à revenu fixe devraient être détenus au sein d’un compte fiscalement avantageux. En d’autres mots, le client devrait détenir ses placements en titres à revenu fixe dans un CELI et/ou un REER.

Pourquoi? Tout simplement parce que les revenus d’intérêt étant les revenus de placement les plus imposés des trois principaux types de revenus de placement, il est préférable de réaliser un revenu d’intérêt au sein d’un compte fiscalement avantageux. Ceci vous semble probablement tout à fait logique, mais nous sommes toujours surpris de constater que des clients font exactement l’inverse! Cela dit, il est peut-être légitime de penser que le fait de détenir des placements à rendement élevé au sein d’un CELI permettra de garder d’importants revenus de placement à l’abri de l’impôt, mais je demeure convaincu qu’il est plus prudent, à tout le moins, de détenir ses placements en titres à revenu fixe dans son REER.

Il ne fait aucun doute qu’il est plus profitable sur le plan fiscal de détenir la composante en titres à revenu fixe de son portefeuille dans un compte fiscalement avantageux. Cela dit, puisque le REER et le CELI comportent tous deux un plafond de cotisation, je sais qu’il n’est pas toujours possible de procéder ainsi sur-le-champ. Toutefois, au fil du temps, il est très important que vous fassiez tout ce que vous pouvez pour rendre votre portefeuille de placements le plus fiscalement avantageux possible. Chez T.E. Mirador, nous mettons tout en œuvre pour structurer et rééquilibrer le portefeuille de nos clients de cette façon, et vous devriez en faire autant.

Dans mon prochain billet, je parlerai davantage de cette stratégie, en mettant l’accent sur les placements étrangers, et vous verrez qu’il y a d’autres avantages (et désavantages…) à structurer les placements étrangers de votre portefeuille de façon stratégique.

À bientôt!

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