Investir, c’est un peu comme rénover sa maison. On peut le faire soi-même, mais est-ce une bonne idée?

Bien investir n’est pas chose facile, à moins de s’y consacrer à temps plein. Qui plus est, même si vous avez les compétences et le temps nécessaires pour gérer vos placements vous-même, il est peut-être plus sage de faire appel à un expert.

Vous pourriez gérer vous-même votre portefeuille si vous avez de solides connaissances des marchés financiers, si vous maîtrisez certains concepts comme la diversification, le rééquilibrage et la répartition de l’actif, et si vous êtes suffisamment discipliné pour respecter un plan établi. Cela dit, même si vous avez les compétences requises pour gérer vous-même votre argent, il est préférable de confier cette tâche à un conseiller en placements professionnel pour plusieurs raisons.

Généralement, rien ne nuit plus aux saines habitudes de placement que les émotions. Il arrive souvent qu’un investisseur autonome devienne son propre pire ennemi, par exemple en achetant une action alors qu’elle a déjà fini de grimper ou en vendant à bas prix sous le coup de la panique. Ce type d’investisseur a tendance à multiplier les opérations et à essayer d’anticiper le marché, ce qui fait grimper les coûts et réduit le rendement global du portefeuille à long terme. Ces comportements nuisibles peuvent avoir de lourdes conséquences. Comme l’illustre le graphique* ci-­dessous, tiré de la publication de J.P. Morgan intitulée Guide to the Market, l’investisseur autonome moyen a obtenu un rendement nettement inférieur à celui de chaque grande catégorie d’actif au cours de la période étudiée.

Il arrive souvent qu’un investisseur autonome devienne son propre pire ennemi.

En revanche, un conseiller en placements professionnel peut apporter de la rigueur à votre portefeuille, tout en vous protégeant de vos émotions. Lorsque la volatilité s’empare des marchés, comme cela se produit de temps en temps, un gestionnaire veillera au respect de votre plan à long terme et vous rappellera vos objectifs financiers.

Un conseiller peut également créer de la valeur en vous aidant à y voir plus clair. Le marché regorge de produits de placement et, pour la plupart des gens, il est difficile de s’y retrouver. Un conseiller peut vous expliquer ce que vous pouvez attendre des diverses catégories de placements. Il peut aussi souligner les avantages d’un portefeuille qui maximise les rendements tout en réduisant la volatilité et expliquer comment construire un tel portefeuille de manière fiscalement avantageuse.

Les conseillers en placements ne sont pas tous égaux. Voici des exemples de questions à considérer lorsque vous choisissez un conseiller :

  • Est-il inscrit auprès d’un organisme de réglementation? Au Canada, toute société ou personne physique qui propose des placements ou qui formule des conseils de placement est tenue de s’inscrire auprès des autorités en valeurs mobilières de sa province ou de son territoire, à moins d’avoir une dispense. Adressez-vous à la commission des valeurs mobilières de votre région pour vérifier si la personne ou la société en question est inscrite.
  • A-t-il des qualifications supplémentaires? Outre l’inscription auprès d’un organisme de réglementation, il existe des titres professionnels qui ne sont pas obligatoires, comme ceux d’analyste financier agréé (CFA®), gestionnaire de placements agréé (CIM®), de Certified International Wealth Manager (CIWM), de professionnel des fiducies et des successions (MTI®) et de planificateur financier personnel (PFP®). Ces titres professionnels indiquent qu’un conseiller possède des compétences spécialisées, qu’il pourra appliquer aux stratégies de portefeuille qu’il proposera.
  • De quelle façon est-il rémunéré? Est-il salarié ou touche-t-il des honoraires ou des commissions? Suivant le modèle de rémunération, il peut être tentant pour un conseiller en placements de prendre des décisions qui ne priorisent pas votre bien-être financier. On considère généralement que les conseillers qui facturent seulement des honoraires sont plus à même de formuler des conseils impartiaux, car leurs revenus ne proviennent pas de la vente de produits financiers.

En confiant vos avoirs à un gardien des valeurs externe indépendant, vous créez un pare-feu entre votre argent et votre conseiller.

  • Y a-t-il un dépositaire indépendant? En confiant vos avoirs à un gardien des valeurs externe indépendant, vous créez un pare-feu entre votre argent et votre conseiller. Si un dépositaire indépendant soupçonne des activités frauduleuses, quelles qu’elles soient, il communiquera avec le titulaire du compte ou signalera le conseiller aux organismes de réglementation appropriés. De plus, le dépositaire envoie directement à chaque client les relevés trimestriels, qui récapitulent l’activité du compte comme les dépôts, les retraits, les opérations et tous les frais de gestion qui ont été prélevés. L’investisseur profite ainsi d’une transparence totale quant à son argent et reçoit des relevés officiels relatifs à son compte.

Indices laissant supposer un conflit d’intérêts

Que vous ayez déjà un conseiller ou que vous en cherchiez un, il est sage d’être attentif aux signes indiquant que ses conseils sont peut-être en conflit avec vos intérêts. Voici quelques exemples :

  • le conseiller essaie de vous vendre des produits de placement maison qui ne sont pas compatibles avec vos objectifs;
  • il fait des opérations fréquentes, ce qui augmente ses commissions;
  • il recommande des produits de placement dispensés qui ne vous conviennent pas;
  • il pratique la vente sous pression;
  • il se vante de disposer de renseignements privilégiés au sujet d’un placement.

Tout comme il existe des entrepreneurs louches dans le domaine de la rénovation domiciliaire, certains conseillers en placements sont à éviter. En posant les bonnes questions dès le départ et en sachant reconnaître les signes d’un conflit d’intérêts, vous pourrez gagner du temps et vous éviterez bien des tracas ainsi que des pertes financières inutiles.


*Les indices utilisés sont les suivants : FPI : indice NAREIT Equity REIT. EAEO : indice MSCI EAFE. Pétrole : indice WTI. Obligations : Barclays U.S. Aggregate Index. Habitations : prix médian des maisons unifamiliales à la revente. Or : USD/once troy. Inflation : IPC. 60/40 : portefeuille équilibré qui investit 60 % de son actif dans l’indice S&P 500 et 40 % dans des titres à revenu fixe américains de qualité élevée, représentés par l’indice Barclays U.S. Aggregate Index. Le portefeuille est rééquilibré une fois par année. Le rendement de l’investisseur moyen axé sur la répartition de l’actif est fondé sur une analyse de Dalbar Inc., qui utilise l’ensemble des ventes, rachats et échanges de parts de fonds communs de placement chaque mois pour évaluer le comportement des investisseurs. Les rendements sont annualisés (il s’agit de rendements totaux, le cas échéant) et représentent la période de 20 ans terminée le 31 décembre 2016 afin de correspondre avec la dernière analyse en date de Dalbar.

Andrew Hepburn est un rédacteur financier et journaliste à la pige établi à Toronto. Il a écrit pour diverses publications, notamment le Globe and Mail, Maclean’s et Morningstar.

Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de décembre 2017. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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