Des défis pour les marchés émergents

Les marchés émergents et les pays en développement ont fortement progressé au cours des 10 dernières années, mais ils sont aujourd’hui confrontés à des défis de taille et ont grandement contribué au ralentissement de l’économie mondiale. Compte tenu de la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale américaine, l’afflux de capitaux qui a provoqué l’envolée des marchés émergents se tarit maintenant en anticipation du changement de cap de la politique monétaire aux États-Unis. Si la Fed commence à réduire son programme de rachats d’actifs en 2014, la hausse des taux d’intérêt qui s’en suivra aura une incidence négative sur les conditions financières et assombrira encore davantage les perspectives des marchés émergents.

Croissance économique mondiale inférieure à la moyenne

Le Fonds monétaire international a réduit sa prévision de croissance du PIB mondial réel pour 2013 à 2,9 %, ce qui pourrait même s’avérer optimiste. Une croissance économique mondiale inférieure à 3 % est loin d’être « normale ». De 1994 à 2000, l’économie mondiale a progressé à un rythme annuel moyen de 3,6 %, et de 2003 à 2007, elle a affiché un taux de croissance moyen de 4,8 % par année. Cette accélération s’expliquait entre autres par la croissance des économies émergentes, qui progressaient à un rythme annuel de 7,7 %. Des risques continuent de planer sur l’économie mondiale et les possibilités d’amélioration sont plutôt incertaines étant donné que la relance du secteur financier et l’assainissement budgétaire en Europe ne sont pas encore terminés, sans compter que l’économie chinoise ne cesse de ralentir. Dans un tel contexte, les perspectives pour les prix des produits de base à l’échelle mondiale demeurent sombres, ce qui pèsera lourdement sur le dollar canadien.

Le Canada souffre de la faiblesse de ses exportations

Selon le consensus, la conjoncture économique canadienne demeurera inférieure à celle qui prévalait lors des cycles de reprise précédents. Les exportations énergétiques et non énergétiques sont toujours faibles, le secteur manufacturier n’a pas encore retrouvé son élan et le gouvernement fédéral ainsi que plusieurs gouvernements provinciaux sont en mode austérité. De plus, les exportations canadiennes semblent moins liées à l’économie américaine que par le passé. Les entreprises continueront probablement d’être prudentes en matière de dépenses en immobilisations jusqu’à ce qu’elles constatent une amélioration sur le front des exportations. Bien qu’on estime que la croissance du PIB réel se soit accélérée cet été, cette amélioration est attribuable à des facteurs exceptionnels, dont la fin de la grève dans le secteur de la construction au Québec et les travaux de reconstruction à la suite des inondations du sud de l’Alberta. L’emploi progresse toujours au Canada, mais les gains réalisés sont plus discrets. L’essentiel de la croissance de l’emploi s’est fait chez les 55 ans et plus, et c’est au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta que le taux de chômage est le plus bas au pays.

L’inflation est toujours maîtrisée

Un climat de faible inflation règne au Canada depuis le début de 2011, et selon les dernières indications, l’inflation des prix à la consommation canadienne est bien en deçà de 2 %. Bon nombre d’entreprises ne peuvent donc pas refiler la hausse des coûts aux clients. Bien que les consommateurs soient très sensibles aux prix, ils ont démontré qu’ils n’hésiteraient pas à faire des achats importants si le prix est juste. Les ventes de véhicules automobiles ont été solides tout l’été et le marché immobilier résidentiel a mieux fait que prévu. Toutefois, si les taux hypothécaires augmentent de plus de 1 %, le marché immobilier résidentiel pourrait en souffrir, particulièrement à Toronto et à Vancouver. Le retrait du programme d’achat d’obligations de la Fed l’an prochain fera grimper les taux d’intérêt à long terme aux États-Unis, et puisque les taux d’intérêt à long terme canadiens suivent généralement de près ceux des États-Unis, les taux hypothécaires seront touchés.

L’économie américaine continue sur sa lancée

Les perspectives de l’économie américaine sont plus favorables que celles de l’économie canadienne. D’ici la fin de l’année, la paralysie du gouvernement américain et la crise de la dette américaine seront probablement oubliées et elles ne devraient pas avoir d’effets néfastes à long terme. La poursuite de la reprise du marché immobilier résidentiel américain, le redressement du patrimoine des ménages, un nouvel assouplissement des conditions de crédit des banques et l’augmentation des prêts aux ménages et aux entreprises constitueront des bases solides sur lesquelles l’économie américaine pourra progresser. L’actuel cycle de remplacement chez les consommateurs devrait s’étaler sur plusieurs années.

Cet article a été fourni par Conseillers en placements T.E. inc.

En bref

Croissance économique
En juillet 2013, le PIB mensuel a augmenté de 0,6 %, après avoir reculé de 0,5 % en juin.

Inflation
Au Canada, le taux d’inflation annualisé était de 1,1 % en août, contre 1,3 % en juillet.

Taux d’intérêt
La Banque du Canada n’a pas changé ses taux d’intérêt, mais les taux hypothécaires ont légèrement augmenté.

Dollar canadien
Au troisième trimestre de 2013, le dollar canadien s’est apprécié de 2,2 % face au dollar américain.

Emploi
L’emploi a progressé de 59 000 en août, principalement dans le travail à temps partiel, et le taux de chômage a diminué de 0,1 % pour s’établir à 7,1 %.

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