Est-ce différent cette fois-ci?

Étant donné la très forte volatilité des marchés financiers depuis deux semaines, j’aimerais vous faire part de mes réflexions sur ce qui se passe en ce moment, réflexions qui s’appuient entre autres sur mes nombreuses lectures, ainsi que des observations très intéressantes de certains de nos gestionnaires.

À l’heure actuelle, quelques employés essentiels travaillent dans nos bureaux, pendant que le reste du personnel est en télétravail et dispose des systèmes et de la technologie nécessaires pour assurer les fonctions de gestion de portefeuille et de recherche.

Comme vous le savez, le marché boursier a accordé peu d’attention aux risques liés à la COVID-19, en particulier aux États-Unis, jusqu’au 24 février 2020. Les actions ont atteint des sommets inégalés, portées par les bas taux d’intérêt, l’optimisme suscité par l’économie, la baisse des tensions commerciales, la croissance des bénéfices et l’afflux massif de capitaux vers les fonds indiciels à gestion passive. Tout a changé radicalement lorsque la COVID-19 s’est propagée à l’extérieur de la Chine et que les entreprises un peu partout dans le monde ont cessé leurs activités sans savoir quand la situation reviendrait à la normale.

En plus des risques associés au virus, l’OPEP et la Russie ont décidé que le moment était venu de se livrer une guerre pour accroître leur part de marché dans le secteur du pétrole. Les prix de l’or noir se sont alors effondrés, sous l’effet de la baisse de la demande et de l’accroissement de l’offre à la suite de la rupture des pourparlers par l’OPEP. Ces événements ont exacerbé le repli des marchés.

« Les actions montent lentement mais sûrement et chutent de manière vertigineuse », comme le dit si bien l’un de nos gestionnaires. Cette fois-ci, elles ont dégringolé à un rythme plus soutenu et plus rapide que jamais (30 %), qui s’est accéléré par la prolifération des médias sociaux et l’énorme présence des FNB passifs sur le marché – la vente de parts de FNB entraîne le repli de chaque entreprise cotée en Bourse.

Je reconnais volontiers que les investisseurs ont de bonnes raisons de s’inquiéter, car il ne fait aucun doute que la fermeture des usines et la réduction des dépenses de consommation et de la circulation plongera l’économie mondiale en récession, laquelle pourrait se révéler profonde et de courte durée.

La volatilité actuelle, mesurée par l’indice de volatilité VIX, est légèrement supérieure au niveau atteint au plus fort de la crise financière de 2008. Les flambées de volatilité de cette ampleur n’ont jamais duré longtemps et indiquent souvent que le marché boursier a touché un creux.

Il est important de souligner que la vente sans discernement que nous avons observée a fait fléchir la plupart des groupes boursiers au même rythme, même si de nombreuses sociétés et industries seront beaucoup moins touchées par la crise et que certains titres et secteurs pourraient profiter de la situation.

J’ignore si les actions ont touché le fond, mais il faut s’attendre à plusieurs trimestres lamentables sur le plan économique. Lors des cycles baissiers précédents, les actions ont atteint leur plus bas niveau bien avant les données économiques, et les valorisations actuelles sont déjà comparables à celles constatées lors des creux précédents, comme en 2009.

Au cours des dernières décennies, le marché boursier a dû composer avec de très mauvaises nouvelles et a pourtant résisté et prospéré dans les années qui ont suivi. Il suffit de penser au défaut de paiement de la dette russe et à la faillite subséquente de Long-Term Capital Management en 1998, qui ont eu des effets catastrophiques sur l’ensemble du marché. En 2000, l’éclatement de la bulle technologique a été suivi par les attentats du 11 septembre 2001. Enron s’est effondrée en 2001 également. La crise financière survenue en 2008 a presque plongé les économies mondiales dans une dépression.

Malgré les mauvaises nouvelles et les flambées de volatilité, l’indice MSCI Monde a progressé de près de 500 % sur une période de 25 ans jusqu’à la fin de 2019.

Lors d’événements précédents, les investisseurs ont souvent réagi de manière exagérée aux nouvelles dramatiques et inattendues. Or, comme il arrive souvent lorsque les investisseurs cèdent à la panique et se délestent de leurs titres, le cours de l’action d’une entreprise s’écarte considérablement de sa valeur sous-jacente qui est généralement beaucoup plus stable. Nos gestionnaires s’intéressent avant tout à la valeur des entreprises et tentent d’ignorer les pressions du marché. Cet écart entre le cours du marché et la valeur de l’entreprise crée des occasions d’achat à des moments comme celui-ci. Par exemple, un de nos gestionnaires d’actions américaines a fait état d’une entreprise dans son portefeuille dont les revenus devaient augmenter de 10 % cette année, mais devraient maintenir fléchir de 3 % à cause de la récession provoquée par la COVID-19. L’action de cette entreprise a chuté de 38 %, ce qui donne à penser qu’elle est probablement survendue compte tenu de ses paramètres fondamentaux sous-jacents. La situation de cette entreprise est loin d’être unique.

En ce qui concerne la COVID-19, la situation s’améliore quelque peu en Chine, en Corée du Sud, au Japon et à Singapour, pays qui sont parvenus à freiner considérablement la propagation du virus grâce à des mesures diverses. Même si le virus sera lourd de conséquences à court terme sur l’économie de ces pays, il y a une lueur d’espoir que ces conséquences soient de courte durée.

En Chine, immédiatement après le Nouvel An lunaire, les principaux indicateurs quotidiens de l’activité économique ont reculé de 70 % à 80 % par rapport à leurs niveaux de 2019. Compte tenu du taux d’amélioration de 5 % à 10 % par semaine, il est possible que le niveau d’utilisation de la capacité en Chine revienne à la normale en avril, quatre mois après le début de la crise de la COVID-19.

Si l’Europe et l’Amérique du Nord parviennent à suivre la trajectoire de ces pays, on peut s’attendre à ce qu’une reprise économique s’amorce dans la seconde moitié de 2020. Étant donné les vastes mesures de relance prises en Amérique du Nord, la demande et la consommation pourraient également augmenter durant cette période.

Les banques centrales ont tiré des enseignements de leurs erreurs passées, et de meilleures protections (budgétaires, sociales et monétaires) contre les crises financières sont en place. Les administrations publiques et les banques centrales partout dans le monde se sont employées activement à assurer le bon fonctionnement des systèmes financiers au moyen de politiques budgétaires et monétaires traditionnelles et non traditionnelles. Le système bancaire mondial est bien capitalisé. Les grandes économies de la planète (principalement celles des États-Unis et de l’Europe) ne présentent pas de déséquilibres mondiaux appréciables. Cela signifie qu’il est peu probable que la présente crise cause des dommages systématiques qui prendront des années à réparer (comme ce fut le cas avec l’endettement immobilier des consommateurs américains en 2008).

Aussi difficile que cela puisse paraître, les investisseurs feront bien de conserver leurs placements dans des actions solides, selon leurs paramètres fondamentaux, dans une optique à long terme et de voir cette panique historique sur les marchés financiers d’un point de vue opportuniste.

Comme toujours, le succès d’un investisseur dépend presque exclusivement de sa capacité à garder le cap. Même si le parcours peut parfois être mouvementé, c’est ce que vous devez faire pour atteindre vos objectifs à long terme. En 2001 et en 2008, tout le monde disait que la situation était différente. C’est évidemment la même chose aujourd’hui. Je peux dire avec assurance que les choses ne seront pas différentes cette fois-ci et qu’elles s’amélioreront dès que l’incertitude diminuera.

Steven Belchetz, Vice-président principal
Conseillers T.E.

Source
Rendements du marché de l’indice MSCI provenant de MSCI Barra

Rien dans le présent document ne doit être considéré comme des conseils en placement. Veuillez toujours consulter votre conseiller en placement avant de prendre une décision de placement. Des commissions, des commissions de suivi, des frais et des charges de gestion, des frais et des charges de courtage peuvent être exigés pour les placements.

Les articles publiés dans ce site Internet sont de portée générale et présentés uniquement à titre informatif. Vous devez obtenir les conseils d’un professionnel avant d’entreprendre toute action fondée sur les informations contenues dans ces articles. Aucune référence à des tierces parties ne doit être interprétée comme une approbation de, ou un appui pour, ces tierces parties, leurs conseils, informations, produits ou services. Les marques de commerce mentionnées dans ce site Internet sont la propriété de leurs détenteurs respectifs.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *