Faire face à la réalité économique de la COVID-19

La crise de la COVID-19 transforme de maintes façons la vie des Canadiens. Des millions de personnes et de familles demandent le soutien d’urgence du gouvernement, les investisseurs surveillent avec nervosité les fluctuations des marchés boursiers et les professionnels de la santé en première ligne s’épuisent pour sauver des vies. Beaucoup de gens se demandent, à juste titre, ce qui se passera ensuite pendant qu’ils s’adaptent à une toute nouvelle réalité.

Personne ne peut répondre à cette question avec certitude, et quiconque prétend pouvoir le faire se trompe. Pourtant, si l’on examine attentivement la réaction des décideurs, des entreprises et des citoyens, il en ressort une vague impression quelque peu rassurante que nous allons nous en sortir ensemble.

Nous entrons dans une longue récession

Selon la dernière Enquête sur les perspectives des entreprises publiée chaque trimestre par la Banque du Canada, la confiance des entreprises canadiennes s’était affaiblie « avant même l’intensification du choc causé par la COVID‑19 ». Cette tendance baissière s’accentue maintenant que nous sommes tous confrontés aux répercussions économiques dévastatrices de la COVID-19 partout au pays. Autrement dit, il n’y a aucun doute que nous entrons dans une longue récession. Il reste maintenant à savoir quelles seront la gravité et la durée de cette récession.

Adoptant une perspective internationale, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a brossé un tableau plutôt sombre de la nouvelle réalité. « Nous avons assisté à la paralysie de l’économie mondiale. Nous sommes maintenant en récession et c’est bien pire que la crise financière mondiale. »

Le gouvernement joue un rôle grandissant

De nombreux politiciens qualifient la présente crise de guerre contre la COVID-19, les administrations publiques et les entreprises se mobilisant pour combattre un ennemi mortel. Et même si le thème de la guerre peut être exagéré, il n’en demeure pas moins que, d’un point de vue économique, l’intervention du gouvernement du Canada est d’une ampleur sans pareil depuis la Seconde Guerre mondiale.

À mon avis, le rôle accru des administrations publiques fera partie de nos vies pendant des années encore, ce qui aura un coût qui prendra la forme de hausses d’impôts. Certains Canadiens en seront irrités, tandis que d’autres s’en réjouiront. Quoi qu’il en soit, les gouvernements tentaculaires sont là pour un bon bout de temps.

Résilience du secteur financier canadien

Les plans de placement de presque tous les Canadiens sont liés, directement ou indirectement, au secteur financier, et ce secteur vital pour notre économie subit des pressions énormes, c’est le moins qu’on puisse dire. Or, même sous tension, il arrive à tirer son épingle du jeu en ce moment, et ce, pour plusieurs raisons, à commencer par la vigueur sous-jacente de nos institutions financières, bien gérées et bien réglementées.

Le mot résilience est souvent utilisé pour décrire nos institutions de prêt – comme des modèles de services financiers – et la réglementation régissant nos pratiques d’octroi de prêts. L’emploi de ce mot et de ses nombreux synonymes envoie aussi un message de confiance aux Canadiens, comme Jeremy Rudin, surintendant du BSIF, a tenu à le souligner dans sa déclaration plus tôt ce mois-ci : « Les Canadiens peuvent continuer de faire confiance à notre système financier en cette période extraordinaire grâce à sa résilience et à son état de préparation. »

Le secteur de l’énergie frappé de plein fouet

Il en va autrement du secteur de l’énergie. La chute des prix du pétrole, la demande anémique et l’augmentation des stocks concourent à mettre ce secteur – un des plus importants au Canada – à rude épreuve comme jamais auparavant.

Dans un article publié à la fin du mois dernier dans le Financial Post, l’éminent économiste du secteur de l’énergie Peter Tertzakian a mis en garde contre les effets considérables de ces pressions sur toutes les parties prenantes. « Une perturbation sociétale de cette ampleur affecte les fournisseurs et les consommateurs d’énergie, ainsi que tous les intermédiaires. Ce problème, qui touche tout le système, afflige non seulement les champs pétrolifères de l’Ouest canadien, mais aussi l’ensemble du continent. Tout le système est perturbé. »

Le secteur canadien de l’énergie, comme la plupart des autres secteurs de notre économie, rebondira. Cela dit, la rapidité et la forme de cette reprise, qui est encore lointaine, sont incertaines. Cette situation est préoccupante, surtout pour l’Ouest canadien. Les administrations publiques et les Canadiens partout au pays comptent sur le secteur de l’énergie pour l’emploi, les recettes fiscales et les rendements des placements.

Pause de l’économie

Des pans entiers de l’économie marquent une pause dont la durée est indéfinie. Les Canadiens qui travaillent dans les secteurs du tourisme, de l’hébergement et de la culture font partie des millions de personnes qui demandent le soutien d’urgence du gouvernement, leurs employeurs étant durement touchés par l’effondrement de la demande.

La débâcle touche aussi l’immobilier. À Toronto, par exemple, les ventes ont affiché une vigueur persistante au début de mars, avant de dégringoler à la fin du mois. « Les données pour mars sont élevées par rapport à celles de l’an dernier, a déclaré Michael Collins, président de la Toronto Real Estate Board, mais l’incidence de la COVID-19 s’est certainement faite sentir dans le nombre de ventes comptabilisées dans la seconde partie de mars. » M. Collins et bien d’autres intervenants dans le marché immobilier canadien attendent avec impatience les données d’avril pour voir si une tendance se dégage à la hausse ou à la baisse.

L’innovation en période de confinement

La pandémie a durement ébranlé les entrepreneurs. Les revenus d’innombrables petites entreprises se sont taris presque du jour au lendemain. Face à une situation cauchemardesque échappant totalement à leur contrôle, des milliers d’entrepreneurs n’ont eu guère d’autre choix que de mettre à pied des millions de travailleurs, du moins temporairement. En outre, sur le plan émotionnel, les conséquences du déclin des petites entreprises, voire leur effondrement, et les coûts tangibles et intangibles de la COVID-19 pour les entrepreneurs sont presque impossibles à mesurer.

La distanciation physique peut toutefois être une source d’innovation. Il n’y a pas d’obstacle à l’esprit d’entreprise. C’est une lueur d’espoir.

Face à une crise existentielle, de nombreux propriétaires d’entreprise se sont rapidement tournés vers les services en ligne non seulement pour assurer leur survie, mais aussi, de bien modestes manières peut-être, pour prospérer dans une économie mise à mal par la pandémie. Dans ce même esprit, les Canadiens mettent à profit leurs compétences pour réaliser de nouveaux projets, les gens prennent soin les uns des autres, et un fort sentiment de solidarité anime le pays.

La distanciation physique nous rapproche. Voilà l’image – et la réalité – que nous devons garder à l’esprit afin de nous aider à traverser cette crise.

Steven Bright, client de longue date de la société, a travaillé dans le secteur des services financiers et publié des articles sur celui-ci pendant plus de 25 ans. Vous pouvez le suivre sur LinkedIn.

Cet article est extrait du bulletin de Conseillers T.E., Stratégies. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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