Finis les gains faciles

Finis les gains faciles

Été 2010

Depuis quelque temps, tous s’entendent pour dire que les taux d’intérêt ne peuvent que monter. Maintenant que les taux ont entrepris leur ascension, quelle sera l’incidence de l’augmentation du coût du crédit sur votre portefeuille?

Il est facile de croire que la hausse des taux d’intérêt nuit au rendement des portefeuilles. À mesure que les taux d’intérêt augmentent, la valeur des obligations du portefeuille peut diminuer. Quant aux actions, la hausse des coûts d’emprunt réduit les bénéfices, tout au moins jusqu’à ce que les entreprises réagissent en haussant leurs prix, en réduisant les dépenses ou les deux. Mais un coup d’oeil sur le passé donne une tout autre perspective sur l’effet de la hausse des taux d’intérêt sur les rendements des portefeuilles.

Regard sur les années 1960

La dernière hausse soutenue des taux d’intérêt s’est produite de 1968 à 1981 inclusivement, période pendant laquelle le taux préférentiel est passé d’environ 5 % à 22,75 %. Personne ne prévoit une telle flambée des taux, mais on peut tirer de précieuses leçons du passé. Au cours de ces 13 années, les actions et les obligations ont produit des rendements positifs presque chaque année, l’indice composé S&P/TSX n’ayant affiché que trois baisses annuelles dont une pendant le crash de 1973-1974 et une autre pendant la baisse de 1980-1981, et l’indice d’obligations à long terme DEX a eu un rendement annuel négatif seulement quatre fois. Qu’y a-t-il de différent aujourd’hui? Premièrement, l’inflation. Durant la dernière période de montée des taux d’intérêt, l’inflation était aussi en hausse. De 1970 à 1980, l’indice des prix à la consommation a progressé au taux annuel moyen de 7,6 % et à plusieurs reprises pendant cette période le taux annuel d’inflation a été supérieur à 10 %. Aujourd’hui, l’inflation au Canada se situe dans la fourchette cible de 1 % à 3 % établie par la Banque du Canada. Les rendements des obligations à long terme, qui constituent un bon baromètre du risque d’inflation future, sont en baisse; cela indique que l’accélération de l’inflation n’est pas une source d’inquiétude à l’heure actuelle. Or, c’est la crainte d’une augmentation de l’inflation qui peut susciter une hausse des taux d’intérêt.

Légéres hausses de taux prévues     

Les récentes hausses du taux directeur de la Banque du Canada sont davantage attribuables au retrait des mesures de relance qu’à la volonté de la Banque de contrôler l’inflation ou de ralentir l’économie. Étant donné la vigueur évidente de l’économie canadienne, la Banque indique qu’il n’est plus nécessaire de maintenir les taux d’intérêt à un niveau extrêmement bas. On peut s’attendre à ce que les autorités monétaires canadiennes augmentent progressivement les taux d’intérêt à court terme, mais les taux à moyen terme et à long terme dépendront des perspectives d’inflation, ce qui aura pour effet d’aplanir davantage la courbe des rendements. À moins d’une accélération soudaine de l’inflation, rien ne permet de croire que les taux d’intérêt à long terme vont bondir.

Rendements plus modestes à l’horizon

Pour la plupart des portefeuilles d’obligations, l’augmentation des taux d’intérêt à court terme ne sera pas nécessairement néfaste. Comme l’indique le graphique ci-dessous, même quand tous les taux sont en hausse, il est inhabituel de subir des pertes importantes sur les obligations. Selon toute probabilité, la composante en obligations du portefeuille pourrait produire des rendements faibles ou légèrement négatifs à court terme et les rendements à plus long terme devraient être proches du taux d’intérêt nominal. Même si cette perspective est peu réjouissante, il n’y a pas lieu de renoncer entièrement aux obligations.

Roles distincts des ôbligations et des actions

En général, les obligations ont pour but de procurer un revenu stable et de protéger en cas de catastrophe, fonction qu’elles ont bien remplie pendant la crise financière. Cette catégorie d’actif peut préserver la valeur du portefeuille et fournir des liquidités. Les obligations, et en particulier les obligations gouvernementales, sont en corrélation négative avec les actions, ce qui contribue à atténuer la volatilité du portefeuille. De plus, les obligations assurent une excellente protection contre la déflation, contrairement aux actions.

Par contre, les obligations n’arrivent pas à surpasser l’inflation de manière constante. Ce rôle revient aux actions. Pendant la période de 30 ans qui a débuté en 1950, l’indice d’obligations à long terme DEX a suivi l’inflation, même quand les taux ont augmenté dans les années 1970. Les actions, que l’indice composé S&P/TSX représente, ont surpassé l’inflation à chaque décennie depuis 1950. Bien que le marché boursier n’aime pas l’inflation, il finit par s’y adapter. Cela dit, si on prévoit que l’inflation demeurera modeste, devriez-vous abandonner les actions et le risque qu’elles présentent? Seulement si vous êtes disposé à vous satisfaire d’un taux de rendement à long terme de 3 % ou 4 % sans compter l’inflation.

Une chose est certaine : dans un contexte de croissance modeste, de taux peu élevés et de faible inflation, nous devons modifier nos attentes en matière de rendement. Quand l’inflation était d’environ 10 % et même plus dans les années 1980, un portefeuille équilibré avait un rendement de 16 %. Maintenant que l’inflation est d’à peine 2 %, il serait raisonnable de prévoir obtenir un rendement de 5 % à 6 % d’un portefeuille équilibré.

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