La COVID-19 n’aura pas raison de la culture

Avant la pandémie, assister à une représentation de Hamilton figurait dans la « liste des choses à faire avant de mourir » de bien des gens. Aujourd’hui, on peut voir cette comédie musicale, lauréate de plusieurs Tony et mettant en vedette sa distribution originale, sans quitter le confort de son salon. Bienvenue dans le monde de la culture au temps de la COVID-19. Du moins pour l’instant.

Les événements culturels par écrans interposés présentent des avantages et des inconvénients. Ils nous privent des claquements et autres sons que produisent les pieds d’un danseur sur scène, on ne distingue pas les coups de pinceau sur la toile et on ne sent pas les vibrations d’un orchestre nous traverser le corps.

Cela dit, le monde du numérique est infiniment grand. Au Canada et dans le monde entier, les établissements culturels ouvrent leurs portes aux visiteurs virtuels et la culture est plus accessible que jamais.

La société Disney l’a compris il y a des mois. Elle a donc payé 75 M$ pour obtenir les droits de diffusion de cette incroyable comédie musicale et a devancé de plus d’une année (soit d’octobre 2021 à juillet 2020) sa date de sortie pour étancher la soif de culture du public en ces temps de distanciation physique. Aujourd’hui, le public de Hamilton a atteint des proportions mondiales, qui auraient été inimaginables avant l’éclosion de la COVID-19.

Le secteur culturel durement touché

Les règles de distanciation physique ont mis sur pause des pans entiers de l’économie, à l’échelle nationale et mondiale. Certains secteurs commencent à reprendre pied, mais d’autres sont toujours à terre. C’est le cas du secteur canadien de la culture. Les théâtres sont fermés d’un bout à l’autre du pays et un nombre incalculable de groupes culturels communautaires se démènent pour ne pas sombrer. Même le Cirque du Soleil a déclaré faillite.

Les prestations colorées du Cirque reflètent la vitalité de Montréal, sa ville d’origine. L’été, à Montréal, les événements de grande envergure et les festivals abondent. Cette année, l’atmosphère de la ville est très différente. Le Grand Prix de F1, le Festival International de Jazz et bien d’autres événements ont été annulés et la ville est plus calme que d’ordinaire. Les touristes finiront par revenir, mais, pour l’instant, les Montréalais ont presque la ville pour eux seuls.

Les annulations massives d’événements culturels ont des répercussions économiques désastreuses. Publiée en juillet, une enquête menée par Statistique Canada  pour évaluer les répercussions de la COVID-19 sur les entreprises révèle que plus des trois quarts (80,3 %) des entreprises du secteur des arts, des spectacles et des loisirs ont subi des baisses de revenus de 30 % ou plus.

Un sondage auprès d’artistes et interprètes indépendants mené par I Lost My Gig révèle une situation encore plus sombre et personnelle, puisque les pertes de revenus moyennes prévues par les répondants s’élèvent à 25 000 $ en 2020. À titre indicatif, cela représente plus de 80 % de leurs revenus annuels attendus. Nous sommes des témoins directs de cela. Des amis et des clients du milieu culturel ont de graves difficultés financières et bon nombre d’entre eux recherchent d’autres types d’emploi.

Malgré tout, la culture est innovante

Les professionnels de la culture sont créatifs de nature. Ils savent rebondir en cas de coup dur, remplir les salles, nous faire rire et nous transporter temporairement, du moins en pensée, dans d’autres mondes. S’il y a un secteur capable de créativité en cette période de pandémie, c’est bien le secteur culturel.

Il a cependant besoin d’un coup de main. Et fort heureusement, l’aide s’organise. Plusieurs de nos clients continuent de soutenir financièrement les établissements culturels malgré la pandémie et cet afflux de liquidités pourrait empêcher des faillites.

Les gouvernements canadiens se mobilisent. En mai, le gouvernement fédéral a annoncé les détails du Fonds d’urgence pour soutenir les organismes chargés de la culture, du patrimoine et du sport. Ce fonds d’urgence de 500 millions de dollars vise à aider les organismes à « maintenir leurs activités tout en continuant à soutenir les artistes et les athlètes, et à préserver les emplois ».

S’adapter à la pandémie

Est-ce que tout cela suffira pour sauver les théâtres, les cinémas, les orchestres et tout le reste? Difficile à dire, mais alors que la vie poursuit son cours malgré la pandémie, nous savons qu’il est possible de vivre des expériences culturelles passionnantes virtuellement, en attendant de pouvoir les vivre en personne.

Les entreprises soutiennent les établissements d’arts de diverses façons grâce à la technologie. Par exemple, elles permettent aux clients d’accéder virtuellement aux établissements qu’ils ne sont pas en mesure de fréquenter en personne. Plusieurs visites guidées virtuelles sont gratuites, mais certains paient leurs visites, soutenant ainsi les arts en cette période particulièrement difficile. Au début du confinement, notre entreprise a offert à tous ses employés un accès virtuel au At-Home Gala du Metropolitan Opera.

Tous les grands réseaux canadiens de langues anglaise et française ont des options de diffusion en continu qui donnent accès à un large éventail de films, de séries télévisées et de documentaires. On y trouve de véritables bijoux dans les deux langues officielles et une multitude de films étrangers sous-titrés.

Les compagnies de théâtre bien établies font preuve d’innovation, elles aussi. Le Festival de Stratford a annulé toute sa programmation de 2020 pour ce qui est des représentations en salle, mais on peut tout de même visionner bon nombre de ses productions de pièces de Shakespeare sur son portail en ligne, Stratfest@Home. Certaines représentations sont accessibles gratuitement à certaines dates, d’autres sont en vente ou en location en tout temps. Les « deux illustres maisons » de la « belle Vérone » n’ont jamais été aussi accessibles.

Les théâtres du quartier West End de Londres, qui, pour la plupart, resteront fermés encore quelque temps, proposent une expérience similaire. Le National Theatre de Londres met en ligne gratuitement l’intégralité d’une représentation chaque semaine. Il propose aussi une série de jeux-questionnaires interactifs sur la culture générale, présentés par des artistes comme Dame Helen Mirren ou Sir Ian McKellen. On est un peu loin du Roi Lear, mais c’est très divertissant.

On peut aussi écouter Elaine Paige, doyenne des comédies musicales, tous les dimanches matins sur BBC2 à 8 h (heure normale de l’Est). Dans son émission de deux heures, elle présente des chansons de comédies musicales de Broadway, du West End et du cinéma. Si vous êtes comme moi, vous pousserez la chansonnette tout en vaquant à vos occupations, dans le confort de votre cuisine.

Le déconfinement se poursuit tranquillement et les expériences en personne s’ouvrent à nous, à condition de respecter la distanciation physique. Un souper à votre restaurant favori? Il faut réserver sa table et porter un masque, mais on peut à nouveau sortir manger au resto!

Le Canada est un pays immense et offre d’incalculables possibilités de découvertes. À la suite de la récente acquisition de Conseillers T.E par CWB, nous avons étendu notre présence nationale et décidé de mettre à l’honneur et de soutenir des entreprises canadiennes. D’un bout à l’autre du pays, des superbes restaurants d’Edmonton aux hôtels historiques de la ville de Québec, notre équipe soutient activement les entreprises locales et les symboles culturels.

Un voyage à l’étranger en vue?

Nous adorons les récits des clients qui voyagent à l’étranger pour vivre des expériences culturelles. Nous savons que l’atmosphère des théâtres manque à bon nombre de nos clients. Elle nous manque, à nous aussi.

Malheureusement, il sera difficile de voyager à l’étranger à des fins culturelles, du moins dans l’immédiat. La frontière canado-américaine, par exemple, restera fermée à tous les voyages non essentiels encore quelque temps et il faudra attendre des mois avant que les lumières de Broadway se rallument.

En Europe, le redémarrage du secteur de la culture est encore timide. À l’échelle du continent, les opéras ont fermé leurs portes au printemps à cause de la pandémie, mais ils sont nombreux à trouver des solutions pour offrir des prestations en direct devant public.

Au début de l’été, le Deutsche Oper de Berlin a offert une version courte de L’or du Rhin, de Wagner, à des amateurs d’opéra installés sur des chaises en plastique, dans un stationnement extérieur. Cette initiative a remporté un franc succès. Les 800 billets mis en vente pour les cinq représentations se sont envolés en 12 minutes.

Un amateur de culture informé en vaut deux

Pour vraiment profiter de l’offre culturelle en cette période de pandémie, le secret est de bien s’informer. Renseignez-vous sur le lieu, mais aussi sur les restrictions de voyage et les politiques d’annulation. Et si cela vous paraît bien fastidieux, pourquoi ne pas inviter quelques proches à une séance de visionnement chez vous? Dans un monde sens dessus dessous, savourer Hamilton entre amis est peut-être la meilleure chose à faire.

Val Pippy, vice-présidente principale et conseillère financière, Conseillers T.E., Toronto
Patrizio Fortino, conseiller en placements, Conseillers T.E., Montréal

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