Des facteurs fondamentaux restreignent la croissance de l’économie canadienne

Le Canada tarde à profiter du redressement des États-Unis et ne présente pas bon nombre des éléments qui ont propulsé l’économie américaine.

Reprise généralisée aux États-Unis

Le taux de croissance économique aux États-Unis dépasse actuellement de plus de 50 % sa tendance des cinq dernières années et le PIB réel a augmenté au taux annualisé de 4,6 % au deuxième trimestre. Le secteur de la consommation est celui qui a le plus contribué à cette croissance, mais d’autres éléments, comme les immobilisations, l’habitation, les exportations et la reconstitution des stocks, ont aussi eu une incidence positive sur la croissance. En raison du retrait des mesures d’austérité, les dépenses publiques, même aux niveaux étatique et local, contribuent aussi à la croissance.

Avec 224 000 emplois non agricoles créés en moyenne au cours de chacun des trois derniers mois, comparativement à une moyenne mensuelle de 193 000 en 2013, la croissance des revenus et de l’emploi alimente la reprise de la consommation. Le secteur des services professionnels et techniques a été l’un des plus performants au chapitre de la création d’emplois. On dénote également que le nombre d’emplois dans le secteur manufacturier a augmenté en moyenne de 8 000 par mois et qu’on a recommencé à embaucher des enseignants. Le secteur de la construction, quant à lui, montre des augmentations de 21 000 emplois par mois au troisième trimestre.

L’Europe stagne et la Chine ralentit

Le PIB réel a diminué au deuxième trimestre en Allemagne et en Italie, et il a stagné en France. Pendant ce temps, la production industrielle en Chine a connu sa plus faible augmentation depuis 2008, ce qui a nui aux prix mondiaux de l’énergie.

L’économie moribonde de l’Europe et les risques de déflation accroîtront son endettement et les problèmes de prêts non productifs de ses banques, ce qui ajoutera aux pressions sur le système bancaire européen. Lorsque la Banque centrale européenne publiera les résultats des tests de résistance des 128 plus grandes banques européennes à la fin d’octobre, on s’attend à ce qu’un certain nombre d’entre elles aient des prêts non productifs plus importants que leurs réserves de liquidités, ce qui pourrait perturber les marchés financiers.

Les prix du pétrole brut chutent

La faiblesse des prix de l’énergie aide à contenir l’inflation des prix à la consommation et les taux d’intérêt au Canada et aux États-Unis. Malgré des risques géopolitiques persistants, le prix du baril de pétrole brut West Texas Intermediate est passé de 107,95 $ US en juin à moins de

88 $ US. La production de pétrole brut aux États-Unis a augmenté de 14 % par rapport à 2013 et se chiffrait en moyenne à 8,7 millions de barils par jour, soit son rythme de production mensuel le plus élevé depuis 1986. La production prévue en 2015 est de 9,5 millions de barils par jour, et celle-ci serait la plus élevée depuis 1970. Par conséquent, les importations nettes de pétrole brut par les États-Unis devraient diminuer à 5,97 millions de barils par jour, ce qui est nettement moins que les 10 millions de barils par jour enregistrés en 2010. Par ailleurs, on prévoit que la production canadienne de pétrole brut augmentera à 3,9 millions de barils par jour en 2015, soit 11 % de plus qu’en 2013, et l’accroissement de la capacité de transport pourra accueillir cette hausse de la production de pétrole au Canada, malgré les retards dans la construction de l’oléoduc Keystone XL.

Reprise inégale des exportations canadiennes

Le redressement de l’économie canadienne est encourageant, mais il manque de profondeur. De nombreuses catégories d’exportations, dont les métaux et les minéraux, les produits chimiques, les produits du caoutchouc et les produits du plastique, n’ont montré aucun signe de reprise jusqu’ici. En l’absence d’indices plus convaincants d’une vigueur des exportations, les entreprises canadiennes hésitent encore à lancer d’importants programmes d’expansion des dépenses en immobilisations. De plus, contrairement aux États-Unis, le Canada ne jouit pas d’une importante demande reportée des consommateurs ni de possibilités de croissance du secteur de l’habitation qui pourraient rapprocher son taux d’expansion économique de celui des États-Unis.

Aucune pression sur les taux d’intérêt… pour l’instant

Les États-Unis ne sont pas près d’avoir un problème d’inflation des salaires, ni le Canada d’ailleurs. Aux États-Unis, les coûts de la rémunération par employé du secteur civil ont augmenté de 2,1 % au cours des 12 derniers mois, comparativement à une hausse de 1,9 %

un an plus tôt. Nous pouvons donc nous attendre à ce que Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, adopte une approche modérée en ce qui a trait aux hausses des taux d’intérêt. Les consommateurs, les entreprises et le système bancaire américain sont suffisamment solides pour faire face à des taux d’intérêt plus élevés, lorsque cela se produira. En effet, le taux d’épargne personnel dépasse actuellement 5 % et les sommes que les entreprises consacrent au service de leur dette se situent à un creux historique.

Cet article a été fourni par Conseillers en placements T.E. inc.

En bref

Croissance économique
Après avoir progressé respectivement de 0,3 % et 0,5 % en mai et juin, le PIB réel a fait du surplace en juillet.
Inflation
Au Canada, l’inflation a reculé à un taux annualisé de 2,1 % en juillet et est demeurée à ce niveau en août.
Taux d’intérêt
La Banque du Canada n’a pas changé son taux du financement à un jour; il est à 1 % depuis septembre 2010.
Dollar canadien
La hausse du dollar américain et la baisse du prix du pétrole ont nui au dollar canadien, qui a perdu 4,8 % de sa valeur au troisième trimestre.
Emploi
Le taux de chômage au Canada a glissé à 6,8 % à la fin de septembre, soit le taux le plus bas depuis décembre 2008.

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