COVID-19 : Autres difficultés à l’horizon pour les petites entreprises

Vue à travers la lorgnette de la croissance de l’emploi, l’économie canadienne remonte la pente, lentement, depuis le confinement attribuable à la pandémie de COVID-19. La situation n’est toutefois pas aussi rose si l’on considère l’ampleur et la rapidité du déclin de l’économie.

En effet, d’autres difficultés restent encore à venir. Pour les petites entreprises, naviguer en eaux troubles exigera dévouement, innovation, financement et compétences.

Solide tendance haussière des emplois

Après une reprise initiale en mai, marquée par un gain de 290 000 emplois, le nombre d’emplois s’est accru de 953 000 en juin, ce qui représente une hausse mensuelle de 5,8 %, selon Statistique Canada. Ces solides hausses étaient réparties à peu près également entre le travail à temps plein (488 000) et le travail à temps partiel (465 000).

Malgré ces deux gains mensuels, le Canada compte en juillet 1,8 million d’emplois de moins qu’en février. Autrement dit, le nombre d’emplois augmente de manière générale, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire étant donné la dégringolade brutale survenue au début de l’année.

D’autres faits intéressants ressortent des données publiées par Statistique Canada le 10 juillet :

  • Le taux de chômage s’est établi à 12,3 % en juin, soit une baisse de 1,4 point de pourcentage par rapport au sommet inégalé de 13,7 % en mai.
  • Même s’il s’agit de la plus forte baisse mensuelle jamais enregistrée, le taux de chômage demeure beaucoup plus élevé qu’en février, au moment où il s’est établi à 5,6 %.
  • Le taux de chômage a diminué chez tous les principaux groupes démographiques en juin, mais il est demeuré légèrement plus élevé chez les femmes (12,7 %) que chez les hommes (12,1 %).
  • Environ 2,5 millions de Canadiens étaient au chômage en juin. Il s’agit d’une baisse de 167 000 (-6,4 %) par rapport à mai, mais d’un niveau plus de deux fois supérieur au niveau de février (1,1 million).
  • En juin, toutes les provinces ont créé des emplois, l’Ontario en ayant ajouté 377 000 et le Québec, 247 500. Ces données s’inscrivent dans la foulée de la reprise.

Enquête auprès des entreprises au sujet de la COVID-19

Une partie de cette vigueur se reflète dans les résultats de l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises, publiée le 14 juillet par Statistique Canada.

Prenons les attentes au chapitre de la croissance de l’emploi, par exemple. Dans son enquête, Statistique Canada a demandé aux entreprises quelles étaient leurs attentes à l’égard des emplois pour les trois prochains mois. Près des deux tiers (65,8 %) d’entre elles s’attendaient à ce que le nombre de leurs employés ne change pas, tandis que 15 % s’attendaient à une augmentation. Cela signifie que plus de 80 % des entreprises ne prévoient pas éliminer d’emplois au cours des trois prochains mois.

Les programmes de soutien gouvernementaux contribuent à maintenir ces niveaux d’emplois. Selon la même enquête de Statistique Canada, près des deux tiers (63,7 %) des entreprises ont déclaré que leurs demandes de financement auprès du gouvernement (ou de crédit auprès de fournisseurs externes) avaient été approuvées dans le contexte des difficultés créées par la pandémie de COVID-19. Les entreprises au Québec (72 %) et à l’Île-du-Prince-Édouard (67 %) étaient plus susceptibles d’avoir vu leurs demandes de financement ou de crédit approuvées.

Par ailleurs, les revenus des entreprises sont en baisse. Plus de la moitié des entreprises ont déclaré que leurs revenus d’avril 2020 avaient fléchi de 30 % par rapport à ceux d’avril 2019. De plus, 35 % ont indiqué que leurs revenus avaient diminué de plus de moitié.

Les affaires vont vraiment mal pour les petites entreprises

Les petites entreprises ressentent durement l’impact de la pandémie de COVID-19, selon un sondage réalisé par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante auprès de ses membres, dont les résultats ont été publiés le 15 juillet.

Voici quelques-unes des constatations :

  • Les trois quarts des petites entreprises ont dû contracter des dettes afin de pouvoir traverser la crise de la COVID-19.
  • La majorité des entreprises endettées (68 %) estiment qu’il leur faudra plus d’un an pour rembourser ces dettes.
  • Pour financer les pertes de revenus engendrées par la crise et faire face aux coûts additionnels que celle-ci représente, les PME ont eu recours à divers moyens : économies personnelles (37 %), carte de crédit (34 %), prêt bancaire (18 %), épargne-retraite (11 %), prêt hypothécaire (9 %) ou emprunt auprès d’amis et de membres de la famille (9 %).  

La contribution des petites entreprises à notre économie est énorme. En les aidant à recouvrer la santé financière, nous stimulons l’économie nationale pour le bien de tous. « Plus nous en faisons pour venir en aide aux entreprises locales, plus vite nous sortirons du marasme créé par la pandémie de COVID-19 », a déclaré Laura Jones, vice-présidente exécutive, à la FCEI, lors de la publication des résultats du sondage.

Ce que nous réserve l’avenir

Les incidences de la pandémie sur les entreprises sont vastes et profondes. « Des premiers signes positifs se dégagent de la réouverture, mais la récupération s’annonce inégale et longue », voilà comment s’est exprimé Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, le 15 juillet lorsqu’il a annoncé que les taux d’intérêt restaient inchangés.

Alors que nous traversons une période mouvementée, rappelons-nous que les Canadiens et notre économie font preuve de résilience durant la pandémie, en particulier si nous nous comparons à ce qui se passe dans d’autres pays. En nous attelant à la tâche, nous pourrons aller de l’avant ensemble.

Steven Bright, client de longue date de la société, a travaillé dans le secteur des services financiers et publié des articles sur celui-ci pendant plus de 25 ans. Vous pouvez le suivre sur LinkedIn.

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