La quête du bonheur : qu’est-ce qui rend la vie belle?

Entretien avec Paul Krismer, expert en bonheur (partie 1 sur 2)

Pour certains, la vie en isolement, en pleine pandémie de la COVID-19, se résume à une journée de travail plus longue – et plus stressante –, un évier constamment rempli de vaisselle sale et devenir un « généraliste » dans divers domaines, de l’enseignement à domicile à la coiffure. Pour d’autres, elle se traduit par un nombre d’heures libres à ne plus savoir qu’en faire. En fait, je pense que c’est peut-être même ce qui explique la pénurie de farine! Peu importe ce que la vie vous réserve, il y a de fortes chances que le changement de rythme vous ait donné l’occasion de réfléchir davantage à ce qui compte vraiment.

Conférencier renommé, coach en gestion certifié et auteur à succès, Paul Krismer est un des experts en bonheur les plus renommés au pays. Dans cette première partie d’une entrevue en deux volets, il nous rapproche un peu plus de la réponse à une question éternelle, mais toujours si actuelle : qu’est-ce qui rend la vie belle?

Pourquoi nous arrive-t-il de saboter notre bonheur? Comment corriger cela?

Les raisons sont nombreuses et varient d’une personne à l’autre, mais un thème particulier s’applique à presque chacun de nous. Notre culture occidentale, qui s’impose rapidement dans le monde entier, nous enseigne une formule de la vie profondément défaillante. Dès l’enfance, on nous enseigne que si nous travaillons dur, si nous restons concentrés et si nous persévérons jusqu’à la fin, nous pourrons accomplir nos tâches et acquérir des biens matériels. Ensuite, nous serons heureux. Autrement dit : accumule des biens matériels, sois reconnu pour tes réalisations et cela te procurera un sentiment d’accomplissement. Cette formule n’est pas entièrement erronée, mais le bonheur que l’on en retire est de courte durée. Par exemple, l’achat d’une paire de souliers neufs nous procure une bouffée de joie, mais deux semaines plus tard, les nouvelles chaussures ont la même qualité émotionnelle que les vieilles.

Cette formule exclut les circonstances de la vie qui, selon les études scientifiques, nous rendent heureux. Nous avons besoin d’activités qui nous procurent un sentiment de flux. Nos actions doivent s’appuyer sur des valeurs qui nous tiennent à cœur. Il faut donc réfléchir aux activités qui, dans notre quotidien, nous apportent satisfaction et captivent notre attention. Elles diffèrent d’un individu à l’autre. Par exemple, j’adore enseigner, donc quand j’interviens à titre de conférencier ou de formateur, je m’investis entièrement dans le moment présent. Je ne vois pas le temps passer et je profite de ma journée. Pour bien des gens (une grande majorité, selon Gallup), le travail est profondément démoralisant.

La plupart d’entre nous n’avons pas réfléchi à nos valeurs, nous ne les avons pas choisies activement. Quiconque mène une existence qui n’est pas en accord avec ses motivations profondes est malheureux et se sent perdu. Pour remédier à cela, il faut choisir ses valeurs consciemment. Si vous savez ce qui vous motive et vous donne le sentiment d’être utile, vos actions s’enchaînent naturellement et sont conformes à vos valeurs.

Lorsque les circonstances de la vie nous empêchent de nous adonner pleinement à des activités épanouissantes, que pouvons-nous faire pour accroître notre sentiment d’accomplissement malgré tout?

Si vous parvenez à définir clairement vos valeurs les plus importantes, vous pourrez aménager des plages de temps, même petites, pour vous y consacrer.

Pour ne pas perdre de vue ce qui compte pour vous, il est recommandé de pratiquer la pleine conscience. Notre emploi du temps chargé s’accompagne d’un brouhaha mental où se mêlent nos regrets et nos inquiétudes. Consacrer quelques minutes à la méditation chaque jour peut tout changer. Cela réduit le volume du brouhaha mental et nous permet de mieux profiter des petites joies du quotidien. Selon des études scientifiques, on constate un épaississement du tissu cérébral du cortex préfrontal gauche – la région du cerveau associée à la régulation des émotions (sentiment de satisfaction) – chez les nouveaux adeptes de la méditation après seulement huit semaines de pratique.

Quand on a du mal à aller vers les autres, comment faire pour tisser des liens plus enrichissants?

Nous savons que l’isolement social est une source de profond mal-être et que ce problème s’aggrave, et pas seulement en période de quarantaine. La structure de notre société est de moins en moins propice aux relations durables et profondes. Nous vivons loin de la famille. Nous travaillons dans de grandes entreprises impersonnelles. La plupart d’entre nous ne connaissent même pas nos voisins. Le remède à cela est plutôt simple, mais il peut être difficile à mettre en pratique.

Commencez par un geste simple : téléphonez à votre mère. Vous pouvez également échanger régulièrement avec un autre membre de la famille, par appel vidéo. L’information émotionnelle contenue dans les expressions du visage augmente considérablement la qualité de l’échange entre deux personnes, et ce mode de communication est à la portée de tout le monde.

Devenez membre d’un groupe en ligne (pour soutenir une cause qui vous est chère, pour pratiquer votre passe-temps favori ou pour parfaire vos connaissances), et vous verrez que c’est une excellente façon de rencontrer des gens et d’avoir des interactions sociales agréables et régulières. Si vous êtes assidu, vous nouerez des amitiés.

Quelle question importante doit-on se poser quand on décide de se construire une belle vie?

Tout d’abord, j’encourage les gens à prendre conscience des fausses promesses de notre culture de consommation. Les joies du magasinage sont éphémères. Des études reconnues montrent que le matérialisme mène régulièrement à une diminution du bonheur. Pourtant, notre société occidentale est bombardée de messages qui essaient de nous convaincre qu’en achetant des biens matériels, nous serons plus heureux, plus populaires, plus séduisants, en meilleure santé, etc.

Bien entendu, il est important de planifier en vue de subvenir à tous vos besoins biologiques élémentaires, plus tard. Cela dit, une fois ces besoins satisfaits, s’enrichir ne signifie pas être plus heureux. Par conséquent, que faut-il faire pour vivre pleinement notre vie?

Posez-vous cette question : comment mener une vie en accord avec les valeurs que j’ai choisies? Si vous savez pourquoi vous vous levez chaque matin (cette mission qui nourrit une motivation intrinsèquement satisfaisante), alors vous n’avez pas à vous inquiéter du rôle que vous avez à jouer. Lorsque vos valeurs ont été définies avec soin et hiérarchisées, vos comportements s’ajustent naturellement. Vos actions vous mettront sur la bonne voie. Il ne s’agit pas de vous demander en permanence si vous êtes heureux, car cet état de satisfaction ne se mesure pas en minutes. Il s’exprime en mois, en années, en décennies.

Ceux qui s’investissent dans la quête du bonheur et qui acquièrent les connaissances nécessaires pour être plus heureux constatent une amélioration de leur bien-être.

Êtes-vous heureux? Pour le savoir, répondez au questionnaire de Paul ici (en anglais).

Conférencier et coach reconnu, Paul Krismer est directeur du bonheur et fondateur de The Happiness Experts Company.

Cet article est extrait du bulletin de Conseillers T.E., Stratégies. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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